Aubagne : un collégien de 14 ans ouvre le feu dans son établissement, le principal et une enseignante blessés

Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu, lundi 12 octobre, dans le collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Armé d’un fusil de chasse dissimulé dans un étui à guitare, l’élève a blessé le principal et une enseignante avant d’être maîtrisé par des membres du personnel. Une enquête pour tentatives d’assassinat a été ouverte par le parquet de Marseille.

La matinée a basculé dans la violence, ce lundi 12 octobre, au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Vers 9 heures, un élève de troisième âgé de 14 ans a pénétré dans son établissement scolaire avec un fusil de chasse de calibre 12, soigneusement dissimulé dans un étui à guitare. Quelques instants plus tard, plusieurs coups de feu ont retenti dans les couloirs, blessant deux membres de la communauté éducative.

Selon les informations rapportées par Le Parisien, confirmées par le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, l’adolescent a commencé à tirer dans les espaces communs du premier étage. Une ou deux détonations ont alors été entendues, atteignant le principal du collège et une enseignante qui se trouvaient dans le couloir.

Les deux victimes ont été blessées aux membres inférieurs. Rapidement prises en charge par les secours, elles ont été transportées à l’hôpital. Leur pronostic vital n’est pas engagé, selon les premières informations communiquées par les autorités judiciaires.

Plusieurs tirs dans les couloirs et une salle de classe

L’attaque ne s’est pas arrêtée au premier étage. Après avoir blessé les deux adultes, le collégien s’est dirigé vers le deuxième niveau de l’établissement, où il a de nouveau fait usage de son arme.

D’après les précisions apportées par Nicolas Bessone, l’adolescent a tiré une première fois en direction du sol, devant une professeure. Il a ensuite fait feu à l’intérieur d’une salle de classe occupée par des élèves, le projectile atteignant le tableau.

Ces nouveaux tirs n’ont fait aucune victime supplémentaire. Les enseignantes et les collégiens présents lors de cette séquence ont néanmoins été profondément choqués par les événements.

L’adolescent a finalement été maîtrisé par des membres du personnel alors qu’il redescendait les escaliers. Les forces de l’ordre, rapidement dépêchées sur place, ont procédé à son interpellation.

Les élèves ont été mis en sécurité à l’intérieur de l’établissement. La plupart ont ensuite pu retrouver leurs familles, a précisé le procureur de Marseille.

Un adolescent inconnu des services de police

Le profil du suspect et les raisons de son passage à l’acte constituent désormais des éléments centraux de l’enquête. Selon Le Parisien, le collégien de 14 ans était jusqu’alors inconnu des services de police. Après son interpellation, il aurait affirmé être « harcelé par le collège », une déclaration dont la portée et les circonstances devront être examinées par les enquêteurs.

À ce stade, aucun élément communiqué ne permet d’établir précisément les motivations de l’adolescent ni de déterminer les circonstances dans lesquelles il s’est procuré le fusil de chasse utilisé lors de l’attaque.

Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d’assassinat », confiée à la brigade criminelle de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS).

Les investigations devront notamment permettre de reconstituer le déroulement des tirs, d’examiner leur caractère intentionnel et de comprendre ce qui a conduit cet élève de troisième à introduire une arme à feu dans son collège.

Une source citée par Le Parisien précise par ailleurs que cette attaque ne présente aucun lien avec les mouvements de contestation touchant certains lycées. Le collège Joseph-Lakanal n’était pas concerné par les blocages.

Une cellule d’aide aux victimes mobilisée

Au-delà des deux adultes blessés, les conséquences psychologiques de cette attaque concernent également les élèves et les personnels qui ont assisté aux tirs ou entendu les détonations.

Le parquet de Marseille a saisi l’Association d’aide aux victimes (AVAD), dont les représentants se sont rendus sur place afin d’accompagner les personnes touchées par les événements.

L’intervention de cette structure doit permettre d’apporter un soutien aux victimes directes, mais également aux membres de la communauté scolaire confrontés à cette scène de violence.

L’établissement a ainsi été le théâtre d’une attaque au cours de laquelle plusieurs coups de feu ont été tirés dans des espaces de circulation et jusque dans une salle de classe occupée.

Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale envoyés à Aubagne

La gravité des faits a provoqué une réaction immédiate au sommet de l’État. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ainsi qu’au ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, de se rendre à Aubagne.

Matignon a confirmé l’interpellation du collégien, tout en rappelant que le principal et une professeure avaient été visés par des tirs d’arme à feu au cours de la matinée.

Sur le réseau social X, Édouard Geffray a condamné « un acte inadmissible », exprimant son soutien à l’ensemble de la communauté éducative.

« Face à cette nouvelle attaque, l’Éducation nationale sera, comme toujours, unie et forte, autour d’une communauté éducative éprouvée », a déclaré le ministre.

Il a également dénoncé le développement d’une violence qu’il qualifie de « débridée » dans la société, appelant à une mobilisation collective contre ce phénomène, aussi bien dans les paroles que dans les actes.

L’enquête judiciaire doit désormais établir les circonstances exactes de cette attaque, notamment la préparation éventuelle des faits et les motivations du jeune suspect. Le principal et l’enseignante blessés restent, quant à eux, hors de danger selon les premières informations communiquées par le parquet.

Sources :

Le Parisien : Le principal d’un collège d’Aubagne et une enseignante blessés par des tirs de fusil de chasse, un collégien interpellé.

BFMTV : Le principal d’un collège à Aubagne blessé par balle par un tir de fusil de chasse.