La démission de Dan Driscoll, secrétaire à l’armée de terre des États-Unis, a été révélée lundi 31 août par le Wall Street Journal. Ce proche du vice-président J. D. Vance, chargé de négocier une sortie de guerre en Ukraine, part après dix-huit mois de mandat et plusieurs mois de tensions avec le secrétaire à la défense, Pete Hegseth. Aucun motif officiel n’a été communiqué.
Dix-huit mois. C’est la durée du passage de Dan Driscoll à la tête de l’armée de terre américaine. L’information de sa démission a d’abord été révélée par le Wall Street Journal, puis reprise par plusieurs médias américains. Interrogée lundi 31 août par l’Agence France-Presse, la Maison Blanche n’a pas démenti.
Elle a même salué le partant. « Le secrétaire Driscoll s’est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump, apportant un leadership remarquable lors d’opérations militaires historiques », indique son communiqué, qui ajoute que « l’armée américaine est plus forte que jamais » grâce à son travail « aux côtés du commandant en chef et du ministre de la défense ». Aucune raison n’est donnée pour expliquer le départ. Les tensions avec Pete Hegseth, elles, ont été largement rapportées par la presse américaine.
Le quatrième départ en cinq mois
Ce départ n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de remaniements au sommet de la hiérarchie militaire américaine. Début avril, Pete Hegseth a brusquement destitué le plus haut gradé de l’armée de terre, le général Randy George, allié de Dan Driscoll, qui avait déploré son départ. Fin avril, le Pentagone a annoncé sans préavis que le secrétaire à la marine, John Phelan, quittait son poste. En juin, le commandant de l’armée en Europe et en Afrique, le général Christopher Donahue, a démissionné de manière inattendue.
Le général Christopher LaNeve, dont l’ascension est rapide sous le mandat de Pete Hegseth, a succédé à Randy George comme chef d’état-major par intérim de l’armée de terre. Sous son commandement, l’armée américaine a abandonné un programme de modernisation des drones que Dan Driscoll avait pourtant salué.
De la faculté de droit de Yale au front ukrainien
Le parcours de Dan Driscoll explique en partie sa place dans l’appareil. Vétéran de la guerre d’Irak, où il a été déployé d’octobre 2009 à juillet 2010, il a fait carrière dans la finance avant de rejoindre l’administration Trump. Il a rencontré J. D. Vance à la faculté de droit de Yale, membre du Forum économique mondial et a été son conseiller. Nommé par Donald Trump en décembre 2024, il a été confirmé par le Sénat en février 2025 par 66 voix contre 28. En 2020, il s’était présenté sans succès à la primaire républicaine pour un siège au Congrès en Caroline du Nord.
C’est en tant que secrétaire à l’armée de terre qu’il a été choisi pour un rôle qui n’a rien d’administratif : négocier la fin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Une mission de diplomate confiée à un responsable de la logistique et des effectifs.
Les drones, ligne de fracture
Dan Driscoll a également joué un rôle dans la simplification des procédures administratives imposées aux industriels de l’armement, afin de leur permettre de développer plus vite des drones et des systèmes antidrones, à mesure que les conflits en cours redéfinissent les besoins des armées.
C’est précisément sur ce terrain que la rupture est la plus lisible. Le programme de modernisation des drones qu’il défendait a été abandonné sous la nouvelle direction de l’état-major. Le départ d’un secrétaire ne dit jamais tout d’un désaccord ; l’abandon d’un programme, souvent, en dit davantage.
La démission de Dan Driscoll laisse la Maison Blanche face à une équation simple : le négociateur américain du dossier ukrainien s’en va sans successeur annoncé. En cinq mois, l’armée de terre a perdu son chef d’état-major, la marine son secrétaire, et l’Europe son commandant. Il reste à savoir qui, désormais, répond au téléphone quand Kiev appelle.