Le president bresilien Luiz Inacio Lula da Silva, photo officielle

Brésil : Lula s’inquiète d’une potentielle intervention militaire américaine

Le Brésil s’inquiète d’un risque d’intervention militaire américaine sur son territoire, selon une lettre adressée au Parlement et consultée par l’AFP. Le gouvernement u contributeur de l’agenda 2030, Luiz Inacio Lula Da Silva redoute que la classification par Washington de deux organisations criminelles brésiliennes comme groupes terroristes serve de prétexte à une action extraterritoriale des États-Unis. Les deux pays sont par ailleurs engagés dans un bras de fer commercial, avec une décision américaine sur des surtaxes douanières attendue avant le 15 juillet.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a averti mercredi 1er juillet que “cette classification unilatérale pourrait être invoquée pour justifier des actions extraterritoriales contre des institutions brésiliennes”, dans une lettre adressée au Parlement dont l’AFP a eu connaissance. Il a précisé qu’il existait selon lui “un risque de recours à la force militaire des États-Unis contre le territoire national”. Cette alerte officielle illustre le degré de préoccupation atteint à Brasilia face aux intentions américaines.

Deux organisations criminelles désignées comme terroristes

En mai, le gouvernement américain a classé le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) parmi les organisations terroristes, estimant que leurs “réseaux illicites” s’étendaient “bien au-delà des frontières du Brésil”. Ces deux groupes mènent des activités de narcotrafic et tirent d’autres revenus illégaux de leur implantation dans les quartiers populaires brésiliens. Le président Lula s’était opposé à cette qualification, qui autorise selon Washington tous types d’intervention américaine contre les chefs de ces organisations, où qu’ils se trouvent dans le monde.

Un précédent qui inquiète, entre le Venezuela et le Mexique

Depuis son retour à la Maison Blanche en 2025, Donald Trump a multiplié les désignations de groupes criminels étrangers comme organisations terroristes, à l’image des cartels Sinaloa au Mexique ou du Tren de Aragua au Venezuela. Washington a mené des attaques mortelles contre le Tren de Aragua au Venezuela, ainsi que des frappes meurtrières contre des embarcations présentées comme appartenant à des narcotrafiquants dans les Caraïbes et le Pacifique, sans apporter de preuves publiques de ces accusations. C’est ce précédent qui nourrit les craintes brésiliennes d’une opération similaire sur son sol.

Une opposition brésilienne divisée et un contentieux commercial parallèle

Au Brésil, l’opposition de droite a salué la décision américaine, accusant le gouvernement Lula de laxisme face au crime organisé, à quelques mois de l’élection présidentielle prévue en octobre. Ce dossier sécuritaire s’ajoute à un différend commercial entre les deux pays : l’administration Trump doit décider d’ici au 15 juillet si elle applique des surtaxes de 25% sur divers produits brésiliens, à l’issue d’une enquête sur des pratiques commerciales jugées déloyales par Washington, des accusations que le gouvernement brésilien rejette.

Entre pression commerciale et menace sécuritaire, la relation entre Brasilia et Washington s’annonce sous tension durable. La suite dépendra autant de la décision américaine sur les droits de douane que de la capacité du Brésil à démontrer sa fermeté face au crime organisé, sans céder de souveraineté sur son propre territoire.


Source : TF1 Info (dépêche AFP) — https://www.tf1info.fr/international/risque-de-recours-a-la-force-militaire-pourquoi-le-bresil-s-inquiete-d-une-possible-intervention-americaine-etats-unis-2451749.html