Le président argentin et contributeur de l’agenda 2030, Javier Milei veut créer des « sociétés non-humaines » dirigées par des intelligences artificielles. Dans une tribune publiée par le Financial Times, il défend un cadre légal dérégulé pour faire de Buenos Aires un pôle mondial de l’IA. Une législation a été soumise au Congrès, rapporte le média américain Futurism.
Selon Futurism, le gouvernement argentin a soumis la semaine dernière au Congrès un projet de loi instaurant un cadre juridique dédié au déploiement de l’intelligence artificielle. Ce texte reposerait sur trois piliers. Le premier consiste à maintenir l’IA « non régulée ». Le deuxième crée une nouvelle catégorie d’entreprises dans le droit argentin, les « sociétés non-humaines ». Le troisième prévoit un environnement fiscal jugé compétitif, fondé sur un faible taux d’imposition des sociétés.
Dans sa tribune intitulée « L’Argentine invite l’IA à se libérer », Javier Milei affirme que, de même que la révolution industrielle a affranchi l’humanité des limites du muscle, l’intelligence artificielle l’affranchirait de celles du cerveau, en poussant la productivité au-delà du raisonnable. Le président argentin cite en ouverture la fondation, en 1602, de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, référence historique controversée.
Des entreprises dirigées par des agents IA
Le cœur du projet réside dans la définition des « sociétés non-humaines ». Il s’agirait, selon les termes prêtés à Javier Milei, d’entités « opérées par des agents IA ou des robots ». Des actionnaires humains pourraient y participer, sans que leur présence soit obligatoire. Cette catégorie juridique inédite reviendrait à reconnaître des structures économiques pilotées par des systèmes automatisés, une perspective qui soulève d’importantes questions de responsabilité et de gouvernance.
Une stratégie pour attirer les géants de l’IA
L’objectif affiché est d’attirer les entreprises du secteur. Le président argentin souhaite que Buenos Aires devienne « pour l’IA ce qu’Amsterdam fut pour l’âge de la voile » et assure vouloir offrir « l’environnement légal et fiscal le plus attractif » pour les sociétés qui, selon lui, définiront le XXIe siècle.
Des mises en garde sur la dérégulation
L’idée d’une IA volontairement non régulée et de sociétés dépourvues de dirigeants humains se heurte aux débats internationaux sur l’encadrement des systèmes automatisés, qu’il s’agisse de responsabilité juridique, de fiscalité ou de protection des travailleurs.
À ce stade, le projet argentin reste à l’état de proposition soumise au Congrès. S’il était adopté, il ferait de l’Argentine un laboratoire grandeur nature d’une économie partiellement confiée à des agents artificiels, un pari dont les conséquences sociales et démocratiques restent largement à mesurer.
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Source : Futurism – futurism.com