Attentat raciste à Trappes : le père de Pengo Bossio Wangi réclame justice et appelle la France à combattre la haine

Après la mort de son fils Pengo Bossio Wangi, 26 ans, tué le 23 octobre lors de l’attentat raciste de Trappes, Bolema Bossio Wangi appelle à une mobilisation nationale contre le racisme. Alors qu’Emmanuel Macron envisage un hommage aux victimes, ce père endeuillé demande que le recueillement s’accompagne d’actes concrets. Malgré sa douleur et ses inquiétudes pour l’avenir de ses enfants, il réaffirme sa confiance dans la justice française.

La douleur d’un père face à la violence raciste, mais aussi la volonté de transformer un drame familial en prise de conscience collective. Lundi 2 novembre 2026, Bolema Bossio Wangi s’est exprimé lors d’une conférence de presse organisée à Trappes, dans les Yvelines, après la mort de son fils Pengo Bossio Wangi, tué à 26 ans dans l’attentat raciste du 23 octobre.

Submergé par l’émotion, le père de la victime a laissé sa fille, Ambre Banguid, lire l’essentiel de sa déclaration. Un texte dans lequel il évoque la mémoire de son fils, ses propres souvenirs du racisme en France et les inquiétudes que suscite aujourd’hui la montée des tensions identitaires.

Alors que le président de la République envisage un hommage national aux victimes de l’attaque, la famille souhaite que cette cérémonie dépasse la seule dimension symbolique. Pour Bolema Bossio Wangi, elle doit devenir un moment de mobilisation contre les discriminations et les violences motivées par la haine raciale.

Un père marqué par le racisme depuis les années 1980

Dans sa déclaration, Bolema Bossio Wangi revient sur son parcours personnel et sur les violences racistes dont il a été témoin au cours de sa jeunesse en France.

Issu de l’immigration africaine, il se souvient notamment des agressions visant les populations noires et maghrébines durant les années 1980 et 1990. Des violences qu’il espérait appartenir à une époque révolue.

Plusieurs décennies plus tard, la mort de son fils vient raviver ces souvenirs douloureux. Le père établit un parallèle entre les agressions racistes de sa jeunesse et le meurtre de Pengo Bossio Wangi, qu’il attribue à la persistance d’une même haine.

Il exprime également son inquiétude face au climat social actuel. Dans une France traversée par de fortes tensions autour des questions d’identité et d’immigration, il reconnaît craindre désormais pour la sécurité de ses autres enfants.

Pour autant, Bolema Bossio Wangi et la mère de Pengo refusent de céder à la vengeance. Ils entendent faire confiance à la justice et souhaitent que la mort de leur fils contribue à sensibiliser davantage la société aux conséquences du racisme.

Le père met également en cause le rôle de certains discours médiatiques et politiques, qu’il estime responsables de la banalisation des préjugés et de l’hostilité envers les personnes issues de l’immigration.

Un hommage national qui doit dépasser le recueillement

La perspective d’un hommage national aux victimes de l’attentat constitue un autre point central de la déclaration familiale.

Bolema Bossio Wangi accueille cette possibilité comme une reconnaissance de la gravité du drame, mais considère qu’une cérémonie officielle ne saurait suffire.

Il souhaite que cet hommage s’accompagne d’une réflexion sur les mécanismes qui favorisent la propagation des discours racistes et sur les moyens de prévenir de nouvelles violences.

Au-delà de la mémoire des victimes, son appel porte sur la responsabilité collective face aux discriminations. Il rappelle son attachement à la France, à ses institutions et aux valeurs républicaines, particulièrement à la fraternité.

Cette fidélité aux principes républicains demeure au cœur de son message, malgré l’épreuve traversée par sa famille.

À la fin de la conférence de presse, le père de Pengo Bossio Wangi a brièvement pris la parole. Très ému, il a exprimé son souhait de justice et de paix, avant de rendre hommage à son fils, qu’il a décrit comme un être profondément bon.

Ses mots ont donné une dimension particulièrement intime à cette intervention publique, rappelant que derrière les débats sur le racisme et la sécurité se trouve d’abord une famille frappée par la disparition brutale d’un jeune homme.

Sept blessés et un suspect placé en détention provisoire

L’attentat de Trappes s’est produit le 23 octobre 2026. Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, a été mortellement atteint au cours de cette attaque, qui a également fait sept blessés, parmi lesquels plusieurs personnes d’origine africaine ou maghrébine.

Le suspect, désigné sous le nom de Kevin T., est un homme de 39 ans. Il a été mis en examen puis placé en détention provisoire.

Le Parquet national antiterroriste a indiqué que l’attaque avait été préparée, soulignant ainsi la dimension préméditée des faits examinés par les enquêteurs.

L’instruction doit notamment permettre de préciser le déroulement de l’attaque, les motivations du suspect et les circonstances ayant précédé son passage à l’acte.

Un élément antérieur au drame retient particulièrement l’attention : trois jours avant l’attentat, le 20 octobre, Kevin T. avait déjà été interpellé à la suite de violences commises contre un automobiliste dans une station-service de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine.

Cette interpellation a été confirmée par le parquet de Nanterre.

Selon les informations rapportées par Mediapart, la personne agressée aurait été un homme noir. Le parquet n’était toutefois pas en mesure de confirmer cette précision au moment des informations publiées par Le Monde.

Cet épisode soulève des interrogations sur le comportement du suspect dans les jours ayant précédé l’attentat et sur les éventuels signes annonciateurs de violences plus graves.

La famille se constituera partie civile

La famille de Pengo Bossio Wangi entend participer activement à la procédure judiciaire.

Son avocate, Me Zineb Alami, a annoncé que Bolema Bossio Wangi et ses proches se constitueraient partie civile, afin de faire valoir leurs droits et de suivre le déroulement de l’instruction.

L’avocate souhaite que l’enquête permette d’établir précisément les motivations idéologiques de l’auteur présumé et les circonstances de son passage à l’acte.

Elle estime que l’attentat s’inscrit dans un contexte plus large de diffusion des discours racistes, dont elle dénonce les conséquences sur le climat social.

Me Alami met notamment en cause certaines prises de parole issues de l’extrême droite ainsi que leur médiatisation, qu’elle considère comme susceptibles d’alimenter la haine envers les minorités.

Ces accusations relèvent de son analyse du contexte politique et social. La détermination des motivations individuelles du suspect et des éventuelles responsabilités pénales appartient à l’enquête judiciaire.

L’avocate a également exprimé la déception de son client face à l’absence de contact direct avec le gouvernement. Selon elle, aucun membre de l’exécutif n’avait pris attache avec le père de Pengo Bossio Wangi au moment de la conférence de presse.

Une situation qui aurait profondément peiné la famille, alors même que la possibilité d’un hommage national était évoquée au plus haut niveau de l’État.

Une famille déterminée à obtenir justice et reconnaissance

Au-delà de la procédure pénale, les proches de Pengo Bossio Wangi souhaitent que son décès contribue à une prise de conscience durable sur les violences racistes en France.

Leur démarche associe une exigence de justice, un appel à la responsabilité publique et la volonté de préserver la mémoire du jeune homme.

La famille insiste sur son attachement à la société française et sur la nécessité de garantir à chacun les mêmes droits et la même sécurité, indépendamment de son origine ou de sa couleur de peau.

Le message de Bolema Bossio Wangi prend ainsi une portée qui dépasse le seul cadre familial. Il interroge la capacité des institutions et de la société à répondre aux violences motivées par le racisme, mais aussi à entendre les inquiétudes des citoyens qui s’en estiment menacés.

Alors que l’enquête se poursuit et que les autorités envisagent un hommage national, les proches de Pengo Bossio Wangi attendent désormais des réponses judiciaires et une reconnaissance publique à la hauteur de la gravité des faits.

Sources :

Le Monde avec AFP – Attentat raciste à Trappes : le père de Pengo Bossio Wangi appelle à une prise de conscience et à un engagement contre le racisme (2 novembre 2026).

Le Monde – Avant son attentat raciste à Trappes, l’assaillant avait été interpellé trois jours avant pour des violences sur un automobiliste (29 octobre 2026).

Le Monde – À Trappes, l’espoir d’un réveil des Français (31 octobre 2026).