Tesla Cybertruck garé en extérieur, dont la production est bloquée par un fournisseur

Cybertruck : Une demande de rançon sur la chaîne d’approvisionnement

Un sous-traitant texan retient les machines qui fabriquent les pièces du Cybertruck et réclame 250 000 dollars par semaine à Tesla pour les restituer. Le constructeur a saisi la justice en référé le 23 juillet, évoquant une extorsion commerciale. Ses stocks de pièces ne tiendront que quelques jours.

Le 21 juillet 2026, une équipe de Tesla se présente devant l’usine de Troy, au Texas, flanquée d’agents du shérif local. Elle vient récupérer des machines qui appartiennent juridiquement au constructeur : outils de fonderie sous pression, matrices d’ébavurage, dispositifs de fixation, outils de coupe, jauges, équipement de contrôle à rayons X. La porte reste fermée.

Selon la plainte déposée par Tesla, le sous-traitant Angstrom Automotive Group exige alors 250 000 dollars par semaine pour maintenir le site ouvert ou libérer le matériel. Les avocats du constructeur parlent d’extorsion commerciale. Le 23 juillet, Tesla porte l’affaire devant un tribunal en référé d’urgence, rapporte le site spécialisé Teslarati.

Un pick-up qui collectionne déjà les ennuis

Le Cybertruck traîne son lot de péripéties depuis l’origine. La démonstration de 2019, où les vitres censées être incassables avaient volé en éclats devant les caméras, avait ouvert le bal. Suivent des retards d’industrialisation à répétition, puis plusieurs rappels successifs une fois le véhicule enfin commercialisé. Les ventes, elles, ne décollent pas au rythme promis par Tesla à l’annonce du modèle.

Ce nouvel épisode judiciaire s’ajoute donc à une liste déjà longue. Mais cette fois, ce n’est pas la conception du véhicule qui est en cause : c’est la chaîne d’approvisionnement elle-même qui se grippe, avec un fournisseur au bord du dépôt de bilan.

Des outils qui appartiennent à Tesla, mais restent au Texas

L’affaire commence le 13 juillet, lorsque Angstrom Automotive prévient Tesla de la fermeture définitive de l’usine de Troy. Ce fournisseur de pièces du Cybertruck n’appartenait pas à Angstrom à l’origine : le groupe dirigé par Nagesh K. Palakurthi, un ancien de Ford , constructeur automobile membre du Forum économique mondial, l’a racheté il y a un peu plus d’un an. Au moment de discuter des modalités de restitution du matériel, les négociations tournent court.

D’après les documents judiciaires, Angstrom n’aurait par ailleurs pas livré 700 pièces finies qui devaient quitter l’entrepôt le 17 juillet pour alimenter les chaînes de production de la Gigafactory texane. Le sous-traitant est au bord de la faillite, selon les mêmes documents.

Le juste-à-temps, jusqu’à ce qu’il ne le soit plus

Dans l’automobile, les stocks fonctionnent en flux tendu. L’absence d’une seule pièce peut arrêter toute une chaîne d’assemblage. Au moment de déposer sa plainte, Tesla a précisé au juge que ses réserves s’épuiseraient en quelques jours.

Reconstruire l’outillage prendrait entre cinq et six mois, tant les pièces du Cybertruck répondent à des spécifications propres à Tesla. Impossible, donc, de basculer vers un autre fournisseur au pied levé. Le constructeur a demandé au juge de trancher rapidement, tandis que des milliers de véhicules déjà attribués à des acheteurs risquent de voir leur livraison reportée sine die.

Un fournisseur à l’os, un client à l’étroit

Tesla a livré 7 263 Cybertruck au premier semestre 2026, en baisse de 32 % par rapport à 2025, selon les données de Cox Automotive. La chute ralentit un peu au deuxième trimestre, à 13 %, portée par une version à moins de 60 000 dollars commercialisée quelques jours seulement en février.

Un fournisseur dimensionné pour plusieurs centaines de milliers de véhicules par an tient difficilement avec les volumes actuels du pick-up. Angstrom joue sur l’urgence de Tesla pour obtenir un paiement supplémentaire.

Le juge tranchera dans les prochains jours. Tesla espère récupérer ses machines avant que la Gigafactory ne s’arrête tout à fait. Le camion du futur, lui, patiente au garage.


Source : Numerama — https://www.numerama.com/vroom/2302963-un-fournisseur-reclame-250-000-par-semaine-a-tesla-pour-debloquer-la-production-du-cybertruck.html