Statue de Bouddha en meditation

Belgique : les bouddhistes s’impatientent

En Belgique, l’Union bouddhiste de Belgique (UBB) a mis l’État fédéral en demeure le 15 juillet 2026 pour obtenir sa reconnaissance officielle en tant qu’organisation philosophique non confessionnelle. Vingt ans après une première demande, les quelque 150 000 pratiquants du pays estiment être victimes d’une discrimination administrative.

L’UBB a introduit une demande formelle de reconnaissance dès mars 2006. Le gouvernement fédéral lui accorde une subvention annuelle depuis 2008, sans pour autant lui reconnaître le statut d’organisation philosophique non confessionnelle, une catégorie distincte des cultes religieux puisque le bouddhisme, selon ses représentants, ne repose sur aucune divinité.

Un projet de loi resté en suspens

La déclaration gouvernementale Vivaldi de 2020 contenait déjà un engagement politique explicite en faveur de cette reconnaissance. Un projet de loi avait même été approuvé en deuxième lecture par le Conseil des ministres en 2023, avant de rester bloqué et de ne pas aboutir avant la fin de la législature.

« Une sorte de discrimination », selon l’UBB

« On n’a pas de colère mais de l’indignation parce qu’il y a une sorte de discrimination qui s’est opérée », a déclaré Carlo Luyckx, président de l’Union bouddhiste de Belgique. La reconnaissance ouvrirait droit à un soutien financier de l’État ainsi qu’à des conseillers bouddhistes rémunérés dans les prisons et les hôpitaux, comme en bénéficient déjà les cultes reconnus.

Un délai fixé au 30 septembre

La ministre compétente, Annelies Verlinden, a promis une rencontre prochaine avec l’UBB, assurant que des travaux sont en cours pour établir un cadre légal uniforme applicable à toutes les organisations philosophiques non confessionnelles. À défaut de réponse favorable d’ici le 30 septembre 2026, l’UBB a prévenu qu’elle saisirait les tribunaux belges, puis la Cour européenne des droits de l’homme.

Source : Le Monde – lemonde.fr