Cinq individus, dont deux présidents d’associations caritatives, ont été mis en examen à Paris pour des soupçons de financement du Hamas. Trois d’entre eux figurent sur une liste noire américaine.
Cinq personnes ont été mises en examen à Paris dans le cadre d’une enquête pour financement du Hamas, abus de confiance en bande organisée et blanchiment en lien avec une entreprise terroriste. Les mis en examen, qui contestent les accusations portées contre eux, sont soupçonnés d’avoir utilisé des associations humanitaires pour collecter des fonds destinés à des activités terroristes.
Parmi les suspects, trois d’entre eux, Faouzi Barika, Nordine Barika et Amel Oualid, figurent sur une liste noire établie par les autorités américaines. Ces derniers sont accusés d’avoir mis en place un système de collecte de fonds qui aurait permis de transférer plus de 2 millions de dollars entre 2020 et 2026 vers un responsable du Hamas, identifié comme Saleem al-Zaq. Selon les autorités américaines, une partie de ces fonds, soit 1,5 million de dollars, aurait été collectée après l’attaque du 7 octobre 2023, sous prétexte d’aide humanitaire destinée à Gaza.
Les associations concernées
Les deux associations mentionnées dans cette affaire sont Baraka, située en Gironde, et Ensemble C Mieux, basée dans la Loire. Ces organisations sont accusées d’avoir servi de couvert pour la collecte de fonds destinés au Hamas. Les mis en examen rejettent fermement ces allégations, affirmant que leurs actions étaient strictement humanitaires.
Contexte judiciaire et réactions
Le parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire pour examiner les faits de financement d’entreprise terroriste, ainsi que les accusations d’abus de confiance et de blanchiment aggravé. Les autorités françaises, tout en prenant en compte les accusations américaines, doivent désormais évaluer la validité des preuves présentées. Les personnes mises en examen ont exprimé leur intention de contester les charges et de défendre leur innocence devant la justice.
Cette affaire soulève des questions sur le financement des organisations terroristes et sur le rôle des associations caritatives dans la collecte de fonds. Elle pose également des questions conçernant la coopération et la souveraineté des pays. Les autorités américaines, qui ont mis en lumière ce réseau, insistent sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux risques de détournement de fonds, notamment dans le contexte des crises humanitaires.