Barbara Butch : son concert stoppé à Grenoble par des militants

Le concert de la DJ Barbara Butch a été interrompu samedi 18 juillet au soir à Grenoble par plusieurs dizaines de militants pro-palestiniens, selon des médias locaux et nationaux. Les manifestants lui reprochaient notamment sa signature d’une tribune de soutien à la proposition de loi Yadan, un texte visant à lutter contre l’antisémitisme. La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, a condamné les « menaces, intimidations et violences » constatées.

L’incident s’est produit dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville de Grenoble au Jardin de Ville. Selon les informations rapportées par les médias locaux, des tracts appelant au boycott avaient été distribués avant le début du concert et plusieurs artistes de la première partie avaient exprimé leur soutien à la cause palestinienne pendant leur prestation. Lorsque Barbara Butch a débuté son set, les chants de contestation se sont intensifiés et des bouteilles ont été lancées en direction de la scène. Après une vingtaine de minutes de performance, la DJ a interrompu son concert et quitté les lieux, provoquant des tensions parmi le public présent.

Une action annoncée par un élu local

Selon Le Dauphiné Libéré et plusieurs autres médias, l’action a été organisée par Allan Brunon, conseiller municipal d’opposition à Grenoble et membre de La France Insoumise, qui avait annoncé à l’avance son intention de perturber l’événement. Une pétition appelant à la déprogrammation de l’artiste, portée par la section locale de La France Insoumise, avait recueilli environ 350 signatures avant le concert. Les organisateurs du festival avaient pour leur part refusé toute déprogrammation fondée sur les opinions d’une artiste.

Les griefs formulés contre Barbara Butch

Les militants reprochaient à Barbara Butch, DJ et productrice de confession juive, deux éléments précis : sa participation à un événement organisé à Tel-Aviv en 2025 et sa signature d’une tribune de soutien à la proposition de loi Yadan. Portée par la députée Caroline Yadan (Ensemble pour la République), cette proposition de loi vise à élargir les incriminations d’apologie du terrorisme et à sanctionner les appels à la destruction d’États reconnus, dans un contexte de hausse des actes antisémites recensés depuis octobre 2023. Ses détracteurs, dont La France Insoumise, estiment que le texte pourrait assimiler certaines critiques de la politique israélienne à de l’antisémitisme et fragiliser la liberté d’expression sur la cause palestinienne. Interrogée par le passé sur cette signature, Barbara Butch avait expliqué qu’elle visait avant tout à dénoncer l’antisémitisme dont elle dit faire l’objet en France, précisant que « la politique israélienne ne me concerne pas ».

La réaction des autorités municipales

Dans un communiqué relayé par la presse locale, la maire de Grenoble Laurence Ruffin a condamné « avec la plus grande fermeté les menaces, les intimidations et les violences » constatées lors de l’événement, tout en réaffirmant l’attachement de la Ville à la liberté de création et de programmation artistique. Aucune interpellation n’a été rapportée à ce stade par les médias ayant couvert l’incident.

Cette polémique intervient alors que Barbara Butch avait déjà défrayé la chronique près sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024 et sa nomination à la direction artistique de la Nuit Blanche 2026 à Paris.


Source : Le Dauphiné Libéré – https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2026/07/18/des-militants-pro-palestine-tentent-de-stopper-le-concert-de-barbara-butch