L’Espagne est frappée par une nouvelle catastrophe ferroviaire. Mercredi 28 octobre 2026, deux trains à grande vitesse sont entrés en collision près de Tolède, à une centaine de kilomètres au sud de Madrid, faisant au moins 68 morts et 64 blessés selon un bilan provisoire. Sur les lieux du drame, le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé sa consternation, neuf mois après une précédente tragédie ferroviaire qui avait coûté la vie à 46 personnes en Andalousie.
L’Espagne traverse une nouvelle journée de deuil après une collision meurtrière entre deux trains à grande vitesse, survenue mercredi 28 octobre 2026, dans la communauté autonome de Castille-La Manche. L’accident s’est produit sur la ligne ferroviaire reliant Los Yébenes à Urda, dans la province de Tolède, à environ 100 kilomètres au sud de Madrid.
Selon le dernier bilan provisoire communiqué par Emiliano García-Page, président du gouvernement régional de Castille-La Manche, au moins 68 personnes ont perdu la vie et 64 autres ont été blessées, dont 24 grièvement. Les secours prennent également en charge 80 personnes, selon les précisions apportées par le responsable régional.
Ces chiffres témoignent de l’ampleur de la catastrophe. Un premier bilan faisait état de 31 décès, avant d’être considérablement revu à la hausse au fil des opérations de secours.
Pedro Sánchez : « Toute l’Espagne est en deuil »
Arrivé sur les lieux de l’accident en milieu d’après-midi, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a exprimé publiquement l’émotion qui traverse le pays.
« Toute l’Espagne est en deuil », a-t-il déclaré devant les journalistes, alors que les équipes de secours poursuivaient leurs interventions auprès des victimes.
Le Premier ministre a également souligné la gravité de cette nouvelle catastrophe, survenue quelques mois seulement après un précédent accident ferroviaire meurtrier.
« Il n’est pas acceptable pour un pays comme l’Espagne de subir deux accidents ferroviaires à grande vitesse la même année, comme nous l’avons vécu », a-t-il affirmé.
Plus tôt dans la journée, Pedro Sánchez avait déjà fait part de sa consternation sur le réseau social X, qualifiant la collision de « grave » et adressant son soutien aux victimes ainsi qu’à leurs proches.
Le dirigeant espagnol avait également confirmé la mobilisation des services d’urgence pour venir en aide aux personnes touchées.
Une décision du centre de contrôle au cœur des interrogations
Les circonstances de cette collision soulèvent de nombreuses questions, notamment concernant la gestion de la circulation ferroviaire sur la ligne à grande vitesse.
Deux trains exploités par les compagnies Renfe et Iryo sont impliqués dans l’accident. Selon les premières déclarations du ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, le train de la Renfe aurait été autorisé à reprendre sa circulation alors que celui d’Iryo se trouvait toujours immobilisé sur la voie.
Présent sur les lieux, le ministre a vivement mis en cause cette autorisation, dont les circonstances restent à éclaircir.
« La décision de reprendre la circulation sans avoir résolu l’incident relève du centre de contrôle. C’est une décision qui a été prise dans des circonstances inexplicables », a déclaré Óscar Puente.
Ces propos placent le fonctionnement du centre de contrôle ferroviaire au cœur des premières interrogations. Ils ne permettent toutefois pas, à ce stade, d’établir définitivement les responsabilités dans cette collision.
Les raisons pour lesquelles le train de la Renfe a été autorisé à circuler malgré l’immobilisation de l’autre convoi devront notamment être éclaircies.
Un dispositif d’urgence activé en Castille-La Manche
Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités régionales ont déclenché leur dispositif territorial de gestion des situations d’urgence.
La communauté autonome de Castille-La Manche a ainsi activé le Platecam, son plan territorial d’urgence, porté au niveau 2.
Ce niveau permet de mobiliser des moyens supplémentaires et de solliciter, si nécessaire, une assistance dépassant les capacités habituelles d’intervention à l’échelle locale.
Les opérations de secours se poursuivent dans un contexte particulièrement difficile, marqué par le nombre élevé de victimes et de blessés graves.
Le bilan humain reste provisoire, les autorités régionales continuant de communiquer sur la situation au fur et à mesure des informations disponibles.
Emmanuel Macron exprime la solidarité de la France
La catastrophe a rapidement suscité des réactions au-delà des frontières espagnoles.
Le président français Emmanuel Macron a exprimé sa solidarité avec l’Espagne dans un message publié sur X, évoquant un « terrible drame ferroviaire ».
« Nos pensées vont aux victimes, à leurs familles, aux nombreux blessés ainsi qu’à l’ensemble des équipes mobilisées dans les opérations de secours », a écrit le chef de l’État.
« Au peuple espagnol, j’exprime la solidarité de la France », a-t-il ajouté.
Cette réaction intervient alors que l’Espagne doit une nouvelle fois faire face à une catastrophe ferroviaire majeure, moins d’un an après le drame d’Adamuz.
Neuf mois après Adamuz, l’Espagne frappée par une nouvelle tragédie
La collision survenue près de Tolède ravive le souvenir de l’accident ferroviaire du 18 janvier 2026, à Adamuz, en Andalousie.
Ce jour-là, deux trains à grande vitesse étaient entrés en collision, provoquant la mort de 46 personnes. La catastrophe avait profondément bouleversé le pays et suscité une vive émotion dans l’opinion publique espagnole.
Elle avait également alimenté de nombreuses critiques politiques à l’encontre du gouvernement de Pedro Sánchez, notamment de la part des formations de droite et d’extrême droite.
La survenue d’un deuxième accident meurtrier impliquant des trains à grande vitesse au cours de la même année place de nouveau la sécurité ferroviaire au centre de l’actualité espagnole.
Les déclarations du ministre des Transports concernant la décision du centre de contrôle devraient notamment retenir l’attention, alors que les circonstances précises de cette nouvelle collision restent à déterminer.
Avec au moins 68 morts, le drame du 28 octobre présente déjà un bilan humain supérieur à celui de la catastrophe d’Adamuz.
Les autorités espagnoles doivent désormais faire face à une double urgence : poursuivre la prise en charge des victimes et éclaircir
Sources :
Franceinfo – « Collision meurtrière entre deux trains en Espagne : “Toute l’Espagne est en deuil”, déclare Pedro Sanchez ».
Franceinfo – Un nouvel accident de TGV en Espagne dans la province de Tolède
Franceinfo – Accident ferroviaire d’Adamuz : ce que l’on sait de la collision entre deux trains
Déclarations officielles publiées sur X : Pedro Sánchez et Emmanuel Macron.