Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a de nouveau porté plainte mercredi 28 octobre à la préfecture de police pour des propos racistes et des menaces de mort. L’élu appelle les personnes visées par des messages haineux à faire de même et à bloquer systématiquement les comptes qui les diffusent, médias compris. Il a convoqué dans la foulée un rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes.
Mercredi matin, Bally Bagayoko a repris le chemin de la préfecture de police. Le maire LFI de Saint-Denis y a déposé plainte pour propos racistes et menaces de mort, a-t-il annoncé sur X. Ce n’était pas une première. Dans une vidéo publiée sur le même réseau, l’élu évoque toute une série de plaintes déjà déposées, rapporte Gentside.
Pour lui, ces attaques dépassent largement son cas personnel. Il estime que la haine a atteint dans nos sociétés des niveaux démesurés.
Bloquer, porter plainte, se rassembler
Bally Bagayoko ne se contente pas de saisir la justice. Il encourage toutes les personnes confrontées à ce type de messages à porter plainte à leur tour. Il invite aussi à bloquer, sur l’ensemble des réseaux sociaux, les comptes qui diffusent la haine, y compris ceux qui appartiennent à des médias.
La précision n’a rien d’anodin. Elle intervient au moment où plusieurs rédactions s’affrontent publiquement sur le traitement de l’attentat de Trappes, entre accusations de fake news, plainte en diffamation et campagne de haine dénoncée par Le Monde contre deux de ses journalistes.
L’élu a donné rendez-vous à 17 h 30 devant la mairie de Saint-Denis pour un rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes et de La Verrière. Il entend y affirmer l’attachement de la population aux valeurs de la République et condamner les propos racistes.
Dans l’ombre de Trappes
Le rassemblement de Saint-Denis s’inscrit dans une série d’hommages. Le vendredi 23 octobre, un homme a ouvert le feu au pistolet-mitrailleur sur des passants à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a été tué. Cinq personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans. Selon le parquet antiterroriste cité par Maire-info, le suspect a reconnu avoir visé des personnes d’origine africaine ou maghrébine. Saint-Denis fait partie des communes qui ont mis leurs drapeaux en berne.
Depuis, le climat ne s’est guère apaisé. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, met en cause la circulation des idées d’extrême droite, qui selon lui arment idéologiquement ceux qui passent à l’acte. L’Association des maires de France a exprimé son indignation et sa solidarité avec les familles touchées.
Les maires en première ligne
Les élus locaux sont les premiers à encaisser ce climat. Ils sont joignables, visibles, souvent seuls face aux messages qu’ils reçoivent. En multipliant les plaintes et en les rendant publiques, Bally Bagayoko fait le choix de la procédure plutôt que du silence. Il fait aussi le pari que la justice suivra.
Le maire de Saint-Denis résume sa position en une phrase : « La haine ne peut plus prospérer. » Reste à savoir combien de plaintes il faudra encore déposer pour qu’elle cesse de pousser.