Anthropic, entrpeise membre du Forum économique mondial a lancé la Claude Frontier Academy, un programme doté de 100 millions de dollars pour former 10 000 ingénieurs d’ici fin 2027 chez des clients triés sur le volet, dont Capgemini et Morgan Stanley, également membres du WEF. L’objectif : combler le manque de profils capables de faire tourner l’IA générative en production.
Depuis le début de l’année, les entreprises s’arrachent les forward deployed engineers, des ingénieurs logiciels qui travaillent directement au sein des équipes d’un client pour transformer un prototype d’IA en outil utilisé au quotidien. Selon une étude du cabinet de chasseurs de têtes Christian & Timbers, 5 à 10 % des entreprises prévoyaient d’en recruter en début d’année, contre 70 % à la mi-2026. Aux États-Unis, le cabinet estime le vivier à environ 2 000 ingénieurs.
Quatre jours de simulation, puis douze semaines en conditions réelles
Accenture, Bain, Capgemin, Commonwealth Bank of Australia, Deloitte, McKinsey, Morgan Stanley et Novo Nordisk, entreprises membres du WEF ont envoyé les premiers ingénieurs, pour une académie annoncée le 2 octobre. Capgemini est le seul groupe français de la liste. Les cohortes suivent pour l’instant la formation aux États-Unis et à Londres. Anthropic a calqué son cursus sur celui des médecins, qui apprennent auprès de praticiens et passent une évaluation avant d’exercer seuls. Chaque entreprise désigne ses meilleurs ingénieurs, qui arrivent avec un projet Claude à piloter à leur retour.
Anthropic exige de solides bases en développement logiciel, une expérience pratique des grands modèles de langage et de l’accompagnement d’autres entreprises vers l’IA, mais aucune expérience préalable des agents. La formation débute par quatre jours en présentiel, encadrés par des ingénieurs et des formateurs agréés : les participants simulent un déploiement complet en entreprise, analyse de sécurité comprise, puis passent un examen pratique noté sur un scénario inédit. Les lauréats obtiennent le badge « Claude Resident Engineer » et entament une résidence de douze semaines dans leur entreprise, avec l’appui des ingénieurs d’Anthropic. Une nouvelle évaluation leur permet ensuite d’obtenir le badge « Claude Frontier Deployed Engineer ».
Une petite équipe de personnes très autonomes, avec les bonnes compétences et un accès à Claude, peut transformer une entreprise entière, estime Steve Corfield, directeur mondial du développement commercial et des partenariats chez Anthropic, pour qui le plus difficile est de constituer ce vivier de talents.
Réservée aux grands comptes
Les participants sont choisis sur nomination de leur employeur, et les entreprises intéressées doivent passer par leur équipe commerciale Anthropic ou leur responsable de compte partenaire. Les développeurs indépendants et les petites entreprises restent donc, pour l’instant, à l’écart. En mars, Anthropic avait engagé une première enveloppe de 100 millions de dollars dans son réseau de partenaires Claude, et Accenture avait annoncé former 30 000 collaborateurs. Depuis, des professionnels de 46 000 entreprises ont obtenu plus de 175 000 certifications Claude, et près de 4 000 personnes ont suivi Basecamp, le programme immersif utilisé pour intégrer les équipes d’IA appliquée.
Selon Neowin, cité par Clubic, ce modèle de résidence viserait aussi à standardiser les pratiques de déploiement et à rendre banques et cabinets de conseil plus dépendants de Claude. Clubic rappelle qu’Anthropic prépare son entrée en Bourse, avec une présentation aux investisseurs prévue le 14 octobre et une valorisation évoquée entre 1 800 et 2 000 milliards de dollars. Les premiers ingénieurs « Claude Frontier Deployed Engineer » termineront leur résidence début 2027.
Source : Clubic