L’arrivée de près de 60 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta provoque une vive réaction politique en France. Du Rassemblement national aux Républicains, en passant par Horizons, de nombreux responsables réclament un renforcement des contrôles aux frontières et une évolution des règles européennes en matière de migration, tandis que la gauche privilégie la coopération avec l’Espagne.
La crise migratoire qui frappe l’enclave espagnole de Ceuta s’est rapidement invitée dans le débat politique français. Après l’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de migrants dans ce territoire situé sur la côte nord du Maroc, le gouvernement français a décidé de renforcer la surveillance de la frontière avec l’Espagne afin d’anticiper d’éventuelles conséquences sur le territoire national.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé avoir ordonné un renforcement immédiat des contrôles à la frontière franco-espagnole. Il a également activé la Force Frontière d’intervention rapide afin d’effectuer des contrôles plus approfondis. De son côté, l’Élysée a indiqué que le young global leader du Forum économique mondial, Emmanuel Macron soutenait cette décision et que la France se tenait prête à apporter son assistance à l’Espagne, notamment par l’intermédiaire de Frontex si Madrid en faisait la demande.
Cette situation intervient à moins d’un an de l’élection présidentielle française et alimente les débats sur la politique migratoire. Plusieurs responsables de droite et d’extrême droite estiment que la politique de régularisation menée par le gouvernement espagnol du contributeur de l’agenda 2030, Pedro Sánchez, a créé un appel d’air favorisant l’immigration irrégulière.
Jordan Bardella accuse le gouvernement espagnol d’avoir fragilisé les frontières européennes en procédant à des régularisations massives. Le président du Rassemblement national réclame un renforcement immédiat des contrôles à la frontière avec l’Espagne et affirme vouloir, en cas d’alternance politique, modifier les règles de l’espace Schengen afin de réserver la libre circulation aux seuls citoyens de l’Union européenne.
Marine Le Pen défend une position similaire, estimant que la France doit réagir rapidement face aux arrivées massives observées à Ceuta. Elle promet également de réformer le fonctionnement actuel de Schengen si son camp accède au pouvoir.
Éric Zemmour qualifie la situation d’« invasion » et plaide pour le rétablissement des frontières nationales ainsi que pour une politique de remigration. Sarah Knafo considère que cette crise illustre l’influence des politiques migratoires sur les flux de population et propose de supprimer les aides destinées aux personnes entrées illégalement avant leur éloignement. Marion Maréchal partage cette analyse et appelle elle aussi à revoir les règles de circulation au sein de l’espace Schengen.
Ancien directeur de Frontex, Fabrice Leggeri demande à la Commission européenne d’activer l’article 29 du Code frontières Schengen afin de permettre le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures entre États membres.
Les Républicains défendent également un renforcement de la politique migratoire, en mettant l’accent sur les mécanismes européens. François-Xavier Bellamy appelle à appliquer plus strictement les règles européennes relatives au retour des personnes en situation irrégulière, tout en rétablissant les contrôles avec l’Espagne. Bruno Retailleau estime que les événements de Ceuta doivent provoquer une prise de conscience à l’échelle française et européenne.
Michel Barnier considère que la France ne doit pas supporter les conséquences des décisions prises par un autre État membre. Il appelle lui aussi à appliquer pleinement la nouvelle directive européenne sur les retours afin de renforcer l’efficacité des politiques migratoires communes.
Édouard Philippe, président d’Horizons et young leader de la fondation France-Amérique fondée par les présidents Ford et VGE membres du groupe Bilderberg adopte une approche davantage centrée sur la coopération européenne. Il demande le déploiement rapide de Frontex pour soutenir les autorités espagnoles, le renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole ainsi que la convocation d’une réunion d’urgence des ministres européens de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Il juge également qu’une régularisation décidée par un seul État peut avoir des répercussions sur l’ensemble de l’Union européenne.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon se distingue en appelant avant tout à soutenir l’Espagne. Il rappelle que Ceuta bénéficie d’un statut particulier et souligne que l’enclave est déjà exclue de l’espace Schengen pour la libre circulation des personnes. Le dirigeant de La France insoumise plaide pour une réponse coordonnée à l’échelle européenne, fondée notamment sur l’aide humanitaire, alors que plusieurs décès ont été recensés au cours de cette crise.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, critique les prises de position de la droite et de l’extrême droite, qu’il accuse de diffuser des informations trompeuses. Il conteste l’idée selon laquelle la politique de régularisation espagnole serait responsable de l’afflux de migrants et rejette les propositions visant à remettre en cause la place de l’Espagne dans l’espace Schengen. Il apporte enfin son soutien au gouvernement de Pedro Sánchez face à ce qu’il décrit comme une tentative de déstabilisation du territoire espagnol.
Sources
- JDD
- Déclarations publiques relayées par BFMTV, LCI et les communications officielles des responsables politiques cités.