Crocodile du Nil se prélassant au soleil

Crocodiles en prison : Israël franchit une étape réglementaire

Le gouvernement israélien a franchi une étape supplémentaire dans son projet de recourir à des crocodiles pour dissuader les évasions de prison. La ministre de la Protection de l’environnement, Idit Silman, a reclassifié le crocodile du Nil en « faune d’élevage captif » le 17 juillet 2026, ouvrant la voie à son utilisation par les services de sécurité autour de certains établissements pénitentiaires, notamment la prison de Ketziot, dans le sud du pays. Cette mesure, portée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, vise en priorité les détenus du Hamas capturés après l’attaque du 7 octobre 2023.

Jusqu’à présent, la réglementation israélienne sur la protection de la faune sauvage limitait la détention de crocodiles du Nil à des fins éducatives ou scientifiques, dans des établissements agréés comme les zoos. En reclassant l’espèce comme « faune d’élevage captif », la ministre de la Protection de l’environnement Idit Silman, du Likoud, permet désormais aux services de sécurité de détenir ces reptiles en dehors de ce cadre, sous réserve de conditions fixées par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs. Selon le Times of Israel, la conseillère juridique du ministère de l’Environnement avait pourtant averti Mme Silman qu’elle ne disposait pas seule de l’autorité nécessaire pour modifier ce statut réglementaire.

Un projet porté par Itamar Ben Gvir depuis fin 2024

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, chef du parti Otzma Yehudit, avait formulé cette proposition fin 2024, dans le contexte de la détention d’un grand nombre de membres du Hamas capturés après l’attaque du 7 octobre 2023. Sur les réseaux sociaux, il a accompagné l’annonce d’une image générée par intelligence artificielle le représentant aux côtés d’un crocodile, assortie d’un avertissement adressé aux détenus : « Tu songes à tenter de t’évader ? Réfléchis-y à deux fois. » Le ministre s’était rendu en janvier 2026 à la ferme aux crocodiles de Hamat Gader, dans le nord d’Israël, pour étudier la faisabilité du projet. La prison de Ketziot, située dans le désert du Néguev, dans le sud du pays, est le site pressenti pour l’installation de ces animaux en périphérie de l’enceinte carcérale.

Une opposition affirmée de l’Autorité de la nature et des parcs

L’Autorité israélienne de la nature et des parcs s’oppose depuis plusieurs mois à ce projet. Ses responsables font valoir, selon des propos rapportés par le Times of Israel, qu’il revient aux autorités de protéger les crocodiles et non l’inverse. L’organisme doit tenir une réunion pour contester la décision de la ministre Silman, dont la portée juridique reste discutée au sein même du gouvernement. Ce désaccord entre deux administrations israéliennes, l’une chargée de la protection de la faune, l’autre de la sécurité pénitentiaire, illustre la tension entre logique environnementale et logique carcérale qui traverse ce dossier depuis son origine.

Une référence assumée à un dispositif américain

Itamar Ben Gvir a explicitement présenté son projet comme une déclinaison du centre de rétention pour migrants surnommé « Alligator Alcatraz », ouvert en Floride en juillet 2025 dans une zone marécageuse des Everglades, avant sa fermeture. Cet établissement, mis en place par l’administration américaine, avait suscité une forte controverse sur les conditions de détention des migrants qui y étaient retenus.

La décision de la ministre Idit Silman ouvre la voie, sur le plan réglementaire, à l’installation de crocodiles autour de prisons israéliennes, mais son application concrète dépendra de l’issue du différend avec l’Autorité de la nature et des parcs. Ce projet de crocodiles en prison illustre la ligne sécuritaire portée par Itamar Ben Gvir depuis son entrée au gouvernement.


Source : TF1 Info – https://www.tf1info.fr/international/de-crocodiles-pour-decourager-les-evasions-de-prison-israel-ouvre-la-voie-a-l-utilisation-de-ces-reptiles-2453804.html