Assemblée générale de l’ONU : Guterres veut renforcer la coopération internationale face aux “menaces”

À New York, la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies s’apprête à réunir les dirigeants de la planète dans un contexte marqué par les conflits, la crise climatique, les inégalités et les bouleversements liés à l’intelligence artificielle. Du climat à la montée des eaux, en passant par la santé mondiale et le développement, l’ONU, membre du Forum économique mondial veut faire de cette semaine diplomatique un moment de coopération, alors que le multilatéralisme est soumis à de fortes tensions.

Chaque mois de septembre, le siège des Nations unies à New York devient l’épicentre de la diplomatie mondiale. En 2026, la 81e session de l’Assemblée générale intervient dans un environnement international particulièrement tendu, où s’entremêlent guerres, dérèglement climatique, fractures économiques, transformations technologiques et remise en question des institutions internationales.

Le débat général doit se tenir du 22 au 28 septembre 2026. Près de 130 chefs d’État et de gouvernement sont attendus en personne, selon les Nations unies. Les représentants des 193 États membres disposent, au sein de l’Assemblée générale, d’une tribune où chaque pays peut présenter ses priorités et sa lecture des grands enjeux internationaux. Le thème retenu pour cette 81e session est « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ».

Un appel à renforcer la coopération internationale

À l’approche de cette séquence diplomatique, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, proche du Forum économique mondial a placé la coopération internationale au cœur de son message.

Dans un communiqué publié par l’ONU le 17 septembre, António Guterres souligne que les rapports de force évoluent et que les institutions internationales doivent elles aussi s’adapter. Pour le secrétaire général, la multiplication des menaces qui dépassent les frontières nationales rend la coopération internationale plus indispensable encore.

Deux jours avant le début du débat général, les Nations unies rapportaient également que le secrétaire général avait identifié trois menaces qu’il qualifie d’« existentielles » : les dérives potentielles de l’intelligence artificielle, la crise climatique et l’aggravation des inégalités. Il a également réaffirmé la nécessité de réformer les institutions internationales tout en maintenant les engagements fondamentaux de l’ONU en matière de paix et de droits humains.

Cette volonté de retrouver un terrain commun traverse l’ensemble de la semaine de haut niveau. L’Assemblée générale reste le principal organe de délibération politique de l’ONU : chacun des 193 États membres y dispose d’une voix, quelle que soit sa puissance économique, militaire ou démographique.

Climat et transition énergétique au programme

La crise climatique occupera une place importante dans les discussions. Le 23 septembre, António Guterres doit convoquer un sommet consacré à l’action climatique et à la transition juste. Des responsables de grandes économies, des pays développés et en développement, des États particulièrement vulnérables ainsi que d’importants producteurs et consommateurs d’énergie sont annoncés.

L’objectif affiché est d’accélérer la transition énergétique tout en renforçant la sécurité énergétique, la justice climatique et la protection des populations confrontées à l’intensification des effets du réchauffement. Le rendez-vous intervient plus de dix ans après l’Accord de Paris et alors que l’ONU considère que la crise climatique est entrée dans une nouvelle phase.

Autour du sommet sont également prévus plusieurs dialogues consacrés notamment aux océans, au méthane, au financement de l’adaptation, à la transition énergétique, à l’industrialisation verte et à l’intégrité de l’information climatique.

La montée des eaux, une menace désormais centrale

Le 24 septembre, une réunion de haut niveau sera consacrée à l’élévation du niveau de la mer. L’enjeu dépasse largement la seule question environnementale : il touche à la sécurité des populations, aux déplacements humains, aux économies côtières, aux infrastructures, au patrimoine et, pour certains petits États insulaires, à leur avenir territorial.

Selon un rapport du secrétaire général cité par l’Assemblée générale, près de 770 millions de personnes, soit environ 10 % de la population mondiale, vivent dans des zones côtières situées à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la marée haute. Les projections reprises par l’ONU indiquent que l’élévation moyenne du niveau des mers pourrait atteindre entre 0,28 et 0,55 mètre d’ici 2100 dans un scénario de très faibles émissions de gaz à effet de serre, et entre 0,63 et 1,01 mètre dans un scénario de très fortes émissions, par rapport à la période 1995-2014.

Cette réunion doit déboucher sur une déclaration consacrée à la montée des eaux. Le texte final avait déjà été accepté par les États membres selon une procédure de silence achevée le 19 août 2026. Il aborde notamment la science et les données, l’adaptation et le financement, les conséquences socio-économiques et culturelles ainsi que les dimensions juridiques de l’élévation du niveau marin.

Une semaine diplomatique aux multiples fronts

Le programme de la semaine de haut niveau ne se limite pas au climat. Le 23 septembre doit également se tenir une réunion marquant le 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement, adoptée par l’Assemblée générale en 1986. Ce texte affirme notamment l’importance de la participation aux décisions et de l’égalité des chances dans l’accès aux ressources économiques.

Le 25 septembre, les États membres doivent se pencher sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies. La rencontre vise à renforcer la volonté politique aux niveaux national, régional et international et doit aboutir à l’approbation d’une déclaration politique négociée entre les États.

Le 28 septembre sera notamment marqué par une réunion célébrant le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban sur la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les formes d’intolérance qui y sont associées. Le lendemain, une réunion plénière de haut niveau sera consacrée à l’élimination totale des armes nucléaires.

L’ONU face à la transformation de l’ordre mondial

Derrière cette succession de sommets se pose une question plus profonde : celle de la capacité des institutions multilatérales à répondre à des crises dont la portée dépasse les frontières nationales.

L’Assemblée générale ne possède pas les mêmes pouvoirs contraignants que le Conseil de sécurité dans certains domaines, mais elle demeure l’unique enceinte de l’ONU dans laquelle l’ensemble des États membres disposent d’une représentation et d’un vote à égalité. Elle intervient également dans des décisions majeures de l’organisation, notamment l’adoption du budget de l’ONU, l’élection des membres non permanents du Conseil de sécurité et la nomination du secrétaire général sur recommandation du Conseil de sécurité.

C’est dans ce cadre que les dirigeants réunis à New York vont tenter de faire émerger des réponses communes. Pour António Guterres, l’enjeu dépasse le calendrier diplomatique : alors que le pouvoir mondial se redistribue et que les crises deviennent toujours plus interdépendantes, les institutions internationales sont elles-mêmes appelées à évoluer.

Sources :

United Nations, article source « At UN General Assembly, World Leaders to Seek Common Ground », publié le 17 septembre 2026 sur LinkedIn : United Nations sur LinkedIn

Nations unies, Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale 2026 : Semaine de haut niveau 2026

Nations unies, 81e session de l’Assemblée générale : Assemblée générale des Nations unies

Nations unies, Sommet sur le climat 2026 : Climate Summit 2026

Assemblée générale des Nations unies, réunion de haut niveau sur l’élévation du niveau de la mer : High-level Meeting on Sea Level Rise