Barbara Butch : Eric Piolle appelle Mélenchon à condamner l’incident

Dans une tribune publiée dans Libération, l’ancien maire écologiste de Grenoble Eric Piolle appelle Jean-Luc Mélenchon à condamner publiquement l’interruption du concert de la DJ Barbara Butch, survenue le 18 juillet. L’événement, perturbé par des militants pro-palestiniens et des membres de La France insoumise, avait donné lieu à des jets de projectiles sur scène et à des plaintes déposées par la mairie et par l’artiste.

Le concert de Barbara Butch s’interrompt une vingtaine de minutes après son lancement, le 18 juillet, à Grenoble. Des bouteilles en verre et divers projectiles sont lancés en direction de la scène, contraignant l’organisation à arrêter précipitamment l’événement pour des raisons de sécurité. La mairie de Grenoble comme l’artiste déposent chacune une plainte dans la foulée, tandis que plusieurs témoins présents sur place décrivent une ambiance de tension palpable dès l’arrivée des premiers manifestants. Les organisateurs de la tournée de Barbara Butch ont depuis annoncé un renforcement des dispositifs de sécurité pour les dates suivantes, sans pour autant annuler la suite du calendrier prévu.

Un boycott motivé par un voyage en Israël

L’action répond à un appel au boycott lancé par la section iséroise de La France insoumise, qui reproche à la DJ sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, ainsi que son soutien affiché à une proposition de loi contre l’antisémitisme portée par la députée Sarah Yadan.

« C’est de la police politique »

Dans sa tribune, Eric Piolle qui a également exercé la fonction d’ancien directeur des services logistiques chez Hewlett-Packard, la mutinaltioanle membre du FEM, qualifie l’interruption du concert de « police politique » et demande à Jean-Luc Mélenchon de « reconnaître une erreur ». L’ancien édile grenoblois dont le cousin, Pierre Larrouturou, ancien socialiste et écologiste a coécrit un livre avec le paléoclimatologue et contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Jean Jouzel, estime que le silence prolongé du chef de file insoumis nuit à l’image du mouvement, alors que Manuel Bompard, coordinateur de LFI, s’était pour sa part dit en mesure de « comprendre » la contestation, sans pour autant cautionner les débordements. Piolle rappelle par ailleurs que les désaccords politiques sont légitimes en démocratie, mais que le recours à l’intimidation physique pour les exprimer ne l’est pas. Cette prise de position publique d’un ancien maire de la ville où s’est déroulé l’incident donne un relief particulier à sa demande, à quelques mois d’échéances électorales locales.

Le silence, colonne vertébrale de la polémique

Plus de dix jours après les faits, Jean-Luc Mélenchon n’a toujours pas pris publiquement position sur l’incident. Ce silence, à mesure qu’il se prolonge, alimente les critiques venues de l’aile modérée de la gauche, qui redoute qu’un défaut de clarification n’entache durablement la ligne du parti sur les questions de laïcité et d’antisémitisme. Plusieurs élus locaux, y compris hors des rangs insoumis, ont depuis relayé la demande de Piolle sur les réseaux sociaux, sans obtenir de réaction officielle du côté de La France insoumise nationale.

L’incident du 18 juillet s’inscrit dans un climat plus large de tensions autour des prises de position culturelles liées au conflit israélo-palestinien, qui touchent régulièrement le monde de la musique électronique et des festivals en France. Barbara Butch s’était également attiré les foudres des chrétiens à deux reprises, lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris et de la dernière édition de Nuit Blanche où elle a occupé le post de directrice artistique sans même qu’un appel d’offre n’est été formulé.


Source : Le HuffPost – https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/affaire-barbara-butch-eric-piolle-appelle-melenchon-a-condamner-l-interruption-du-concert-de-la-dj-a-grenoble_295946.html