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L'Alta Floresta, entre l'Amazonie et le Pantanal, au Brésil. Photo : Logo La Route des Voyages.

Amazonie : la déforestation brésilienne tombe à son plus bas niveau depuis 2019 malgré des menaces persistantes

La déforestation en Amazonie brésilienne a reculé en 2025 pour atteindre son niveau le plus bas depuis 2019, selon le réseau MapBiomas. Si les chiffres sont en nette amélioration sous l’effet du renforcement des contrôles, les experts rappellent que la pression agricole reste massive et que la forêt continue de disparaître à un rythme préoccupant.

La forêt amazonienne du Brésil montre des signes de répit. Selon un rapport publié le 27 mai 2026 par le réseau de surveillance MapBiomas, la déforestation a reculé en 2025 pour atteindre environ 985 000 hectares détruits sur l’ensemble du territoire brésilien, soit une baisse de 20,6 % par rapport à l’année précédente.

Ce niveau constitue le plus bas enregistré depuis 2019, année du début des relevés consolidés de MapBiomas. Pour la première fois, la surface déboisée annuelle passe sous la barre symbolique du million d’hectares, un seuil observé comme un indicateur majeur de la pression exercée sur la forêt tropicale.

Mais derrière cette amélioration statistique, les données restent préoccupantes. Le rapport rappelle qu’environ « cinq arbres par seconde » continuent d’être arrachés dans la région amazonienne, soulignant la persistance d’un rythme de destruction particulièrement élevé malgré les efforts de réduction.

Une baisse attribuée au renforcement des contrôles

Les experts de MapBiomas mettent en avant un facteur central dans cette évolution : l’intensification des politiques de contrôle environnemental. Selon Marcos Rosa, coordinateur technique du réseau, cité par l’AFP, « nous avons constaté une hausse du contrôle et des sanctions (…) qui ont une relation directe avec la baisse de la déforestation dans tous les biomes brésiliens ».

Le rapport indique que 65 % des zones identifiées comme en perte de végétation en 2025 ont fait l’objet d’interventions des autorités, contre 54 % en 2024 et seulement 5 % en 2019, ce qui illustre une montée progressive de la réponse institutionnelle face aux infractions environnementales.

Cette dynamique est associée aux politiques menées sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva, revenu au pouvoir avec la promesse de restaurer la protection de l’Amazonie et d’éradiquer la déforestation illégale d’ici 2030, malgré son incarcération dans le cadre du scandale Petrobas.

L’agriculture, principal moteur de la déforestation

Malgré la baisse globale, les causes de la destruction forestière restent largement inchangées. Selon MapBiomas, 99 % de la surface déboisée en 2025 est liée à l’expansion agricole. L’élevage et les cultures industrielles continuent ainsi de constituer la principale pression sur les écosystèmes amazoniens.

Le biome le plus touché reste le Cerrado, une vaste savane située au sud de l’Amazonie, qui concentre plus de la moitié des pertes de végétation au Brésil. Même si la déforestation y recule de 16,9 % sur un an, la pression y demeure particulièrement forte.

Dans l’Amazonie elle-même, la déforestation recule de 23,5 % en 2025 par rapport à 2024, pour atteindre environ 290 000 hectares, son plus bas niveau depuis le début des relevés.

Un équilibre encore fragile

Les organisations environnementales saluent ces résultats tout en appelant à la prudence. Plusieurs ONG soulignent que ces progrès pourraient être fragilisés par des décisions politiques récentes, notamment l’adoption de mesures législatives susceptibles d’affaiblir certains dispositifs de contrôle environnemental.

Par ailleurs, le soutien du gouvernement brésilien à des projets d’exploration pétrolière offshore au large de l’Amazonie suscite des critiques, certains y voyant une contradiction avec les engagements climatiques affichés par Brasília.

Les scientifiques rappellent également que l’Amazonie reste un écosystème critique pour le climat mondial. En cas de poursuite de la déforestation, certains experts redoutent un point de bascule écologique aux conséquences globales irréversibles.

Sources :
Franceinfo
Le Monde
Reporterre

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