Les autorités chiliennes ont annoncé, le lundi 9 juin 2026, la plus importante saisie de stupéfiants de leur histoire. Plus de 100 tonnes de cocaïne et de kétamine dissimulées dans des cargaisons de bois ont été découvertes dans plusieurs ports du pays. L’opération met en lumière la sophistication croissante des réseaux criminels transnationaux opérant entre l’Amérique du Sud, l’Europe, l’Afrique et l’Océanie.
Le gouvernement chilien a révélé le lundi 9 juin 2026 avoir saisi plus de 100 tonnes de drogues dissimulées dans environ 1 080 tonnes de bois destinées à l’exportation. Les cargaisons ont été interceptées dans les ports stratégiques d’Arica, de Valparaíso et de San Antonio, principaux hubs maritimes du pays.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement chilien a salué « un coup historique porté au crime organisé » grâce à une coopération entre le parquet, la police maritime et le Service national des douanes.
« Grâce à un travail conjoint du parquet, de la police maritime et des douanes, 1 080 tonnes de bois imprégnées de différentes drogues ont pu être saisies », ont indiqué les autorités.
Selon les premières analyses, les stupéfiants représentaient entre 10 % et 20 % du volume des cargaisons contrôlées. Les substances identifiées sont principalement du chlorhydrate de cocaïne et de la kétamine.
Des cargaisons venues de Bolivie et destinées à plusieurs continents
L’enquête, menée durant près de six mois, a permis d’identifier un vaste réseau de trafic utilisant du bois exporté depuis la Bolivie comme couverture logistique.
Les autorités chiliennes expliquent que les substances illicites étaient intégrées directement dans les matériaux avant leur expédition vers différents marchés internationaux. Les cargaisons devaient ensuite être traitées dans des laboratoires spécialisés capables d’extraire chimiquement la drogue du bois imprégné.
Parmi les destinations évoquées par les enquêteurs figurent plusieurs pays européens, notamment la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la République tchèque. Des marchés en Afrique du Nord, dont le Maroc, ainsi qu’aux États-Unis, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, à Maurice, au Panama ou encore en République dominicaine apparaissent également dans les circuits identifiés.
Les douanes chiliennes estiment que la valeur potentielle de cette marchandise sur le marché européen dépassait 8,3 milliards de dollars après extraction et revente.
« La plus importante saisie dans l’histoire du Chili »
Le ministre chilien de la Sécurité, Martín Arrau, a qualifié l’opération de tournant majeur dans la lutte contre les organisations criminelles internationales.
« C’est la preuve de la magnitude et du degré de sophistication du crime organisé, capable d’agir avec des ressources importantes, une forte capacité d’adaptation et sans respect des frontières », a déclaré le ministre.
Les autorités considèrent désormais cette affaire comme « la plus importante saisie de ce type dans l’histoire du Chili ».
Le parquet chilien a précisé que cette découverte n’était pas le fruit du hasard mais le résultat d’un programme de renseignement portuaire mis en place en 2024 pour renforcer la surveillance des exportations et anticiper les nouvelles méthodes utilisées par les cartels.
Selon la Fiscalía, l’opération repose sur « une enquête planifiée, fondée sur l’information, l’analyse et une stratégie prolongée destinée à protéger l’économie nationale et la sécurité des citoyens ».
Une nouvelle démonstration de la puissance du crime organisé transnational
L’affaire illustre l’évolution des réseaux criminels sud-américains, capables d’utiliser des flux commerciaux parfaitement légaux pour dissimuler des quantités industrielles de stupéfiants.
Les enquêteurs soulignent que les trafiquants cherchaient à transformer le Chili en plateforme logistique de transit international grâce à ses infrastructures portuaires modernes et à l’importance de son commerce maritime.
Les autorités estiment que plusieurs conteneurs suspects restent encore à inspecter, ce qui pourrait conduire à la découverte de volumes supplémentaires de drogue dans les prochaines semaines.
Cette saisie intervient alors que plusieurs pays d’Amérique latine renforcent leurs dispositifs de lutte contre le narcotrafic face à l’expansion des organisations criminelles opérant désormais à l’échelle mondiale, de l’Amérique du Sud jusqu’aux marchés européens, africains et océaniens.
