La Chine a mis en service au large de Shanghai le premier data center sous-marin directement raccorde a un parc eolien en mer. Le pays reprend ainsi une idee exploree puis abandonnee par Microsoft avec son projet Natick. L’enjeu : refroidir des serveurs gourmands en energie sans puiser dans l’eau douce.
Selon le gouvernement chinois, cité par Clubic le 10 juin 2026, l’installation repose a une dizaine de metres de profondeur, a environ dix kilometres des cotes de la zone franche de Lingang, au sud-est de Shanghai. Elle est l’oeuvre de HiCloud, filiale du groupe Highlander, un equipementier maritime cote a Shenzhen. Le chantier a été mene rapidement : accord signe en juin 2025, construction achevée en octobre, essais en fevrier, puis exploitation commerciale fin mai 2026, pour un cout d’environ 1,6 milliard de yuans, soit pres de 200 millions d’euros. Le site abrite environ 2 000 serveurs pour une capacite visee de 24 megawatts, l’operateur China Telecom y ayant deja installe des grappes de processeurs graphiques.
Un refroidissement par l’eau de mer
L’interet de l’immersion tient au refroidissement. Un fluide capte la chaleur des serveurs, s’evapore, remonte vers un echangeur en contact avec l’eau de mer, se condense puis redescend, formant une boucle sans pompe. HiCloud revendique un indicateur d’efficacite energetique (PUE) d’environ 1,15, ce qui signifie que la quasi-totalite de l’electricite alimente le calcul plutot que la climatisation. Ces chiffres, fournis par l’exploitant et relayes par des medias d’Etat, restent toutefois invarifiables de maniere independante. La nouveauté de Shanghai reside surtout dans le raccordement direct a plus de cinquante eoliennes en mer, avec une ambition affichee de 500 megawatts.
L’IA, une industrie gourmande en energie et en eau
Cette course au refroidissement intervient alors que l’intelligence artificielle pese de plus en plus lourd. Selon un rapport de l’universite des Nations unies date du 3 juin 2026, les data centers de la planete ont consomme 448 terawattheures d’electricite en 2025, ce qui en ferait le onzieme consommateur mondial, juste derriere la France. La projection pour 2030 double ce volume, a 945 terawattheures, avec une empreinte en eau qui passerait de 4 500 a 9 300 milliards de litres par an. A titre de comparaison, Microsoft, entreprise membre du Forum economique mondial, avait immerge 855 serveurs au large de l’Ecosse entre 2018 et 2020, avec huit fois moins de pannes qu’a terre, avant d’enterrer le programme en 2024.
Le pari chinois reste mesure au regard des campus terrestres de plusieurs gigawatts que batissent les geants du cloud. Mais en branchant un data center sous-marin sur l’eolien en mer, Shanghai demontre qu’une partie de la reponse au cout energetique de l’IA pourrait se trouver au fond de l’eau.
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