Bpifrance, la banque publique d’investissement membre du Forum économique mondial, fait face à des interrogations sur son exposition aux start-up de la French Tech, dans un contexte de multiplication des défaillances au sein de l’écosystème, rapporte Marianne. En 2025, le groupe a enregistré un résultat net de 501 millions d’euros, en baisse de 44 % par rapport à l’année précédente. La direction explique toutefois ce recul principalement par la moindre valorisation de ses importantes participations dans des sociétés cotées.
Le résultat net de Bpifrance est passé de 896 millions d’euros en 2024 à 501 millions d’euros en 2025, soit une baisse de 44 %, selon les comptes du groupe. Dans le même temps, l’activité a atteint un niveau record, avec 72 milliards d’euros injectés dans l’économie, en hausse de 20 %. La création de valeur s’est élevée à 1,3 milliard d’euros, dont 876 millions de plus-values de cessions de titres. La banque publique détient environ 1 200 participations.
Officiellement, la contraction des bénéfices tient surtout à trois grands groupes cotés mis en équivalence dans les comptes. Stellantis a pesé pour 168 millions d’euros, son dividende ayant été divisé par deux. STMicroelectronics et Soitec ont pénalisé le résultat à hauteur de 353 millions d’euros combinés, sur fond de repli du secteur des semi-conducteurs. Son directeur général, Nicolas Dufourcq, a décrit une filière qui marchait fort jusqu’en 2023 avant de connaître un net retournement.
La French Tech sous tension
L’enquête de Marianne met en avant un autre facteur de fragilité : l’exposition de Bpifrance aux jeunes pousses. Les défaillances progressent dans la French Tech. Selon les données citées par Option Finance, 64 sociétés étaient en difficulté en 2024, contre 43 fin 2023, et 94 avaient totalement échoué. Plus de 3,25 milliards d’euros ont été investis dans des start-up aujourd’hui en difficulté, un montant qui a doublé en un an.
Pour la première fois, le nombre d’échecs de sociétés ayant dépassé le stade de la levée en série A a excédé celui des nouvelles entreprises atteignant ce jalon. Or Bpifrance, présente au capital d’un grand nombre de ces sociétés, se trouve mécaniquement exposée à la dégradation de leur valorisation.
Une banque publique entre records et risques
Ce grand écart résume la position singulière de Bpifrance. D’un côté, elle affiche une activité en expansion et un rôle central dans le financement de l’innovation. De l’autre, sa performance financière dépend de participations volatiles, qu’il s’agisse de géants industriels cotés ou de start-up dont la trajectoire reste incertaine. La distinction entre les deux sources de risque nourrit le débat sur l’usage de l’argent public.
Bpifrance assume un rôle d’investisseur de long terme, moins sensible aux à-coups annuels que les fonds privés. Reste que la multiplication des défaillances dans la French Tech pose une question de fond sur la solidité d’un modèle largement financé par la puissance publique.
Source : Marianne – https://www.marianne.net/economie/french-tech-bpifrance-plombee-par-les-start-up