David Morens, ancien conseiller de haut rang de l’agence américaine des maladies infectieuses (NIAID) , a plaidé coupable dans une affaire de dissimulation de documents fédéraux concernant des recherches sur les coronavirus. Au cœur du dossier figurent des échanges destinés à soutenir EcoHealth Alliance et à contrer la thèse d’une fuite de laboratoire à Wuhan.
Le dossier judiciaire américain vient ajouter une pièce particulièrement embarrassante à l’histoire déjà tumultueuse des recherches sur les coronavirus menées avant et pendant la pandémie. Le 18 août 2026, David Morens, 78 ans, ancien conseiller principal du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) dépendant du National Institutes of Health (NIH) membre du Forum économique mondial a plaidé coupable devant la justice fédérale du Maryland de conspiration visant à commettre des infractions et à frauder les États-Unis.
Morens a travaillé de 2006 à 2022 au sein du bureau de la direction du NIAID, alors dirigé par Anthony S. Fauci, ancien conseiller scuientifique des contributeurs de l’agenda 2030, Joe Biden et Donald J. Trump, actuellement dans la tourmente. Selon le ministère américain de la Justice, Morens a participé pendant la pandémie à un dispositif visant à soustraire certaines communications officielles aux obligations imposées par le Freedom of Information Act (FOIA), qui organise l’accès du public aux documents administratifs fédéraux, ainsi qu’au Federal Records Act.
L’ancien responsable encourt jusqu’à cinq ans de prison. Reuters indique que sa condamnation doit être prononcée le 12 novembre 2026. Anthony Fauci, pour sa part, n’est pas accusé d’avoir commis une infraction dans cette procédure, même s’il a déjà fort à faire après la publication de son journal tenu pendant la crise sanitaire.
Des communications volontairement soustraites au regard du public
Le cœur de l’affaire tient à la manière dont Morens et ses interlocuteurs communiquaient. Le ministère américain de la Justice affirme que l’ancien conseiller, ainsi que deux co-conspirateurs, avaient convenu par écrit de cacher certains de leurs échanges en utilisant notamment l’adresse Gmail personnelle de Morens plutôt que son compte professionnel du NIH.
La raison avancée par l’accusation est explicite : les protagonistes anticipaient que leurs communications pourraient faire l’objet de demandes fondées sur le FOIA. Selon le dossier, cette messagerie personnelle a servi à échanger des informations non publiques du NIH, à discuter des démarches destinées à influencer l’institution, à modifier des projets de lettres adressées à sa direction et à transmettre par des canaux informels des informations à un haut responsable du NIAID.
Ces échanges étaient liés à une subvention intitulée Understanding the Risk of Bat Coronavirus Emergence, attribuée par le NIAID à Eco Health Alliance, ONG dirigée par Peter Daszak qui avait ensuite accordé une partie de ce financement à l’Institut de virologie de Wuhan, en Chine. La subvention avait été interrompue dans le contexte des accusations et controverses entourant une éventuelle origine en laboratoire du Covid-19.
Après cette interruption, Morens et ses interlocuteurs ont cherché, selon les faits reconnus dans le cadre du plaidoyer, à soutenir le bénéficiaire de la subvention afin que le financement soit rétabli et à contrer le récit selon lequel le Covid-19 aurait pu s’échapper d’un laboratoire. Autrement dit, l’existence d’une stratégie de communication menée en coulisses n’est plus seulement une accusation politique : le plaidoyer de Morens reconnaît sa participation à une conspiration destinée à dissimuler des communications fédérales.
Cela ne signifie toutefois pas que les protagonistes savaient que le virus provenait d’un laboratoire, ni qu’ils cherchaient à dissimuler une telle preuve. La distinction est fondamentale.
Peter Daszak au centre des échanges
L’un des personnages centraux du dossier est Peter Daszak, alors président d’EcoHealth Alliance qui fera partir de l’équipe de l’
Organisation mondiale de la Santé (OMS) envoyée en Chine pour enquêter sur les origines de la pandémie et l’orientera sur la piste zoonotique.
Dans les documents judiciaires, le principal interlocuteur extérieur de Morens est désigné comme « Co-Conspirator 1 ». Les éléments issus des investigations parlementaires américaines et les informations publiées autour de l’affaire ont permis de rapprocher cette désignation de Daszak.
Ce que le ministère de la Justice établit dans son communiqué du 18 août est plus précis : Morens et ses interlocuteurs ont utilisé des communications dissimulées afin d’aider le bénéficiaire de la subvention et de combattre la thèse d’une fuite de laboratoire. Dans un article publié le 20 août mais qui n’est plus disponible en ligne actuellement le Telegraph évoquait que échanges de courriels « entre un haut responsable de la santé américain et le scientifique britannique Peter Daszak, faisant état de plans visant à œuvrer en coulisses pour contrer la théorie selon laquelle le Covid se serait échappé d’un laboratoire de Wuhan ».
Du vin pour des « manœuvres en coulisses »
Un autre volet du dossier donne à l’affaire une dimension particulièrement délicate. Morens a également admis sa participation à une entente concernant des gratifications illégales.
Selon le ministère américain de la Justice, Peter Daszak lui avait offert du vin pour le remercier de ses « manœuvres en coulisses », selon l’expression reproduite par les autorités américaines. Les bouteilles avaient été livrées au domicile de Morens, dans le Maryland.
Plus troublant encore, Morens aurait ensuite identifié une action officielle qu’il pouvait accomplir afin de « mériter » le cadeau : rédiger un commentaire scientifique destiné à une importante revue médicale et défendant une origine naturelle du Covid-19.
Le dossier évoque également la possibilité d’autres avantages, notamment des repas dans des restaurants étoilés Michelin à Paris, New York et Washington. Le communiqué judiciaire ne dit cependant pas que ces repas ont effectivement été offerts ou consommés.
Cette séquence nourrit inévitablement les interrogations sur les conflits d’intérêts entourant la bataille scientifique et médiatique sur les origines du SARS-CoV-2. Mais là encore, elle ne doit pas être transformée en preuve de ce qu’elle n’établit pas : démontrer qu’un responsable a dissimulé des communications et accepté un avantage dans ce contexte n’établit pas, par ricochet, l’origine du virus.
Anthony Fauci n’est pas poursuivi
L’affaire est particulièrement sensible aux États-Unis en raison de la proximité professionnelle de Morens avec Anthony Fauci, figure centrale de la réponse américaine à la pandémie.
Morens a été conseiller principal au bureau de la direction du NIAID pendant une grande partie de la période durant laquelle Fauci dirigeait l’institut. Les investigations parlementaires avaient déjà exposé publiquement certaines pratiques de Morens en matière de courrier électronique et de conservation des documents.
Pour autant, les poursuites annoncées contre Morens ne mettent pas en accusation Anthony Fauci. Reuters souligne que l’ancien directeur du NIAID n’est pas accusé d’actes répréhensibles dans cette affaire et qu’il avait pris ses distances avec les pratiques de Morens lors de son témoignage devant le Congrès.
Une affaire de transparence scientifique autant que judiciaire
Le plaidoyer de David Morens déplace ainsi une partie du débat. La question n’est plus uniquement de savoir quelles hypothèses scientifiques étaient défendues en 2020, mais aussi comment certains responsables ont géré leurs communications au moment où ces hypothèses devenaient politiquement explosives.
Les faits admis révèlent qu’un haut responsable scientifique fédéral a participé à une stratégie destinée à maintenir certaines communications hors des systèmes gouvernementaux alors qu’elles relevaient, selon les autorités américaines, des obligations de conservation des archives fédérales. Ils montrent également l’existence de démarches discrètes autour d’un financement controversé et d’avantages accordés dans ce contexte.
Le dossier constitue donc un développement majeur dans l’examen de la gestion institutionnelle des premières controverses sur les origines du Covid-19. Il fragilise l’image de transparence qui devrait entourer la recherche financée par des fonds publics et éclaire d’un jour cru les rapports entre administration, chercheurs et bénéficiaires de subventions.
trouve moi des articles qui parlent de cet article du Telegraph qui révele que : « Des documents judiciaires révèlent des échanges de courriels entre un haut responsable de la santé américain et le scientifique britannique Peter Daszak, faisant état de plans visant à œuvrer en coulisses pour contrer la théorie selon laquelle le Covid se serait échappé d’un laboratoire de Wuhan ! » « Daszak a également envoyé du vin à ce responsable, le remerciant pour ses manœuvres en coulisses et lui promettant d’autres cadeaux ! »3 étapes terminées
J’ai retrouvé l’article du Telegraph et plusieurs articles qui reprennent ou contextualisent ses révélations. Le point central est confirmé par le communiqué du ministère américain de la Justice : David Morens, ancien haut responsable du NIAID et conseiller d’Anthony Fauci, a plaidé coupable pour une conspiration visant à contourner les demandes FOIA et à dissimuler des documents fédéraux liés aux recherches sur les coronavirus.
Article original du Telegraph
Articles qui reprennent l’affaire
- Former Fauci adviser pleads guilty to hiding COVID-19 communications — Science, 19 août 2026
- David Morens, former NIAID adviser, pleads guilty in COVID-19 records case — CBS News, 18 août 2026
- Fauci adviser pleads guilty to charges connected to the concealment of COVID-19-related records — New York Post, 18 août 2026
- Fauci adviser David Morens pleads guilty to avoiding records requests — STAT, 18 août 2026
- U.S. Department of Justice indicts former Fauci adviser for hiding e-mails — The Globe and Mail
- Fauci ally admits hiding COVID-origin records tied to Wuhan lab — Daily Mail, 19 août 2026