Présent ce matin au salon Zero to One à Lyon, Raphaël Hébert, directeur général du Crédit Mutuel Sud-Est, a détaillé la stratégie d’innovation du groupe bancaire mutualiste face aux mutations technologiques et économiques. Entre intelligence artificielle, soutien aux start-up et ancrage territorial, le dirigeant revendique une vision où finance, proximité et innovation avancent de concert.
À l’heure où les banques traditionnelles cherchent leur place dans l’économie numérique, le Crédit Mutuel Sud-Est entend afficher une trajectoire singulière. Invité ce matin sur la scène du salon Zero to One à Lyon, Raphaël Hébert, directeur général de l’établissement bancaire régional, a multiplié les messages en faveur d’un modèle mutualiste capable d’accompagner les transformations technologiques sans renoncer à la proximité humaine.
Face à un public composé d’entrepreneurs, de start-up et d’acteurs de l’innovation, le dirigeant a d’abord rappelé ce qui constitue selon lui l’ADN du Crédit Mutuel : une banque détenue par ses sociétaires et historiquement tournée vers le financement de l’économie réelle. « Une banque du troisième type », a-t-il résumé, à la fois « mutualiste », « humaine » et résolument engagée dans les nouvelles technologies.
Dans un contexte où l’intelligence artificielle bouleverse progressivement tous les secteurs économiques, Raphaël Hébert a insisté sur la nécessité pour les banques d’accompagner le changement plutôt que de le subir. Pour le Crédit Mutuel Sud-Est, l’enjeu consiste désormais à concilier croissance économique et qualité de la relation client, sans opposer innovation technologique et présence humaine.
Cette stratégie passe notamment par la création du « dividende sociétal », lancé il y a trois ans par le groupe mutualiste. Le principe : reverser 15 % du résultat net à des projets considérés comme structurants pour la société. D’ici 2026, 633 millions d’euros devraient ainsi être investis dans des initiatives liées à l’environnement, à la mobilité, au logement ou encore à l’alimentation.
Raphaël Hébert estime que les start-up occupent une place centrale dans cette dynamique, en raison de leur capacité à remettre en question les modèles existants et à accélérer les transformations. Un discours qui s’inscrit dans la philosophie même du salon Zero to One, consacré à l’innovation et à l’émergence de nouveaux modèles économiques.
Au fil de son intervention, le directeur général du Crédit Mutuel Sud-Est a également longuement insisté sur les atouts du territoire lyonnais. Selon lui, la région conjugue un héritage industriel puissant et une capacité rare à se réinventer. Une combinaison qui ferait aujourd’hui de Lyon l’un des pôles les plus attractifs pour les entreprises innovantes en Europe.
L’écosystème entrepreneurial lyonnais a été salué à plusieurs reprises. Raphaël Hébert a notamment évoqué le rôle de la French Tech, des incubateurs académiques et de structures comme H7 dans l’accompagnement des entrepreneurs. Pour le banquier, cette densité de réseaux favorise l’émergence de projets innovants capables de grandir rapidement.
Le financement apparaît comme un autre pilier essentiel de cette attractivité. Business angels, fonds d’investissement, acteurs bancaires et structures de capital-investissement composent selon lui un maillage particulièrement efficace dans le quart sud-est de la France. Une proximité entre financeurs et entrepreneurs que le Crédit Mutuel considère comme décisive pour accélérer le développement des jeunes entreprises.
Le groupe bancaire revendique d’ailleurs un engagement ancien dans l’écosystème technologique lyonnais. Partenaire historique de H7 et du salon Zero to One, le Crédit Mutuel Sud-Est a également créé il y a cinq ans un concours dédié aux start-up innovantes. Un dispositif qui connaît une montée en puissance rapide, avec plus de 250 candidatures enregistrées l’an dernier.
Mais l’établissement bancaire veut désormais aller plus loin. Depuis quinze mois, le Crédit Mutuel Sud-Est affirme avoir engagé une phase d’« accélération » de sa stratégie innovation. Celle-ci passe notamment par le renforcement des partenariats avec des acteurs académiques et scientifiques comme l’INSA, l’IRIIG ou encore l’EM Lyon.
En parallèle, la banque mène un vaste programme d’acculturation interne destiné à ses directeurs d’agence et responsables d’entreprise. L’objectif affiché : mieux comprendre les codes des start-up et accompagner plus efficacement les créateurs d’innovation. Raphaël Hébert a même invité ses cadres à adopter une posture de « start-uppers », capables de remettre en question leurs pratiques et leurs modèles.
L’intelligence artificielle figure évidemment parmi les priorités stratégiques du groupe. Le Crédit Mutuel Sud-Est affirme investir massivement dans ces technologies, mais aussi dans les sujets liés au quantique, considérés comme des enjeux majeurs pour la compétitivité future.
Pour accompagner les entreprises innovantes, la banque s’appuie sur plusieurs structures spécialisées, parmi lesquelles Crédit Mutuel Innovation, Crédit Mutuel Impact ou encore Crédit Mutuel Equity. Des outils destinés à financer les différentes étapes de croissance des start-up, depuis leur création jusqu’au passage à l’échelle.
En clôture de son intervention, Raphaël Hébert a lancé un appel direct aux entrepreneurs présents dans la salle : « Venez nous rencontrer ». Une invitation qui résume l’ambition du Crédit Mutuel Sud-Est : devenir un partenaire durable des acteurs de l’innovation sur le territoire lyonnais et dans l’ensemble du quart sud-est français.