La fusée New Glenn de Blue Origin a explosé jeudi 28 mai 2026 lors d’un essai de mise à feu en Floride. Aucun blessé n’est à déplorer, mais cet incident spectaculaire représente un revers majeur pour l’entreprise de Jeff Bezos et pourrait retarder plusieurs programmes spatiaux stratégiques, dont les missions lunaires de la NASA.
Jeudi 28 mai 2026, la fusée New Glenn développée par Blue Origin a été détruite lors d’un essai au sol à Cap Canaveral, en Floride. Haute de près de 100 mètres, la fusée a explosé sur sa rampe de lancement durant une phase de test des moteurs, provoquant une déflagration visible à plusieurs kilomètres et largement relayée par des vidéos diffusées dans les médias spécialisés.
L’entreprise fondée par Jeff Bezos a confirmé avoir « constaté une anomalie lors de l’essai de mise à feu », sans fournir, à ce stade, d’explication technique détaillée. Dans la foulée de l’incident, le milliardaire américain a tenu à rassurer sur la sécurité des équipes : « Tout le personnel a été localisé et est sain et sauf. Il est encore trop tôt pour connaître la cause exacte », a-t-il déclaré sur le réseau social X.
Il a également reconnu la gravité de l’événement tout en affichant sa détermination : « C’est une journée vraiment difficile, mais on va réparer tout ce qui doit l’être et reprendre les vols. Cela en vaut la peine », a-t-il ajouté.
Une enquête ouverte et des inquiétudes sur le site
Le patron de la NASA, Jared Isaacman, a indiqué sur X que l’agence allait « travailler avec ses partenaires pour mener une enquête approfondie sur cette anomalie ». Le député de Floride Mike Haridopolos, dont la circonscription inclut Cap Canaveral, a lui aussi confirmé avoir échangé avec la NASA et salué l’intervention rapide des secours et des équipes techniques.
Si aucun blessé n’est à déplorer, plusieurs experts estiment que la violence de l’explosion pourrait avoir endommagé une partie de la plateforme de lancement, ce qui compliquerait les prochains essais. Les essais au sol comportent régulièrement des incidents, mais une destruction aussi importante reste jugée exceptionnelle dans l’industrie spatiale.
Un nouveau revers pour le programme New Glenn
Ce n’est pas la première difficulté rencontrée par Blue Origin. En avril 2026, la société avait déjà connu un échec lors d’un vol d’essai précédent de New Glenn, au cours duquel un dysfonctionnement avait empêché la mise en orbite d’un satellite de communication, malgré la réussite partielle de la récupération de l’étage inférieur.
La fusée New Glenn, entrée en service début 2025, est au cœur des ambitions spatiales de Blue Origin. Elle doit notamment permettre le lancement de satellites de la constellation Leo d’Amazon, mais aussi jouer un rôle central dans les futurs programmes lunaires de la NASA.
L’entreprise a en effet été sélectionnée pour développer des alunisseurs destinés aux missions du programme Artémis, qui vise le retour des astronautes américains sur la Lune. La disponibilité de New Glenn est donc stratégique pour l’ensemble de ces projets.
Des conséquences potentielles sur la course à la Lune
Selon plusieurs analystes du secteur spatial, cet incident pourrait entraîner des retards significatifs dans le calendrier déjà serré du programme Artémis. Les États-Unis cherchent à accélérer leur retour sur la Lune, notamment face à la montée en puissance du programme spatial chinois.
Dans ce contexte, chaque retard technique est scruté de près par la NASA et ses partenaires industriels. L’explosion de Cap Canaveral pourrait ainsi contraindre Blue Origin à revoir son calendrier de tests et de lancements, alors même que la fusée devait participer prochainement à des missions commerciales et institutionnelles.
Elon Musk, patron de SpaceX et concurrent direct de Blue Origin dans la conquête spatiale et les programmes lunaires, a réagi avec sobriété, souhaitant à Jeff Bezos et à ses équipes de « se remettre sur pied rapidement ».
Sources :
France24
Les Échos
TF1 Info
