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Banques françaises : les financements aux énergies fossiles reculent à 16 milliards d’euros en 2025

Les grandes banques françaises ont réduit leurs financements destinés à l’expansion des énergies fossiles en 2025, selon les conclusions du dernier rapport Banking on Climate Chaos, auquel participe l’ONG Reclaim Finance. Les montants engagés sont passés de 18 milliards d’euros en 2024 à 16 milliards d’euros en 2025. Une évolution qui contraste avec la tendance mondiale, marquée au contraire par une hausse des soutiens bancaires au pétrole, au gaz et au charbon.

Les principales banques françaises ont légèrement réduit leur soutien financier aux nouveaux projets liés aux énergies fossiles en 2025. C’est l’un des principaux enseignements du rapport annuel Banking on Climate Chaos, publié le 9 juin 2026 par un collectif de huit organisations internationales, dont Reclaim Finance, ONG française spécialisée dans l’analyse de l’impact climatique du secteur financier. Selon cette étude de référence, les financements accordés par les grands établissements français aux projets d’expansion fossile sont passés de 18 milliards d’euros en 2024 à 16 milliards d’euros en 2025, soit une baisse d’environ 11 %.

Cette diminution intervient dans un contexte international paradoxal. Alors que la pression climatique s’intensifie et que les scientifiques rappellent régulièrement l’urgence de réduire la dépendance mondiale aux hydrocarbures, les grandes banques internationales ont, dans leur ensemble, augmenté leurs financements au secteur fossile. Les 65 plus grandes banques mondiales ont ainsi accordé 906 milliards de dollars au secteur du pétrole, du gaz et du charbon en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente. Plus de la moitié de cette somme a été destinée à des entreprises développant de nouveaux projets fossiles, pourtant jugés incompatibles avec l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C fixé par l’Accord de Paris.

Pour comprendre l’importance de cette évolution française, il faut rappeler le rôle central du secteur bancaire dans le financement de l’économie énergétique. Les banques interviennent à travers des prêts, des émissions obligataires ou encore des opérations de marché permettant aux grandes compagnies pétrolières et gazières de financer leurs investissements. Depuis plusieurs années, les ONG environnementales surveillent ces flux financiers afin d’évaluer la cohérence entre les engagements climatiques affichés par les établissements financiers et leurs activités réelles.

Le rapport Banking on Climate Chaos est devenu, au fil des ans, l’un des principaux baromètres mondiaux en la matière. L’édition 2026 analyse les financements accordés entre 2021 et 2025 par les 65 plus grandes banques de la planète. Elle intervient après une période de fortes critiques adressées au secteur financier. En 2025 déjà, le précédent rapport révélait que les financements mondiaux aux énergies fossiles avaient bondi de 23 % en 2024 pour atteindre 869 milliards de dollars, mettant fin à deux années consécutives de baisse.

Dans ce contexte, la trajectoire française apparaît relativement plus favorable. Selon Reclaim Finance, BNP Paribas, Crédit Agricole et le groupe BPCE ont tous réduit leurs financements consacrés à l’expansion des énergies fossiles en 2025. BNP Paribas affiche notamment une baisse significative de ses soutiens aux nouveaux projets pétroliers et gaziers, tandis que Crédit Agricole et BPCE enregistrent également un recul de leurs engagements.

Cette tendance n’est toutefois pas uniforme. Société Générale constitue l’exception majeure relevée par l’ONG. La banque a augmenté ses financements liés à l’expansion fossile, avec une progression particulièrement marquée dans les secteurs du pétrole, du gaz naturel liquéfié et des infrastructures de transport énergétique. Selon les données du rapport, ses soutiens à la production pétrolière et gazière ont progressé de 29 %, tandis que ceux consacrés aux infrastructures de transport ont presque doublé.

Pour les auteurs du rapport, cette évolution montre que les progrès restent fragiles. Si les montants consacrés aux nouveaux projets d’extraction diminuent globalement en France, certaines activités continuent d’être fortement soutenues, notamment les infrastructures destinées au transport du pétrole et du gaz. Les terminaux de gaz naturel liquéfié, les pipelines et certaines centrales électriques alimentées au gaz demeurent des secteurs attractifs pour plusieurs établissements financiers français.

L’enjeu est d’autant plus important que les infrastructures énergétiques financées aujourd’hui détermineront en partie le mix énergétique mondial des prochaines décennies. Les ONG estiment que chaque nouveau projet pétrolier ou gazier risque de prolonger la dépendance aux énergies fossiles au-delà des échéances recommandées par les experts du climat. C’est pourquoi Reclaim Finance appelle les banques françaises à renforcer leurs politiques sectorielles et à adopter des critères plus stricts afin d’exclure progressivement tout soutien aux projets d’expansion fossile.

Malgré la baisse enregistrée en 2025, la France demeure l’un des principaux financeurs mondiaux du secteur fossile. Le rapport classe encore le pays parmi les six plus importants soutiens bancaires aux énergies fossiles à l’échelle internationale. Cette position témoigne du poids des grands groupes bancaires français sur les marchés financiers mondiaux mais également des difficultés rencontrées par le secteur pour aligner totalement ses activités avec les objectifs climatiques internationaux.

La diminution observée entre 2024 et 2025 constitue néanmoins un signal suivi de près par les observateurs de la transition énergétique. Elle suggère que les engagements pris ces dernières années par certaines banques commencent à produire des effets mesurables. Reste désormais à savoir si cette tendance se confirmera dans les prochaines éditions du rapport ou si elle ne représente qu’une étape intermédiaire dans un mouvement encore largement insuffisant au regard des objectifs climatiques mondiaux.

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