CRS en carton brûlé à Strasbourg : le préfet saisit la justice

Un CRS en carton brûlé en pleine manifestation : la scène, filmée jeudi 5 novembre à Strasbourg, a fait réagir jusqu’au ministère de l’Intérieur. À la demande de Laurent Nuñez, le préfet du Bas-Rhin saisit la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Les syndicats de police dénoncent une incitation à la haine.

Le mannequin était grand, en carton, et portait sur le torse l’inscription « CRS SS ». Jeudi, dans les rues de Strasbourg, des manifestants l’ont livré aux flammes en scandant « ACAB », acronyme anglais hostile aux policiers. La vidéo a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, rapporte Yahoo Actualités.

Le slogan n’est pas neuf. Il date de Mai 68. Le feu, lui, est plus récent, et la préfecture ne l’a pas goûté.

Un signalement au procureur

À la demande du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le préfet du Bas-Rhin va adresser un signalement au parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Ce texte impose à toute autorité ou tout fonctionnaire qui a connaissance d’un crime ou d’un délit d’en aviser sans délai le procureur de la République. C’est au parquet qu’il reviendra de décider d’éventuelles poursuites.

Le syndicat Alliance Police nationale a dénoncé une ignominie et une mise en scène de la haine et de la violence. Stéphane Bourhis, responsable local des Républicains dans le Bas-Rhin, a parlé d’un appel symbolique à la violence et d’une ligne rouge franchie.

Une journée de grève sous haute surveillance

La scène s’est déroulée en marge de la journée nationale de grève et de manifestations contre la vie chère. À Strasbourg, le rassemblement principal était fixé à 14 heures place de la République. Syndicalistes, étudiants et lycéens y ont défilé, entre 10 000 et 26 000 personnes selon les sources.

Le contexte n’a rien d’anodin. Pour cette journée, Laurent Nuñez avait mobilisé près de 70 000 policiers et gendarmes dans tout le pays, avait indiqué LCP, après plusieurs semaines de mobilisation marquées par des heurts avec les forces de l’ordre, notamment le 17 octobre.

Un bilan national lourd

À l’échelle du pays, la journée s’est soldée par 448 interpellations, selon le ministère de l’Intérieur cité par franceinfo, pour 575 000 manifestants comptés par Beauvau. Le ministère a aussitôt fait savoir qu’il entendait maintenir une réponse ferme face aux débordements. À Lyon, le même jour, la préfecture du Rhône a recensé 40 blessés et 24 interpellations en marge du cortège.

Dans son télégramme aux préfets, Laurent Nuñez avait demandé des contrôles en amont des rassemblements pour écarter les profils jugés à risque. L’effigie de Strasbourg, elle, est passée entre les mailles.

Le carton a brûlé en quelques minutes. La procédure, elle, prendra plus de temps.


Sources : Yahoo Actualités, Europe 1, LCP. Sujet repéré dans Le Parisien.