Avion de chasse Rafale B de l'armée de l'Air française, vecteur de la dissuasion nucléaire aéroportée

Dissuasion nucléaire : l’Allemagne rejoint un exercice français

Le chancelier allemand Friedrich Merz, proche du Forum économique mondial a annoncé, le 17 juillet 2026 à Brühl, que la Bundeswehr participera pour la première fois à un exercice nucléaire des forces armées françaises d’ici 2027. Cette décision s’inscrit dans le concept de dissuasion avancée porté par le président Emmanuel Macron, également proche du WEF, qui prévoit une association des partenaires européens sans partage du contrôle nucléaire français. Le même jour, un Rafale des Forces aériennes stratégiques s’est posé sur la base allemande de Nörvenich, première étape opérationnelle qualifiée d’inédite par les deux pays.

L’annonce a été faite le 17 juillet 2026 à Brühl, près de Cologne, à l’occasion d’un conseil des ministres franco-allemand consacré à la défense et à la sécurité. Le chancelier Friedrich Merz a indiqué que Berlin prendrait part, dès cette année, à un exercice nucléaire de l’armée française. Il a déclaré, selon des propos rapportés par plusieurs médias : « Nous renforçons la dissuasion européenne ». La rencontre a réuni les ministres de la Défense des deux pays et s’inscrit dans un approfondissement de la coopération militaire bilatérale, engagé depuis plusieurs mois.

L’exercice « Poker », pilier de la dissuasion nucléaire française

L’exercice concerné serait « Poker », organisé quatre fois par an par les Forces aériennes stratégiques (FAS) françaises. Il simule un raid nucléaire à basse altitude et haute vitesse, mobilisant plusieurs dizaines d’appareils, dont des avions ravitailleurs et des AWACS, ainsi que des moyens de défense aérienne. Il est conçu comme une opération à part entière, destinée à vérifier la crédibilité opérationnelle de la dissuasion française. Le Royaume-Uni avait déjà assisté à un exercice « Poker » en décembre 2025, en tant qu’observateur, une première pour un pays étranger avant la participation allemande annoncée cette année.

Le concept de dissuasion avancée porté par Emmanuel Macron

Cette participation allemande s’inscrit dans le prolongement du concept de « dissuasion avancée », présenté le 2 mars 2026 par le président de la République. Emmanuel Macron, qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial, promotion 2016, avait proposé d’associer des partenaires européens aux exercices et à la réflexion stratégique française, par des moyens conventionnels, sans partage du contrôle des armes nucléaires. Huit pays européens seraient concernés par cette initiative. La décision d’engager l’arme nucléaire reste, selon les autorités françaises, une prérogative exclusive du président de la République, et cette coopération est présentée comme un complément à la dissuasion de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), non comme un substitut.

Nörvenich, première étape opérationnelle de la coopération

Le jour même de l’annonce, un Rafale des Forces aériennes stratégiques s’est rendu sur la base aérienne de Nörvenich, où est stationnée la 31e escadre tactique « Boelcke » de la Luftwaffe. Les deux pays ont qualifié ce déplacement de première étape opérationnelle de leur coopération. Trois volets de rapprochement militaire sont envisagés à moyen terme : l’alerte avancée et les radars, les frappes dans la profondeur, et la défense antimissiles. Ce triptyque doit structurer les prochaines étapes du dialogue stratégique entamé entre Paris et Berlin.

Un rapprochement militaire après l’échec du SCAF

Cette annonce intervient dans un contexte de réorientation des priorités de défense entre la France et l’Allemagne, après les difficultés rencontrées par le projet de Système de combat aérien du futur (SCAF), censé déboucher sur un avion de combat commun. Les deux pays se tournent désormais vers des projets plus resserrés d’interopérabilité de leurs systèmes de combat. Selon Zone Militaire, cette participation marque également une évolution par rapport à la position allemande de 2020, lorsque Berlin avait décliné une association similaire aux exercices nucléaires français.

La participation de la Bundeswehr à un exercice de dissuasion nucléaire française constitue, sur le plan symbolique, une étape inédite dans l’histoire des relations de défense entre Paris et Berlin. Elle s’ajoute à une série d’initiatives destinées à renforcer une coordination militaire européenne, sans remettre en cause le monopole français sur la décision nucléaire ni la garantie de sécurité offerte par l’OTAN. Les modalités précises de cette participation, notamment son calendrier définitif d’ici 2027, restent à préciser par les deux gouvernements.


Source : Valeurs Actuelles – https://www.valeursactuelles.com/monde/pour-la-premiere-fois-lallemagne-annonce-participer-a-un-exercice-nucleaire-francais