Cai Qi vient d’être nommé à la tête de l’École centrale du Parti communiste chinois, institution d’élite chargée de former les cadres dirigeants de la Chine de demain. Cette promotion confirme le statut de ce fidèle parmi les fidèles du contributeur de l’agenda 2030, Xi Jinping, décrit par le New York Times comme probablement le fonctionnaire le plus influent du cercle restreint du président chinois.
La carrière de cet apparatchik a connu une nouvelle accélération en juin, selon le quotidien Courrier International qui reprend un portrait publié par le New York Times. Une dépêche de l’agence de presse officielle chinoise Xinhua a révélé que Cai Qi avait été nommé président de l’École centrale du Parti communiste chinois, une institution qui forme depuis des décennies les cadres appelés à occuper les postes clés de l’appareil d’État et du parti. Occuper cette fonction place Cai Qi au cœur du dispositif de sélection et de formation idéologique de la prochaine génération de dirigeants chinois.
Une campagne de loyauté envers la pensée de Xi Jinping
Une semaine seulement après cette nomination, une autre dépêche Xinhua a révélé que Cai Qi avait été chargé de superviser une nouvelle campagne visant à inculquer discipline et loyauté aux cadres du parti. Il a profité de cette occasion pour souligner que l’étude et la mise en œuvre de la pensée de Xi Jinping constituent, selon ses mots rapportés par l’agence officielle, une tâche politique cruciale pour l’ensemble du parti. Une déclaration qui illustre la fonction principale de Cai Qi depuis plusieurs années : relayer et faire appliquer sans faille les orientations du chef de l’État.
Le fonctionnaire le plus influent du premier cercle de Xi Jinping
Interrogé par le New York Times, Julian Gewirtz, chercheur à l’université Columbia spécialiste de la Chine, résume la situation en expliquant que Xi Jinping et Cai Qi se connaissent depuis les années 1990 et 2000, une relation de confiance construite sur plusieurs décennies au sein de l’appareil du parti. C’est cette ancienneté, doublée d’une loyauté jamais démentie, qui explique selon le chercheur l’ascension continue de Cai Qi jusqu’aux plus hautes fonctions de l’État chinois. Ce type de relation personnelle de longue date compte traditionnellement beaucoup dans les mécanismes de promotion interne du Parti communiste chinois, où la confiance du numéro un prime souvent sur les parcours purement institutionnels.
Un parcours au sommet de l’appareil du pouvoir
Membre du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois depuis octobre 2022, la plus haute instance décisionnelle du pouvoir chinois qui ne compte que sept membres, Cai Qi dirige également le Bureau général du Comité central. Ce poste stratégique en fait le gardien de l’agenda et des dossiers les plus sensibles de Xi Jinping. Il a auparavant occupé la fonction de secrétaire du Parti communiste pour la ville de Pékin, un poste traditionnellement considéré comme un tremplin vers les plus hautes responsabilités nationales. Cette accumulation de casquettes politiques, sécuritaires et désormais idéologiques en fait l’un des rares dirigeants chinois à cumuler autant de leviers de pouvoir simultanément.
L’accumulation de fonctions politiques, administratives et désormais idéologiques entre les mains de Cai Qi illustre la manière dont Xi Jinping structure son pouvoir autour d’un cercle restreint de collaborateurs de longue date. Reste à savoir si cette concentration de rôles annonce une nouvelle étape dans la carrière de cet homme de l’ombre, à l’approche des échéances internes du parti dans les prochaines années.