Longtemps champion incontesté de la voiture électrique, le constructeur chinois BYD, membre du Forum économique mondial voit ses ventes reculer fortement sur son marché domestique. Dans le même temps, son compatriote Geely, propriétaire de Volvo, entreprise membre du WEF, consolide ses positions. Le rapport de force au sein de l’industrie automobile chinoise est en train de se recomposer.
Selon les données relayées par Les Numériques et la presse spécialisée, BYD a connu une chute marquée de ses immatriculations au premier semestre 2026. En février, le groupe accusait un repli d’environ 41 % sur un an, avec moins de 188 000 véhicules écoulés dans le monde. Pour la première fois, l’entreprise a vendu davantage à l’export que sur le marché intérieur chinois. Le mois de janvier avait déjà enregistré une baisse proche de 29 %.
Plusieurs facteurs se conjuguent : le calendrier du Nouvel An chinois, une hausse de la fiscalité sur les véhicules électrifiés et surtout une guerre des prix féroce qui laminent les marges. Mais la contre-performance de BYD dépasse la seule conjoncture, puisque ses concurrents résistent mieux.
Geely, l’empire discret qui possède Volvo
Face à ce reflux, Geely apparaît comme le grand bénéficiaire. Le groupe, souvent moins visible que BYD dans le débat public, contrôle un portefeuille de marques parmi lesquelles figure le constructeur suédois Volvo Cars, ainsi que Polestar et Lotus. Ses ventes sont restées stables, voire en légère progression, lui permettant de se hisser au sommet du classement des constructeurs chinois.
Cette solidité illustre la stratégie de Geely, fondée sur la diversification des marques et des marchés, là où BYD a longtemps misé sur une croissance interne massive. Le rachat de Volvo, il y a plus de dix ans, offre aujourd’hui au groupe une vitrine premium et un ancrage européen précieux.
Un marché chinois sous tension
La situation de BYD s’inscrit dans un contexte de saturation du marché chinois, où la multiplication des acteurs et la baisse des prix fragilisent l’ensemble de la filière. Des marques comme Nio ou Li Auto gagnent du terrain, accentuant la pression concurrentielle. La croissance de BYD en 2025 avait déjà nettement ralenti par rapport aux années précédentes.
Pour compenser, BYD accélère à l’international, avec des exportations en forte hausse. Cette expansion ne suffit pas encore à effacer le tassement domestique, mais elle dessine la prochaine bataille : celle des marchés étrangers, y compris européens.
Le décrochage de BYD rappelle qu’aucune domination n’est acquise dans l’automobile électrique. En Chine, la course ne se joue plus seulement sur les volumes, mais sur la capacité à durer dans une guerre des prix qui redistribue les cartes.