La mairie de Paris mettra en place dès la rentrée de septembre la gratuité des cantines scolaires pour les familles les plus modestes. Annoncée par le maire socialiste Emmanuel Grégoire, cette mesure concernera plus de 17 000 enfants dans les écoles, jardins d’enfants et collèges publics de la capitale.
La promesse de campagne devient réalité. Élu maire de Paris au printemps dernier, Emmanuel Grégoire a confirmé vendredi 5 juin la mise en œuvre de la gratuité des cantines scolaires pour les familles les plus modestes de la capitale à compter de la rentrée de septembre 2026.
Cette mesure sociale concernera plus de 17 000 enfants fréquentant les écoles maternelles, élémentaires, jardins d’enfants et collèges publics parisiens. Elle vise les foyers appartenant aux deux premières tranches du quotient familial, qui acquittent aujourd’hui un tarif compris entre 13 centimes et 85 centimes par repas.
Dans une ville où près de 100 000 élèves déjeunent chaque jour dans les cantines scolaires, la municipalité entend ainsi renforcer son soutien aux ménages les plus fragiles tout en simplifiant la gestion administrative liée au recouvrement de ces faibles montants.
Selon Emmanuel Grégoire, le coût de gestion de ces factures représente parfois une charge disproportionnée au regard des sommes concernées. La municipalité préfère donc transformer ces participations symboliques en un geste de solidarité assumé envers les familles confrontées aux difficultés économiques.
Au total, plus de 2,5 millions de repas seront distribués gratuitement chaque année aux enfants éligibles. Le coût annuel de cette mesure est estimé à 1,2 million d’euros pour les finances de la ville.
Parallèlement à cette gratuité ciblée, la mairie a également décidé de geler les tarifs appliqués aux huit autres tranches du quotient familial. Les familles concernées continueront ainsi à payer leurs repas selon des montants pouvant atteindre jusqu’à 7 euros, sans augmentation malgré l’évolution des coûts de production.
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par une hausse significative des dépenses liées à la restauration scolaire. Comme de nombreuses collectivités françaises, Paris fait face à l’augmentation du prix des matières premières alimentaires ainsi qu’aux investissements engagés pour améliorer la qualité des repas servis aux élèves, notamment grâce à une part croissante de produits biologiques.
Le maire de Paris a également justifié cette mesure par des considérations sociales et sanitaires. Selon lui, certains enfants issus de familles en difficulté bénéficient à la cantine du repas le plus complet de leur journée. Une situation qui renforce, selon l’exécutif municipal, la nécessité de garantir l’accès à une alimentation équilibrée pour tous les élèves.
La question apparaît d’autant plus importante que la fréquentation des cantines tend à diminuer au niveau des collèges. La municipalité espère ainsi favoriser le maintien des élèves dans le dispositif de restauration scolaire tout en réduisant les inégalités alimentaires.
La Ville de Paris souligne par ailleurs avoir absorbé ces dernières années une grande partie de l’impact de l’inflation alimentaire. Selon Emmanuel Grégoire, répercuter intégralement la hausse des coûts sur les familles aurait nécessité une augmentation globale comprise entre 40 et 50 millions d’euros. Une option que la municipalité affirme avoir écartée afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages parisiens.
Avec cette nouvelle mesure, la capitale rejoint ainsi les collectivités qui font de l’accès à l’alimentation scolaire un levier majeur de leur politique sociale et éducative.
Sources :
Le Monde – « Emmanuel Grégoire annonce la gratuité des cantines scolaires à Paris pour les familles les plus modestes » – 5 juin 2026 – lien
AFP – Informations reprises par Le Monde le 5 juin 2026.
