Le pape Léon XIV a validé la nomination d’un nouvel archevêque en Chine, Mgr Andrea Ding Yang, consacré mardi à la tête du diocèse de Chongqing. C’est la quatrième nomination épiscopale du genre en moins de deux mois dans le cadre de l’accord provisoire entre le Vatican et Pékin, après Datong et Xinxiang. Des ambiguïtés persistent toutefois autour de l’Église dite « souterraine ».
Léon XIV avait approuvé la candidature de Mgr Ding Yang dès le 28 juillet. Sa consécration comme archevêque de Chongqing a eu lieu le 8 septembre. Âgé de 44 ans, né le 16 septembre 1981 dans le district de Hechuan, il a suivi sa formation au séminaire de Pékin entre 2000 et 2006, avant d’être ordonné prêtre le 24 mai 2007. Son parcours s’est poursuivi à Macao puis à Rome, où il a étudié à l’Université pontificale de la Sainte-Croix entre 2014 et 2015.
Quatrième nomination en deux mois
La consécration de Mgr Ding Yang s’inscrit dans une série rapprochée de nominations menées dans le cadre de l’accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, selon lequel chaque nom doit désormais résulter d’un processus accepté par les deux parties. Le 22 juillet, le père Joseph Chang Yanfeng était ordonné évêque de Chifeng. Fin juillet, le père Francis Xavier Duan Yongkun devenait évêque coadjuteur de Bameng. Le 31 août, Mgr Paul Liu Honggang était consacré évêque de Datong. Début septembre, Mgr Francesco Li Jianlin était nommé à Xinxiang, à la suite de la démission d’un évêque de l’Église souterraine.
L’ombre persistante de l’Église souterraine
Derrière la mécanique bien huilée des nominations validées à Rome comme à Pékin, des communautés catholiques dites souterraines continuent de fonctionner dans la clandestinité. Prêtres et fidèles qui refusent les structures contrôlées par l’État chinois font état d’une pression constante. L’accord Vatican-Pékin, renouvelé depuis 2018, n’a pas mis fin à cette fracture au sein du catholicisme chinois, qui compte plusieurs millions de fidèles répartis entre Église officielle et Église clandestine.
Une diplomatie religieuse qui avance à pas comptés
Pour le Vatican, chaque nomination validée à Pékin représente un pas de plus vers la normalisation d’une relation restée informelle pendant des décennies. Pour les autorités chinoises, c’est un moyen de garder la main sur le choix des évêques tout en donnant des gages de dialogue à Rome. Un équilibre qui, à chaque nomination, rappelle combien il reste fragile.
Quatre archevêques en deux mois, et toujours cette même question sans réponse : qui, de Rome ou de Pékin, tient réellement la crosse.