Présent dans le cortège de la mobilisation lycéenne à Paris, mardi 6 octobre 2026, Bally Bagayoko a été touché par des gaz lacrymogènes lors d’une journée marquée par des affrontements. Le maire LFI de Saint-Denis dénonce la gestion policière du mouvement et interpelle directement Emmanuel Macron et Laurent Nuñez. Redoutant une aggravation des violences, il réclame l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations lycéennes.
Les images ont circulé sur les réseaux sociaux. Mardi 6 octobre, au cours d’une manifestation lycéenne organisée à Paris, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et figure de La France insoumise, a été exposé à des gaz lacrymogènes alors qu’il participait au cortège.
Sur les séquences diffusées en ligne, l’élu apparaît visiblement incommodé, les yeux irrités et éprouvant des difficultés à se déplacer. Des personnes présentes autour de lui lui administrent du sérum physiologique pour tenter de soulager les effets des gaz.
L’incident s’est produit lors de la troisième journée de mobilisation des lycéens, marquée par de nouveaux heurts dans la capitale. Plusieurs responsables politiques avaient rejoint les manifestants, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Olivier Faure.
À la suite de cet épisode, Bally Bagayoko a vivement critiqué la réponse apportée par les autorités au mouvement de contestation. Il estime que le recours aux forces de l’ordre ne peut constituer, à lui seul, une réponse aux revendications exprimées par les jeunes mobilisés.
« L’envoi de la police ne sera jamais une réponse politique »
Pour le maire de Saint-Denis, la priorité doit désormais être donnée au dialogue entre le gouvernement et les représentants des lycéens.
L’élu appelle directement le président Emmanuel Macron et Laurent Nuñez à intervenir afin d’apaiser les tensions.
« Il faut qu’ils appellent clairement à la désescalade et qu’ils annoncent tout de suite l’ouverture de négociations avec des organisations de lycéens », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Gentside.
Bally Bagayoko considère que le maintien d’une réponse essentiellement sécuritaire risque d’aggraver la situation plutôt que de favoriser un retour au calme.
« L’envoi de la police ne sera jamais une réponse politique », insiste-t-il.
Le maire affirme condamner les agressions dont il dit avoir été victime, mais également certaines interventions policières auxquelles il assure avoir assisté pendant la manifestation.
Ses déclarations mettent en cause la stratégie de maintien de l’ordre déployée lors de cette mobilisation. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de reconstituer les circonstances précises dans lesquelles les gaz lacrymogènes ont été utilisés.
Des accusations de violences et un avertissement au gouvernement
Au-delà de son expérience personnelle, Bally Bagayoko dénonce plus largement les conséquences de certaines interventions des forces de l’ordre sur les participants aux manifestations.
Selon lui, le dispositif policier contribuerait à renforcer la colère des manifestants et à multiplier les situations de confrontation.
« L’envoi de la police accentue l’indignation et ça crée ce que l’on voit, c’est-à-dire des gens qui se font gazer pour un oui, pour un non, voire même qui sont frappés et blessés gravement », affirme l’élu.
Ces accusations, formulées par le maire de Saint-Denis, appellent à être distinguées d’un bilan établi par une enquête indépendante ou par les autorités judiciaires.
Bally Bagayoko adresse surtout un avertissement à l’exécutif sur les conséquences possibles de la poursuite des affrontements.
« Nous risquons d’avoir un drame », prévient-il, avant d’ajouter : « Si on a un drame humain, la République aura ça en plus sur le dos. »
Une troisième journée de mobilisation sous tension à Paris
La manifestation du 6 octobre constituait la troisième journée de mobilisation des lycéens, dans un contexte de tensions persistantes entre les participants et les forces de l’ordre.
La présence de plusieurs personnalités politiques nationales dans le cortège parisien a donné une visibilité supplémentaire au mouvement.
Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, Marine Tondelier, figure des Écologistes, et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, figuraient parmi les responsables politiques présents.
Sources :
Reuters — French mayor caught in viral video clash says student protesters ‘could be my children’ — 7 octobre 2026.
RTL — « Nous risquons d’avoir un drame » : la colère de Bally Bagayoko — 6 octobre 2026
Le Parisien — Jeunes cagoulés, gaz lacrymogène… Bally Bagayoko sur le devant de la scène — 7 octobre 2026.
TF1 Info — Colère des lycéens : le résumé de la mobilisation du 6 octobre — 6 octobre 2026.