Face à la polémique grandissante autour de l’influence de la famille Bolloré dans les médias et le cinéma français, Cyrille Bolloré a tenté de calmer le jeu lors de l’assemblée générale du groupe. Le dirigeant a rejeté les accusations de dérive idéologique et contesté l’existence de tout « projet néofasciste » au sein de l’empire médiatique familial.
Le climat de tension autour du groupe Bolloré continue de s’intensifier dans le paysage culturel et audiovisuel français. Deux semaines après la publication d’une tribune dénonçant l’influence grandissante de Vincent Bolloré dans le cinéma, son fils Cyrille Bolloré a pris publiquement la parole pour défendre le groupe familial et tenter d’apaiser la controverse.
Lors de l’assemblée générale du groupe Bolloré, organisée mercredi 27 mai, le PDG a évoqué un contexte « d’énervement et d’agitation collective », affirmant vouloir se placer sous le signe de « l’apaisement » et de « la bienveillance ». Face aux actionnaires, il a assuré ne pas comprendre les accusations portées contre sa famille et son père en particulier. « C’est incroyablement décalé, c’est un mensonge géant », a-t-il déclaré, réfutant les critiques qui décrivent l’empire Bolloré comme porteur d’une orientation idéologique d’extrême droite.
La polémique a pris une nouvelle ampleur depuis la décision de Maxime Saada, patron de Canal+, de boycotter les professionnels du cinéma ayant signé une pétition dénonçant « l’emprise de l’extrême droite » attribuée à Vincent Bolloré. Cette initiative a provoqué une vive réaction dans le secteur culturel et débouché sur une assignation en justice du groupe audiovisuel par la Ligue des droits de l’homme et la CGT Spectacle, qui dénoncent une mesure discriminatoire à l’encontre des signataires de la tribune.
Dans ce contexte explosif, Cyrille Bolloré a pris ses distances avec certaines décisions attribuées à Canal+, rappelant que le groupe Bolloré n’est pas directement aux commandes de la chaîne cryptée mais n’en détient qu’une participation de 30,4 %. Il a toutefois critiqué implicitement l’idée de sanctionner des scénaristes ou professionnels du cinéma pour leurs prises de position publiques, estimant qu’une telle démarche n’était « pas à la hauteur du débat ».
Le dirigeant a également rejeté avec fermeté l’idée d’un « projet politique » structuré derrière les médias du groupe. Interrogé sur la ligne éditoriale de CNews, régulièrement accusée par ses détracteurs de promouvoir des discours proches de l’extrême droite, il a qualifié ces accusations de « fable ». Sans nier certaines imperfections de la chaîne, il a expliqué regarder peu ses programmes tout en rappelant sa position dominante sur le marché de l’information en continu en 2025.
Au-delà de la défense du groupe, Cyrille Bolloré s’est aussi aventuré sur le terrain politique, livrant une critique sévère des gouvernements successifs. Selon lui, « les dirigeants des dernières années ont ruiné le pays » et la situation politique française aurait progressivement laissé place à une polarisation extrême. Il affirme néanmoins ne jamais avoir soutenu politiquement un parti extrémiste, se définissant plutôt comme un électeur du centre, de gauche ou de droite selon les périodes.
Les attaques envers le groupe Bolloré se sont intensifiées ces derniers mois, même si cela semble plus lié au fait que ce groupe est le seul a avoir une position anti-guerre ou aux positions anti avortement de son patron, des positions qui détonnent dans le contexte d’hyperconcentration et d’organisation horizontale des médias à l’origine d’un manque patent de pluralisme.
Sources :
Le Monde – Tribune anti-Bolloré dans le cinéma : le fils de Vincent Bolloré évoque un climat d’« agitation » et d’« énervement »