Bart Verhaeghe, président du Club Bruges

Bart Verhaeghe : le président du Club Bruges dit stop aux impôts

Bart Verhaeghe ne veut plus payer davantage. Le président du Club Bruges, qualifié pour la Ligue des champions et dont la fortune est estimée à 515 millions d’euros selon La Dépêche, s’est opposé à la télévision flamande à tout nouvel impôt visant les entrepreneurs et les grandes fortunes. Sa cible : la proposition du socialiste flamand Conner Rousseau de prélever 1,5 milliard d’euros supplémentaires sur les plus hauts revenus.

Le plateau de De Afspraak, émission de débat de la télévision flamande, n’est pas un vestiaire. Bart Verhaeghe y a pourtant tenu un discours de capitaine. Pas de nouveaux impôts, pas de nouvelles charges, a-t-il martelé, selon le site belge Walfoot. Pour lui, la Belgique détient déjà un titre peu enviable. « Nous sommes les champions du monde. Arrêtez. »

L’homme d’affaires affirme payer chaque année des dizaines de millions d’euros d’impôts. Il estime que la pression fiscale belge est déjà très élevée et que les entrepreneurs qui prennent des risques sont lourdement taxés. Il dit craindre qu’ils se découragent, et dénonce la stigmatisation dont ils feraient l’objet.

Rousseau veut 1,5 milliard

En face, il y a un chiffre. Conner Rousseau, président du parti socialiste flamand Vooruit, propose d’aller chercher 1,5 milliard d’euros supplémentaires auprès des grandes fortunes et des revenus les plus élevés. Son objectif affiché : éviter que les économies budgétaires ne frappent les soins de santé et les pensionnés.

Le débat n’est pas neuf en Belgique. Une taxe sur les plus-values financières a été adoptée par la Chambre au printemps, après de longues tensions au sein de la majorité fédérale, rappelait alors Paris Match Belgique. La proposition de Vooruit relance le match.

L’État, ce mauvais gestionnaire

Bart Verhaeghe ne se contente pas de dire non. Il réclame un usage plus efficace de l’argent public, en particulier dans la sécurité sociale. Selon lui, certains profitent indûment du système, tandis que les personnes réellement dans le besoin sont insuffisamment aidées. Un discours classique du patronat flamand, porté cette fois par un homme dont le club fait vibrer le pays chaque semaine.

Le promoteur derrière le président

Président du Club Bruges depuis 2011, Bart Verhaeghe a bâti sa fortune dans l’immobilier et le développement de projets. Sous sa présidence, le club s’est installé durablement en haut du football belge et sur la scène européenne. Sa qualification pour la Ligue des champions cette saison lui garantit des revenus que peu de clubs belges peuvent espérer.

Vooruit au cœur de la majorité

La proposition de Conner Rousseau ne vient pas de l’opposition. Vooruit siège au gouvernement fédéral dirigé par le nationaliste flamand Bart De Wever, au sein de la coalition dite Arizona. C’est ce qui donne du poids à l’idée d’une contribution accrue des grandes fortunes, et ce qui explique la vigueur de la réaction patronale.

Pour le Club Bruges, la Ligue des champions représente aussi une manne. La seule participation à la phase principale rapporte une prime de départ d’environ 18,6 millions d’euros versée par l’UEFA, avant les primes de résultats. Un montant considérable pour un club belge, qui place son président parmi les dirigeants les plus en vue du pays.

Bart Verhaeghe demande aux politiques d’arrêter. Conner Rousseau leur demande de commencer. Entre les deux, le contribuable belge regarde le match, sans billet pour la tribune présidentielle.


Source : La Dépêche – https://www.ladepeche.fr/2026/10/29/arretez-ca-sa-fortune-est-estimee-a-515-millions-deuros-le-president-dun-club-qualifie-pour-la-ligue-des-champions-crie-sa-colere-contre-les-hausses-13626685.php