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Yoon Suk-yeol, ancien président de Corée du Sud. Photo : Flickr.

Corée du Sud : l’ex-président Yoon Suk-yeol condamné à 30 ans de prison pour une opération de drones contre Pyongyang

L’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné, vendredi 12 juin 2026, à 30 ans de prison pour avoir ordonné l’envoi de drones vers la Corée du Nord. Selon la justice, cette opération visait à provoquer Pyongyang afin de créer un contexte favorable à l’instauration de la loi martiale. Une décision qui s’ajoute à une série de condamnations déjà prononcées dans une affaire de dérive autoritaire.

Le tribunal de Séoul a condamné vendredi 12 juin 2026 l’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol, 65 ans, à 30 ans de prison, selon un porte-parole judiciaire cité par l’AFP et plusieurs médias internationaux. Cette nouvelle peine concerne son implication présumée dans une opération militaire clandestine ayant consisté à envoyer des drones au-dessus de la Corée du Nord en octobre 2024.

D’après les procureurs spéciaux, cette initiative visait à « fabriquer des conditions de temps de guerre » afin de justifier une proclamation de la loi martiale. Les engins, chargés de tracts de propagande, auraient survolé la zone de Pyongyang avant de s’écraser sur le territoire nord-coréen, provoquant une vive montée des tensions entre les deux pays.

Cette condamnation intervient alors que Yoon Suk-yeol est déjà incarcéré et destitué depuis avril 2025, à la suite d’une procédure de mise en accusation pour insurrection.

Une stratégie politique de rupture avec Pyongyang

Les éléments de l’enquête, relayés notamment par les agences sud-coréennes et la presse internationale, indiquent que l’opération de drones aurait été pensée comme un outil de provocation militaire. L’objectif supposé, selon les procureurs, était de créer un incident frontalier susceptible de justifier l’instauration d’un régime d’exception.

Selon le tribunal, cette stratégie aurait gravement compromis la sécurité de l’État et contribué à une escalade des tensions avec la Corée du Nord. L’agence Yonhap rapporte également que certains drones auraient permis à Pyongyang de récupérer des informations sensibles après leur chute sur son territoire.

La Corée du Nord avait alors réagi avec une retenue inhabituelle, avertissant simplement qu’elle riposterait en cas de nouveaux envois, sans déclencher d’escalade immédiate.

Une chute politique déjà engagée depuis 2024

Cette nouvelle condamnation s’ajoute à une série de décisions judiciaires visant l’ancien chef de l’État sud-coréen. En février 2026, Yoon Suk-yeol avait déjà été condamné à la prison à vie pour insurrection, après sa tentative d’imposer la loi martiale en décembre 2024 et l’envoi de troupes autour du Parlement.

Selon les éléments rapportés par la presse sud-coréenne et internationale, des députés avaient réussi à entrer dans le Parlement encerclé pour voter contre la mesure, contraignant le président à revenir sur sa décision après seulement quelques heures.

Dans sa défense, Yoon Suk-yeol affirme avoir agi « pour le seul bien de la nation », rejetant toute responsabilité directe dans l’opération des drones. Ses avocats évoquent de leur côté une initiative de riposte à des provocations nord-coréennes, notamment l’envoi de ballons contenant des déchets vers le Sud en 2024.

Malgré ces arguments, la justice sud-coréenne considère que l’ancien président a sciemment cherché à instrumentaliser la tension militaire avec Pyongyang à des fins politiques internes, dans une crise institutionnelle majeure qui continue de secouer la Corée du Sud.

Sources :
Le Figaro
Le Parisien
France 24

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