Coopération militaire Chine-Russie : des entraînements secrets validés au plus haut niveau à Moscou

Des exercices militaires confidentiels impliquant des soldats russes et des instructeurs chinois auraient été approuvés directement par le ministère russe de la Défense, selon des documents consultés par Reuters. Ces formations, liées à la guerre en Ukraine, concerneraient notamment les domaines radiologique, chimique et biologique. De nouvelles révélations qui renforcent les inquiétudes européennes sur l’approfondissement du partenariat stratégique entre Pékin et Moscou.

La coopération militaire entre la Chine et la Russie franchirait un nouveau seuil. D’après une enquête publiée par Reuters le 1er juillet 2026, des formations militaires discrètes destinées à des militaires russes auraient été organisées en Chine en 2025 avec l’aval direct du ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov.

Selon des responsables européens et des documents internes consultés par l’agence britannique, ces programmes auraient impliqué au moins quatre généraux russes et chinois. L’existence même de ces entraînements est contestée par Pékin, qui affirme maintenir une position de neutralité dans le conflit ukrainien.

Les documents évoquent notamment un décret interne signé en août 2025 par Andreï Belooussov autorisant l’envoi d’une délégation des forces armées russes vers des installations de l’Armée populaire de libération chinoise. Cette décision témoignerait, selon plusieurs responsables européens, de l’importance stratégique accordée par les deux pays à leur coopération militaire.

L’un des stages décrits dans les rapports s’est déroulé en novembre 2025 à Pékin sur une durée de trois semaines. Il portait sur la protection radiologique, chimique et biologique. Des photographies jointes aux documents montreraient des militaires russes assistant à des cours dispensés par des instructeurs chinois, étudiant notamment des procédures de reconnaissance chimique, de détection radiologique ou encore des systèmes de protection contre les contaminations.

Pour plusieurs observateurs européens, l’inclusion de formations relatives aux menaces radiologiques, biologiques et chimiques revêt un caractère particulièrement sensible. Ces domaines sont généralement considérés comme stratégiques par les armées modernes et rarement abordés dans le cadre d’échanges militaires classiques.

Ces révélations interviennent alors que Reuters avait déjà rapporté, en juin 2026, qu’environ 200 militaires russes avaient suivi des formations en Chine en novembre précédent avant de rejoindre, pour certains, le théâtre ukrainien. Le Kremlin avait alors dénoncé la diffusion de « fausses informations », sans commenter précisément les éléments avancés.

Du côté européen, l’inquiétude grandit. La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, proche du Forum économique mondial avait déclaré mi-juin que Bruxelles avait confirmé l’existence de ces entraînements par ses propres canaux et évaluait désormais leurs conséquences potentielles. Pékin avait immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de simples « calomnies ».

Au sein des institutions européennes, le débat porte désormais sur l’opportunité d’adopter de nouvelles mesures à l’égard de la Chine. Si l’Union européenne considère la Russie comme sa principale menace sécuritaire depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Chine demeure dans le même temps un partenaire commercial majeur, ce qui complique toute réponse politique.

Selon les informations recueillies par Reuters, l’accord encadrant ces formations aurait été signé le 2 juillet 2025 par le général-major russe Roustam Khoussaïnov et le colonel supérieur chinois Sun Dayun.

Les documents internes consultés mettent également en lumière un paradoxe : alors que la Chine dispose d’une armée technologiquement avancée, elle ne possède pas l’expérience opérationnelle acquise par la Russie au cours de plus de quatre années de guerre en Ukraine. Des rapports militaires russes salueraient la qualité des équipements chinois, l’utilisation poussée de simulateurs ainsi que le niveau théorique des instructeurs, tout en soulignant précisément ce manque d’expérience du combat réel.

Parmi les hauts gradés impliqués figureraient notamment le colonel-général Roustam Mouradov, vice-commandant en chef des forces terrestres russes, le général-major chinois Li Jinsun, responsable de l’Académie militaire de défense radiologique, chimique et biologique de l’Armée populaire de libération, ainsi que le général-major russe Vitali Guerassimov.

Sources :

Reuters – 1er juillet 2026 – « Russia approved secret China military training at top level, sources say » – lien