Le ministère botswanais des Relations internationales a dénoncé, samedi 18 juillet, une hausse alarmante du nombre de ses ressortissants recrutés par tromperie pour combattre aux côtés de l’armée russe en Ukraine. Selon Gaborone, ces citoyens sont attirés par de fausses promesses d’emploi avant d’être envoyés en première ligne. Le phénomène touche également plusieurs autres pays africains, dont l’Égypte, le Cameroun et le Ghana.
Dans un communiqué publié le 18 juillet, le ministère des Relations internationales du Botswana a fait état d’une progression rapide du nombre de citoyens botswanais recrutés par tromperie pour rejoindre les rangs de l’armée russe en Ukraine. L’institution évoque des rapports récents indiquant que ce phénomène « augmente à un rythme alarmant », selon les termes du communiqué relayés par l’AFP. Le ministère précise recevoir des appels de ressortissants déjà présents sur la ligne de front, où ils seraient « contraints de participer à des combats actifs ». Les autorités botswanaises reconnaissent que leur capacité à porter assistance à ces citoyens reste extrêmement limitée une fois ceux-ci arrivés en territoire russe.
Des méthodes de recrutement fondées sur la tromperie
Selon les éléments rapportés par le Gouvernement botswanais, les recruteurs procèdent par le biais de promesses d’emploi trompeuses, assorties de salaires anormalement élevés. Les contrats proposés aux candidats sont souvent peu clairs, parfois rédigés dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas, et les recrues sont encouragées à voyager sans les documents administratifs appropriés. Dès décembre, au moins deux jeunes Botswanais avaient été identifiés comme potentiellement visés par ces stratagèmes, avant que Gaborone ne constate une accélération du phénomène au cours des mois suivants.
Un phénomène qui dépasse le seul Botswana
Le Botswana n’est pas le premier pays africain à alerter sur ce type de recrutement. Selon des données citées par plusieurs médias et reprises du collectif « All Eyes on Wagner », plus de 1 400 ressortissants africains auraient été recrutés entre janvier 2023 et septembre 2025 pour combattre en Ukraine aux côtés des forces russes, parmi lesquels l’Égypte, le Cameroun et le Ghana figureraient parmi les contingents les plus nombreux. Plus de 300 de ces recrues seraient décédées depuis le début de leur engagement. En février, le ministre ukrainien des Affaires étrangères avait de son côté fait état d’au moins 1 780 ressortissants africains combattant pour la Russie, un chiffre qui illustre l’ampleur prise par ces réseaux de recrutement à travers le continent.
Une stratégie de recrutement à l’étranger depuis le début de l’invasion
Depuis le déclenchement de son invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, la Russie a multiplié les initiatives pour recruter des combattants étrangers, en leur promettant des rémunérations élevées ainsi que, dans certains cas, l’accès à la citoyenneté russe. L’ancien groupe paramilitaire Wagner, dont les activités se sont poursuivies sous d’autres formes après la mort de son fondateur, est régulièrement cité parmi les réseaux impliqués dans ce type de recrutement à l’étranger. Ces pratiques s’inscrivent dans un effort plus large de Moscou pour compenser les pertes humaines subies sur le front sans recourir à une mobilisation intérieure massive, susceptible de fragiliser le soutien domestique à la guerre.
Face à la multiplication de ces témoignages, plusieurs gouvernements africains, dont celui du Botswana, appellent désormais leurs ressortissants à la plus grande vigilance devant toute offre d’emploi en Russie. L’affaire illustre les difficultés que rencontrent les États d’origine pour protéger leurs citoyens une fois ceux-ci engagés loin de leurs frontières. Elle relance également la question du contrôle international de ces filières de recrutement, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année.