Deux navires de plaisance sont entrés en collision dimanche 16 août vers 22h45 dans le golfe de la Napoule, au large de Théoule-sur-Mer. Cette collision de bateaux à Cannes a fait dix blessés, dont quatre en urgence absolue, et un jeune homme reste porté disparu. La préfecture maritime de la Méditerranée a interrompu les recherches lundi en fin de matinée, sans résultat.
22h45, dimanche soir, golfe de la Napoule. Deux bateaux de plaisance sous pavillon français se percutent à quelques encablures de la côte, au large de Théoule-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Selon l’AFP, le premier est une embarcation de type Pardo qui transportait onze passagers. Le second est un semi-rigide, avec dix personnes à bord. Paris Match précise que le semi-rigide mesurait environ 8 mètres et l’autre navire environ 11 mètres. Vingt et une personnes se trouvaient donc en mer au moment du choc.
Les dix passagers du semi-rigide ont été éjectés à l’eau, rapporte l’AFP. Le bilan communiqué dans la nuit fait état de dix blessés, dont quatre en urgence absolue et six en urgence relative. Plusieurs d’entre eux sont des adolescents. Ils ont été répartis entre les hôpitaux de Cannes, d’Antibes, de Nice et de Toulon. Un passager du semi-rigide n’a pas été retrouvé. L’AFP le décrit comme un homme de 24 ans ; France 3 Côte d’Azur évoque un jeune homme de 22 ans. Son identité n’a pas été rendue publique.
Un hélicoptère à caméra thermique, des plongeurs, des dizaines de pompiers
Le dispositif engagé dans la nuit a été lourd. Un hélicoptère de la Marine nationale équipé d’une caméra thermique a survolé la zone, selon Paris Match, appuyé par des embarcations de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) et du service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes. Nice Premium fait état de 64 sapeurs-pompiers et de 32 véhicules mobilisés ; un premier décompte diffusé dans la nuit par l’agence 6Medias mentionnait plus de 50 pompiers et 29 engins.
Les plongeurs des sapeurs-pompiers ont fouillé le plan d’eau jusqu’à 3h45 d’après Paris Match, tandis que l’AFP situe l’interruption des opérations d’urgence vers 3h00. La préfecture maritime de la Méditerranée avait annoncé une reprise « au lever du jour ». Les recherches ont effectivement repris lundi matin. Elles ont été arrêtées vers 11h00, sans résultat, indique Nice Premium. Aucune trace du disparu n’avait été retrouvée à ce stade.
Une enquête confiée aux gendarmes maritimes
Les causes du choc ne sont pas établies. Aucune autorité n’a communiqué, à ce stade, sur la vitesse des deux navires, leur route respective, la visibilité ou l’état des personnes à la barre. Toute explication relèverait de la spéculation tant que les constatations ne sont pas achevées.
Selon Nice Premium, une enquête a été ouverte sous l’autorité du tribunal maritime de Marseille. Elle est conduite par la brigade nautique côtière d’Antibes, avec le concours de la gendarmerie départementale des Alpes-Maritimes et de la gendarmerie maritime. Les enquêteurs devront reconstituer la trajectoire des deux bateaux et entendre les rescapés, dont plusieurs sont encore hospitalisés.
Un été chargé sur une façade méditerranéenne sous tension
L’accident survient au coeur de la période la plus dense de l’année pour la navigation de plaisance sur la Côte d’Azur. Les chiffres publiés par la préfecture maritime de la Méditerranée pour la saison estivale 2025 donnent la mesure du trafic : 3 536 opérations de secours coordonnées sur la façade, soit 14 % de plus qu’en 2024, dont 2 986 directement liées à la plaisance et aux loisirs nautiques. Ces opérations ont concerné 8 072 personnes, avec 302 blessés, en hausse de 16 %, et 38 décès, en baisse de 17 %.
Le même bilan pointe la nature des infractions relevées. Sur 11 971 contrôles menés en mer, 3 928 infractions ont été constatées. Près de la moitié, 48 %, portaient sur la vitesse et les zones de navigation ; 42 % sur le matériel de sécurité. La réglementation française limite la vitesse à 5 noeuds dans la bande littorale des 300 mètres, et le règlement international pour prévenir les abordages impose de nuit le port des feux de navigation et une veille permanente.
À l’échelle nationale, le bilan de l’accidentologie estivale publié par le Système national d’observation de la sécurité des activités nautiques, rattaché au ministère chargé de la Mer, recense 6 680 opérations pour l’été 2025, en hausse de 10,7 %. Quatre-vingt-deux personnes y sont décédées ou déclarées disparues, dont 21 dans le cadre de la plaisance. La plaisance à moteur concentre à elle seule 2 819 opérations, la progression la plus forte de toutes les catégories. Le Var arrive en tête des départements avec 433 interventions, devant le Finistère et les Bouches-du-Rhône.
Lundi après-midi, la baie avait retrouvé ses navettes et ses bateaux-taxis. Au large de Théoule, une famille attendait toujours des nouvelles.