Aleksander Čeferin, président de l UEFA, lors d un événement UEFA

Coupe du monde : l’UEFA ne lâche pas le morceau

L’UEFA a réitéré, jeudi, sa menace de boycott de la Coupe du monde, malgré les excuses publiques présentées la veille par la FIFA. Selon un communiqué envoyé aux médias anglais et rapporté par L’Équipe, l’instance européenne estime que ces excuses adressées à Gianni Infantino, président de la FIFA, « ne changent rien » à sa position. Deux conditions doivent encore être remplies avant toute levée de la menace.

La chronologie ne laisse guère de place au doute. Mercredi soir, la FIFA a publié un communiqué de soutien à son président, affirmant que les membres du Conseil de direction présents avaient exprimé un plein soutien à Gianni Infantino. Le lendemain, jeudi, l’UEFA a répondu par un nouveau communiqué transmis aux médias anglais, indique L’Équipe. Aucun compromis ne semble se dessiner entre les deux instances. Pour l’organisation continentale, qui menace depuis plusieurs jours de boycotter les compétitions organisées par la FIFA, dont la Coupe du monde, les excuses de mercredi n’ont rien réglé.

Deux conditions, pas une de plus

L’UEFA a détaillé les conditions nécessaires à la levée de sa menace. La première consiste dans le retrait des projets de vente de parts des compétitions majeures de la FIFA, dont celui visant la Coupe du monde, déjà abandonné et à l’origine de la crise actuelle. La seconde tient à la garantie qu’aucune autre tentative de ce type ne viendra plus, selon les mots de l’instance, défigurer le jeu. Tant que ces deux conditions ne sont pas réunies, la position de l’UEFA reste inchangée. La menace de boycott, résume L’Équipe, tient toujours.

La FIFA resserre les rangs autour d’Infantino

Du côté de Zurich, où siège la FIFA, la ligne officielle est celle de l’unité. Le communiqué de mercredi reconnaît des erreurs et un engagement à ce qu’elles ne se reproduisent plus, tout en avertissant qu’aucune atteinte à l’intégrité, à la bonne gouvernance ou au respect de la procédure régulière de l’institution ne sera plus tolérée, maintenant que le projet de vente de parts est enterré. La FIFA affiche ainsi un double message : la contrition sur la méthode, la fermeté sur l’autorité de son président.

Une crise née d’un projet de vente de parts

Le litige trouve son origine dans un projet de société commerciale porté par Gianni Infantino, qui prévoyait la vente de parts de plusieurs compétitions organisées par la FIFA, la Coupe du monde en tête. Ce projet a depuis été abandonné, mais il continue de peser sur les relations entre les deux instances du football mondial, à moins d’un an de la Coupe du monde 2026, qui doit se tenir aux États-Unis, au Canada et au Mexique. L’épisode illustre les tensions persistantes autour de la gouvernance de la FIFA et du rôle que l’UEFA entend jouer en tant que contre-pouvoir au sein du football international.

Un duel qui divise le football mondial

Le bras de fer entre l’UEFA et la FIFA ne se joue pas en vase clos. D’autres publications de L’Équipe parues le même jour font état de prises de position venues d’autres continents. La Confédération africaine de football aurait, selon ces articles, réaffirmé à l’unanimité son soutien à Gianni Infantino, tandis que la Confédération sud-américaine, la Conmebol, aurait exprimé sa préoccupation face à des actions jugées unilatérales de la part de la FIFA. Le syndicat mondial des joueurs professionnels, la FIFPro, aurait pour sa part dénoncé un abus de pouvoir, quand le Premier ministre canadien aurait retiré sa confiance à Gianni Infantino. À l’inverse, la Fédération argentine de football se serait portée à la rescousse du président de la FIFA, signe des divisions qui traversent la gouvernance mondiale du football à moins d’un an du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026.

L’UEFA a fait son choix : rien ne bouge sans retrait total et garanties fermes. La balle, comme souvent dans ce dossier, reste dans le camp de Zurich.


Source : L’Équipe – https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/L-uefa-maintient-sa-menace-de-boycott-de-la-coupe-du-monde-malgre-les-excuses-de-la-fifa/1709308