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André Santini Maire décédé d'Issy-les-Moulineaux. Photo : Wikimédia.

André Santini : mort du maire d’Issy-les-Moulineaux, figure politique des Hauts-de-Seine depuis 46 ans

André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, franc-maçon et figure emblématique de la droite centriste française, est mort à l’âge de 85 ans dans la nuit de dimanche à lundi. Longtemps considéré comme l’un des édiles les plus influents des Hauts-de-Seine, il laisse derrière lui une carrière politique de près d’un demi-siècle, marquée par la transformation profonde de sa ville et de nombreuses polémiques.

La disparition d’André Santini met fin à une longévité politique exceptionnelle : 46 années à la tête d’Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine. Élu maire en 1980 après avoir été premier adjoint, il n’a jamais quitté son fauteuil municipal, remportant neuf mandats successifs, jusqu’à sa dernière élection en mars 2026, dans un contexte déjà marqué par un état de santé fortement dégradé.

Né le 20 octobre 1940 à Paris, il s’était imposé comme une figure centrale de la vie politique locale et nationale, passant également par l’Assemblée nationale et plusieurs fonctions ministérielles sous Jacques Chirac et François Fillon. Mais c’est surtout à Issy-les-Moulineaux qu’il a construit son héritage politique.

Selon Le Parisien, la ville est littéralement devenue « lui » au fil des décennies, tant son action a façonné son développement urbain et économique. Il a notamment engagé une transformation des anciennes friches industrielles des bords de Seine, en misant sur l’architecture contemporaine et les technologies.

Parmi les entreprises attirées dans la commune figurent de grands groupes internationaux comme Microsoft, Orange, Capgemini ou encore Warner Bros, faisant d’Issy-les-Moulineaux un pôle économique stratégique de la métropole parisienne.

Une carrière politique nationale et une personnalité marquante

Au-delà de la mairie, André Santini a occupé plusieurs fonctions gouvernementales. Sous la cohabitation de 1986 à 1988, il a été secrétaire d’État aux rapatriés puis ministre délégué à la communication. En 2007, il est nommé secrétaire d’État chargé de la fonction publique dans le gouvernement de François Fillon, poste qu’il conserve jusqu’en 2009.

Député pendant plus de vingt ans, il s’est aussi forgé une réputation singulière à l’Assemblée nationale, où il était connu pour ses bons mots, ses colères et son humour parfois mordant. Plusieurs médias l’avaient même désigné comme « député le plus drôle », illustrant une personnalité politique à la fois clivante et médiatique.

Proche de figures comme Charles Pasqua, il avait rejoint Issy-les-Moulineaux à la fin des années 1970 avant de succéder au maire Raymond Menand en 1980. Son ascension locale s’est rapidement doublée d’une présence nationale.

Entre influence locale, controverses et affaires judiciaires

La carrière d’André Santini n’a cependant pas été exempte de polémiques. Selon plusieurs sources judiciaires et médiatiques, il a été condamné à plusieurs reprises pour injures publiques dans des affaires impliquant des opposants politiques.

Il a également été mêlé à l’affaire dite « Hamon », liée à la gestion d’un syndicat mixte de l’Île-Saint-Germain. Relaxé en appel en 2018 après de longues années de procédure, il avait auparavant été condamné en première instance pour détournement de fonds publics aux côtés de Charles Pasqua.

Plus récemment, des plaintes pour harcèlement et agression sexuelle ont été déposées à son encontre, des procédures encore en cours au moment de son décès, selon Le Parisien et Le Figaro.

Ces affaires n’ont toutefois pas empêché sa réélection régulière, illustrant une assise politique locale particulièrement solide malgré les controverses.

Une figure locale devenue symbole d’une époque politique

Personnalité souvent décrite comme autoritaire, directe et volontiers provocatrice, André Santini laisse une empreinte durable sur Issy-les-Moulineaux, qu’il a transformée en ville connectée et économiquement dynamique.

Dans les Hauts-de-Seine, il faisait partie des plus anciens maires encore en fonction, aux côtés d’autres édiles installés depuis la fin des années 1970. Son décès marque la fin d’une génération d’élus locaux dont la longévité politique était devenue un marqueur du paysage institutionnel français.

Sources :

L’Express 
Le Parisien
Le Figaro
L’Obs

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