Des voiliers naviguant en mer Méditerranée

Disparition en Méditerranée : un plaisancier espagnol recherché

Les secours maritimes italiens recherchent Juan José Mutilba, un homme d’affaires espagnol de 66 ans tombé de son voilier mardi 18 août en mer Méditerranée, entre la Sicile et la Grèce. Son épouse, seule à bord, n’a pu donner l’alerte que trois jours plus tard, faute de réseau téléphonique. Les opérations de recherche se poursuivaient lundi 24 août, selon L’Indépendant.

Le couple avait quitté Syracuse, en Sicile, le lundi, en direction de Pylos, dans le sud du Péloponnèse. L’accident s’est produit le lendemain matin. Après avoir remonté un thon à bord, le navigateur a glissé sur le sang du poisson et est passé par-dessus bord. Ancien dirigeant de D’Ors Informática, puis de Mutobre S.L., société de distribution d’eau en bonbonnes retraité depuis 2021, il consacrait l’essentiel de son temps à la navigation avec son épouse.

Trois jours sans réseau

Restée seule sur le bateau, sa femme n’a pas su comment réagir, selon les déclarations de leur fils, Sergio Mutilba, à l’agence de presse espagnole Efe. Sans couverture téléphonique, elle n’a pas pu joindre les secours. Le voilier a dérivé, s’éloignant progressivement de la zone de la chute. Ce n’est que le vendredi qu’elle a capté un signal et prévenu un ami de la famille, spécialiste de la navigation.

Trois pays mobilisés, un voilier remorqué

Ce proche a alerté les secours maritimes espagnols, qui ont relayé l’information à leurs homologues italiens et grecs. Les autorités grecques ont localisé le bateau et l’ont remorqué jusqu’au port de Pylos, avec l’épouse à bord. La zone de recherche, elle, s’est considérablement élargie du fait du délai écoulé et de la dérive du navire.

Le facteur temps, décisif en mer

En mer ouverte, les chances de retrouver une personne tombée à l’eau diminuent très vite avec les heures. Les organismes de sauvetage insistent sur l’équipement des navires de plaisance en balises de détresse et en radio VHF, indépendantes des réseaux mobiles. Dans ce dossier, l’absence de signal téléphonique a coûté trois jours.

Ce que change un retard de trois jours

En sauvetage maritime, la zone de recherche s’élargit avec le temps écoulé et la dérive. Les centres de coordination calculent un périmètre à partir du dernier point connu, de la vitesse du courant, du vent et de la température de l’eau. Trois jours d’écart entre la chute et l’alerte multiplient cette zone dans des proportions considérables, d’autant que le voilier lui-même a continué de dériver, éloignant le point de départ du calcul. La coordination entre les centres italien, grec et espagnol répond à un cadre international : la Méditerranée est découpée en zones de responsabilité de recherche et de sauvetage, chaque État assurant la coordination dans la sienne et sollicitant ses voisins au-delà.

Un rappel sur l’équipement de bord

Les organismes de sécurité maritime recommandent de longue date que tout navire de plaisance hauturier embarque des moyens d’alerte indépendants des réseaux téléphoniques terrestres, notamment une radio VHF avec appel sélectif numérique et une balise de détresse capable de transmettre une position par satellite. Une balise individuelle portée par l’équipier de quart permet, en cas de chute, de transmettre immédiatement une position. Dans ce dossier, c’est précisément l’absence de couverture mobile qui a empêché toute alerte pendant soixante-douze heures. La navigation de plaisance au long cours s’est fortement développée en Méditerranée ces dernières années, avec des équipages souvent réduits à deux personnes, configuration dans laquelle la chute d’un équipier laisse l’autre seul face à la manœuvre, à la navigation et à l’alerte.


Source : L’Indépendant – https://www.lindependant.fr/2026/08/24/disparition-en-mediterranee-un-homme-daffaires-tombe-de-son-voilier-il-a-glisse-sur-le-sang-dun-poisson-quil-venait-de-pecher-13520980.php