Bardella et Ciotti : après l’Élysée, ils réclament une TVA à 5,5 % sur les carburants et dénoncent l’absence de réponse sur le pouvoir d’achat

À la sortie de la réunion organisée par Emmanuel Macron à l’Élysée ce vendredi 18 septembre, Jordan Bardella et Éric Ciotti ont concentré leurs critiques sur le prix des carburants et le pouvoir d’achat. Les deux responsables estiment que l’exécutif n’a présenté aucune réponse concrète face aux conséquences économiques durables des crises internationales. Ils réclament une baisse de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 % ainsi que l’annulation de précédentes hausses de fiscalité.

Jordan Bardella et Éric Ciotti étaient venus à l’Élysée pour entendre l’état des lieux dressé par le pouvoir sur la dégradation de la situation internationale. Ils en sont ressortis avec un message principalement tourné vers la politique intérieure : face à la flambée des prix de l’énergie, ils réclament une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants.

Le président du Rassemblement national et le président de l’Union des droites pour la République ont participé ce vendredi 18 septembre à la réunion convoquée par Emmanuel Macron avec les principaux responsables des partis représentés au Parlement et les candidats à l’élection présidentielle de 2027.

La rencontre, organisée dans le cadre du « format Saint-Denis », devait notamment permettre aux responsables politiques de disposer d’informations sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et sur leurs conséquences pour la sécurité et l’approvisionnement énergétique de la France. Des responsables militaires, des services de renseignement et le directeur général de l’énergie participaient aux échanges.

Jordan Bardella reconnaît l’intérêt d’un tel exercice. Selon lui, il était « nécessaire » que la représentation nationale puisse disposer d’éléments sur « la dégradation de la situation sécuritaire et énergétique », particulièrement au Moyen-Orient.

Mais pour le président du RN, le compte n’y est pas lorsqu’il s’agit des conséquences concrètes pour les ménages français.

« Le président n’a apporté aucune réponse sur le pouvoir d’achat ou sur la question des taxes sur les carburants », a-t-il déclaré à la sortie de l’Élysée.

Bardella et Ciotti réclament une TVA à 5,5 % sur les carburants

Les deux alliés ont donc profité de la réunion pour remettre sur la table une proposition défendue depuis plusieurs mois par le Rassemblement national : faire passer la TVA appliquée aux carburants de 20 % à 5,5 %.

Jordan Bardella réclame parallèlement l’annulation de précédentes augmentations de fiscalité sur les carburants.

Selon le calcul présenté par le président du RN, ces mesures permettraient de rendre environ 20 euros aux automobilistes sur un plein de 40 litres. Il avait déjà avancé ce chiffrage jeudi, à la veille de la réunion à l’Élysée.

Cette estimation et le financement de la mesure font toutefois partie du débat politique. Jordan Bardella évaluait jeudi le coût de la seule baisse de TVA entre 12 et 15 milliards d’euros par an et avançait plusieurs pistes d’économies pour la financer.

À la sortie de l’Élysée, il a surtout reproché au gouvernement de ne pas avoir placé spontanément la question du pouvoir d’achat au centre des discussions.

« La question du pouvoir d’achat a été malheureusement balayée par le gouvernement », a-t-il estimé.

Le prix du plein comme symbole de la pression sur les ménages

Le sujet est particulièrement sensible à mesure que les tensions internationales se répercutent sur les marchés de l’énergie.

Début septembre, le SP95-E10 avait déjà franchi une moyenne de 2,12 euros le litre et le gazole 2,29 euros en France métropolitaine hors Corse, selon les données gouvernementales compilées par l’AFP. Les prix ont continué leur progression depuis, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient.

Pour Jordan Bardella, cette situation frappe prioritairement les ménages qui ne peuvent se passer de leur véhicule pour aller travailler.

Le président du RN assure donc vouloir continuer à porter « la voix de la France du travail » et annonce que son parti défendra de nouveau ses propositions fiscales lors du débat budgétaire.

Il présente la réduction de la fiscalité comme le moyen de mettre « un coup d’arrêt » à la pression financière subie par les automobilistes au moment de faire le plein.

Cette proposition n’est pas nouvelle dans le programme du Rassemblement national. Une question écrite déposée à l’Assemblée nationale au début de l’année défendait déjà une TVA à 5,5 % sur l’ensemble des énergies, en mettant particulièrement en avant la situation des ménages dépendants de leur voiture, des artisans et des petites entreprises.

Ciotti dénonce un « racket fiscal »

Prenant la parole après Jordan Bardella, Éric Ciotti a durci le ton. Le président de l’UDR qualifie le niveau de taxation des carburants de « racket fiscal ». Une expression politique par laquelle il entend dénoncer la part des prélèvements dans le prix payé par les automobilistes.

Éric Ciotti reproche surtout à l’exécutif de ne pas avoir présenté de mesure immédiate alors que les informations communiquées au cours de la réunion laissent entrevoir, selon lui, une crise susceptible de se prolonger.

« Nous avons eu la confirmation que la crise va s’aggraver », a-t-il déclaré, selon des propos également rapportés par TF1, avant de regretter qu’« aucune mesure concrète » n’ait été présentée en réponse.

Le président de l’UDR affirme également que la question du pouvoir d’achat n’aurait pas été véritablement abordée si Jordan Bardella et lui-même ne l’avaient pas soulevée pendant les échanges.

Pour Éric Ciotti, c’est précisément ce point qui pose problème : les responsables présents ont reçu une description détaillée des risques internationaux et énergétiques, mais sans traduction immédiate en mesures destinées aux ménages.

Des inquiétudes sur les stocks et les prix de l’énergie

D’après le récit d’Éric Ciotti, la réunion a notamment permis d’évoquer les inquiétudes concernant la gestion des stocks énergétiques à l’échelle européenne ainsi que l’évolution du prix du gaz et des carburants.

La question énergétique était effectivement l’un des thèmes centraux du rendez-vous. L’Élysée avait annoncé que la réunion porterait sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine ainsi que sur « leurs conséquences en France sur la sécurité et l’énergie ». Les responsables du renseignement intérieur, extérieur et militaire étaient présents aux côtés du directeur général de l’énergie.

Jordan Bardella et Éric Ciotti ne contestent donc pas la gravité du diagnostic présenté. Leur critique porte sur les réponses économiques apportées à ce diagnostic.

« Rien concrètement sur le pouvoir d’achat des Français », a résumé Éric Ciotti.

Une divergence sur la manière de répondre à la crise

La sortie commune des deux responsables illustre également l’une des lignes de fracture apparues après la réunion de l’Élysée.

Les différents participants s’accordent largement sur le risque de voir les conséquences énergétiques des conflits s’inscrire dans la durée, mais les solutions avancées divergent fortement.

Fabien Roussel réclame notamment une réduction de la fiscalité et un blocage des prix lorsque celui-ci est possible. Bruno Retailleau veut agir sur les certificats d’économies d’énergie et le barème kilométrique. Raphaël Glucksmann défend pour sa part des aides plus massives ciblant les ménages et une accélération de la sortie des énergies fossiles.

Jordan Bardella et Éric Ciotti placent, eux, la baisse de la fiscalité au premier rang de leur réponse.

Le Rassemblement national défend cette orientation depuis plusieurs mois et Jordan Bardella en avait encore fait un thème central de son intervention la veille de la réunion. Il assurait qu’il aurait choisi, s’il avait été à la tête du gouvernement, de réduire directement les taxes sur l’essence.

La flambée des carburants devient ainsi l’un des premiers grands sujets économiques de la campagne présidentielle de 2027. Alors que les crises internationales pèsent sur les prix de l’énergie, Jordan Bardella et Éric Ciotti veulent installer dans le débat une question très concrète : quelle part du choc doit être absorbée par les finances publiques afin d’alléger immédiatement la facture des automobilistes ?

À leur sortie de l’Élysée, leur réponse est sans ambiguïté : ils entendent défendre au Parlement une réduction de la fiscalité sur les carburants et faire de cette mesure un axe majeur de leur réponse à la crise du pouvoir d’achat.

Sources :

Déclarations de Jordan Bardella et Éric Ciotti à la sortie de la réunion à l’Élysée, vendredi 18 septembre 2026, transcription fournie.

Public Sénat, 18 septembre 2026, « Bardella, Philippe, Faure, Tondelier… Face à la crise internationale, Emmanuel Macron réunit les candidats à la présidentielle et les chefs de partis à l’Élysée ».

AFP, 18 septembre 2026, « Crises et carburant : Macron reçoit les candidats à sa succession ou leur bras droit ».

Le Monde, 18 septembre 2026, direct consacré à la présidentielle 2027 et aux propositions de Jordan Bardella sur la fiscalité des carburants.

TF1 Info, 18 septembre 2026, direct consacré aux réactions des responsables politiques à la sortie de la réunion de l’Élysée.

Assemblée nationale, question écrite n° 13413 sur la réduction de la TVA sur les carburants.