Cambriolage de Donnarumma : dix ans requis contre « Ganito »

Des peines de quatre à dix ans de prison ferme ont été requises le 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris contre trois hommes poursuivis pour le cambriolage violent de Gianluigi Donnarumma et de sa compagne, séquestrés en juillet 2023 avenue Montaigne. Le parquet décrit une délinquance « ultra-rémunératrice » et « ultra-violente ».

Le 21 juillet 2023, en pleine nuit, Gianluigi Donnarumma et sa fiancée Alessia Elefante sont réveillés et séquestrés par quatre hommes au visage dissimulé. Les assaillants se sont introduits dans leur appartement du neuvième étage en passant par les toits.

Un commando de sept hommes, dont certains n’ont jamais été identifiés, emporte en quelques minutes espèces, bijoux, montres et sacs de luxe. Le gardien de but de la sélection italienne a estimé le préjudice à un peu moins d’un million d’euros.

La compagne du footballeur a fait une fausse couche peu de temps après, attribuée au traumatisme subi cette nuit-là.

Un nom qui revient

La peine la plus lourde, dix ans, a été réclamée contre Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », 21 ans, soupçonné d’avoir commandité l’opération. Il s’était fait connaître du grand public après son évasion de la prison de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, en mars dernier. Son nom revient dans de multiples dossiers de séquestrations.

Neuf ans ont été requis contre Khyan M., dit « Kiki », 22 ans, également soupçonné d’avoir commandité le cambriolage depuis sa cellule. Six ans dont deux avec sursis probatoire ont été demandés contre Moktar D., l’un des exécutants présumés.

Les deux cerveaux présumés ont nié toute implication lors de leurs interrogatoires, malgré les échanges et les images retrouvés sur des téléphones qu’ils utilisaient en détention. Moktar D., seul prévenu présent sur les lieux, a expliqué s’être contenté de faire le guet depuis un immeuble situé en face. Son ami d’enfance, également impliqué et accusé d’être « une balance », s’est donné la mort en prison.

Sept célébrités en quatre ans

Le procureur a replacé le dossier dans une série. Il a énuméré les noms de sept célébrités visées par des home-jacking entre 2022 et 2025, et décrit un quartier parmi les plus chics de la capitale, « ciblé par une délinquance de plus en plus juvénile ».

Le ministère public a qualifié ce type de délinquance d’« ultra-rémunératrice » et d’« ultra-violente », en soulignant qu’elle s’attaque à « ses propres idoles ». Il a mis en parallèle la carrière du footballeur et celle d’une jeunesse « qui s’ancre dans la délinquance ».

La formule est frappante et elle a sa part de vérité sociologique. Elle ne dit pas comment des ordres partent d’une cellule de détention pour atteindre un appartement de l’avenue Montaigne, ni pourquoi les téléphones circulent en prison avec assez de fiabilité pour organiser une opération à sept.

Les excuses du deuxième jour

La première journée d’audience avait été chaotique. « Ganito » y était apparu très agité, insultant et menaçant les forces de l’ordre. La seconde s’est déroulée dans un climat apaisé, après des excuses adressées en préambule aux policiers qu’il avait copieusement insultés la veille, et au tribunal.

Le contraste a été relevé par tous les observateurs présents. Il ne préjuge de rien quant au fond du dossier, mais il souligne ce que ce procès a de particulier : un prévenu de 21 ans dont la notoriété tient autant à une évasion spectaculaire qu’aux faits pour lesquels il comparaît. Le tribunal rendra sa décision ultérieurement.

Le dossier réunit tout ce qui fait un procès très suivi : un gardien de but international, une adresse de luxe et un prévenu devenu personnage. Reste le point aveugle, que les réquisitions n’ont pas éclairci : comment on commandite un home-jacking depuis une cellule.


Source : RMC Sport / AFP – https://rmcsport.bfmtv.com/football/clubs/paris-saint-germain/cambriolage-de-donnarumma-dix-ans-de-prison-requis-contre-ilyas-kherbouch-alias-ganito_AD-202609110768.html