Anthropic a ouvert au grand public Claude Fable 5, présenté le 9 juin 2026 comme son modèle d’intelligence artificielle le plus puissant accessible au plus grand nombre. Premier représentant grand public de la classe « Mythos », il est encadré par des garde-fous automatiques et accompagné d’une version sans filtre, Claude Mythos 5, réservée à un cercle d’organisations triées sur le volet.
Selon Numerama, l’existence de la classe Mythos avait fuité fin mars avant d’être confirmée par une communication maîtrisée. Avec Claude Fable 5, la société fondée par Dario Amodei et d’anciens d’OpenAI franchit un cap : c’est la première fois qu’un modèle directement rattaché à cette famille est diffusé à grande échelle. Anthropic le décrit comme particulièrement performant en ingénierie logicielle, en raisonnement et en analyse visuelle, avec un écart qui se creuse à son avantage sur les tâches les plus longues et complexes.
Pour étayer ces promesses, l’éditeur avance des démonstrations concrètes. Testé en avant-première par la plateforme de paiement Stripe, le modèle aurait migré une base de code Ruby de 50 millions de lignes en vingt-quatre heures, un chantier qui aurait normalement mobilisé une équipe d’ingénieurs durant plus de deux mois. Autre exemple cité, plus inattendu : Fable 5 serait parvenu à terminer le jeu Pokémon Rouge Feu à partir des seules captures d’écran, là où les versions précédentes échouaient.
Des garde-fous pour une IA jugée trop puissante
La classe Mythos était jusqu’ici considérée par Anthropic comme trop dangereuse pour être diffusée largement. Pour la version grand public, l’entreprise a donc retenu un déploiement bridé : lorsqu’une requête est jugée à risque, le système bascule automatiquement vers un modèle de moindre puissance, en l’occurrence Claude Opus 4.8. Deux domaines sont particulièrement surveillés, la biologie et la cybersécurité, où les filtres s’activent en priorité.
S’y ajoute une restriction liée à la « distillation », censée bloquer les tentatives d’aspiration de données visant à copier les capacités du modèle pour entraîner des IA rivales, notamment depuis des pays autoritaires. D’après les essais préliminaires de l’entreprise, 95 % des sessions se seraient déroulées entièrement sur Fable 5 sans rétrogradation. Reste à vérifier si ce ratio tiendra avec une disponibilité beaucoup plus large.
Claude Mythos 5, une version sans filtre réservée aux initiés
En parallèle, Anthropic introduit Claude Mythos 5, présenté comme le même moteur que Fable 5 mais avec des barrières de sécurité levées dans certains domaines, notamment cyber. Cette version débridée n’est pas accessible à tous : elle reste réservée aux organisations membres du Project Glasswing, un programme mené en collaboration avec le gouvernement américain et ouvert à des structures issues de plus de quinze pays. L’entreprise prévoit d’élargir progressivement ce cercle, en particulier pour la recherche biomédicale.
Un chiffre « 5 » énigmatique et une facture qui double
Le lancement conserve une part de mystère : aucune version 1 à 4 de Fable ou de Mythos n’a jamais été rendue publique, et Anthropic n’a pas expliqué le sens de ce chiffre. Côté tarifs, l’addition grimpe sur l’interface de programmation, avec 10 dollars par million de tokens en entrée et 50 dollars en sortie, soit le double d’Opus 4.8, mais la moitié de ce que coûtait la version d’évaluation Mythos Preview. Pour les particuliers, Fable 5 est accessible sans surcoût dans les abonnements payants du 9 au 22 juin, avant un passage temporaire à un système de crédits à la consommation.
Au-delà des performances annoncées, ce lancement illustre la tension qui traverse le secteur : ouvrir des modèles toujours plus capables tout en gardant la main sur leurs usages les plus sensibles. La coexistence d’un Fable 5 grand public et d’un Mythos 5 réservé à quelques organisations dessine une intelligence artificielle à deux vitesses, dont les contours restent à observer.
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Source : Numerama – numerama.com