Siège social d'Amazon à Seattle, dont la capitalisation boursière a franchi les 3 000 milliards de dollars

Amazon : 3 000 milliards de dollars, le compte est bon

Lundi 3 août 2026, l’action Amazon a grimpé jusqu’à 287,20 dollars en séance, un plus haut historique qui a fait franchir au groupe le seuil des 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière pour la première fois. Le titre s’est envolé de plus de 21 % depuis la publication de résultats trimestriels jugés exceptionnels, jeudi, portés par la croissance record du cloud AWS. Le GAFAM membre du WEF devient ainsi la cinquième entreprise cotée à franchir ce cap, après Apple, Microsoft, Nvidia et Alphabet, autres entreprises proches du Forum.

L’action Amazon valait 284 dollars vendredi soir à la clôture de Wall Street. Lundi, en cours de séance, elle a touché 287,20 dollars, selon les données rapportées par Investing.com, avant de refluer légèrement en fin d’après-midi. Vers 14h45, heure de New York, le titre évoluait à 285,69 dollars, en hausse de plus de 5 %, rapporte l’agence Belga. En quatre séances, le groupe fondé par Jeff Bezos a gagné environ 500 milliards de dollars de capitalisation, soit à peu près l’équivalent d’une entreprise du CAC 40 parmi les plus valorisées, apparue en quelques jours à la table de Wall Street.

Il aura fallu un peu plus de deux ans à Amazon pour passer de 2 000 à 3 000 milliards de dollars, après avoir franchi le premier seuil en juin 2024, selon Zonebourse. De quoi remettre les pendules à l’heure sur ce que signifie encore croissance à cette échelle.

AWS carbure, la maison suit

Le déclencheur de l’emballement boursier remonte à jeudi, jour de publication des résultats du deuxième trimestre. Amazon a annoncé un chiffre d’affaires de 200,6 milliards de dollars, en hausse de 20 % sur un an, selon les chiffres publiés par le groupe et relayés par Investing.com. Mais c’est la division cloud, Amazon Web Services (AWS), qui a fait décoller le titre : sa croissance a atteint 36,7 % sur un an, un rythme inédit depuis dix-huit trimestres. Le rythme annualisé de revenus d’AWS s’établit désormais à 169 milliards de dollars, avec un carnet de commandes de 496 milliards de dollars.

Longtemps vue comme la discrète vache à lait derrière la vitrine du commerce en ligne, AWS s’impose aujourd’hui comme le moteur qui tire toute la mécanique.

Le pari de l’intelligence artificielle, chiffré en dizaines de milliards

Amazon a multiplié les engagements dans l’intelligence artificielle ces derniers mois : un investissement pouvant atteindre 50 milliards de dollars dans OpenAI, dont une tranche de 35 milliards finalisée cet été, et un renforcement de son partenariat avec la start-up Anthropic en avril, selon Zonebourse. Une stratégie que les marchés semblent, pour l’heure, juger payante, contrairement aux dépenses massives d’autres géants technologiques dont les investisseurs attendent toujours un retour tangible.

Plusieurs bureaux d’analystes ont relevé leurs objectifs de cours dans la foulée des résultats, dont Morgan Stanley, RBC Capital, Roth Capital, Telsey Advisory et BNP Paribas. Cette dernière évoque, dans une note relayée par Investing.com, « une valorisation autonome de 1 000 milliards de dollars » pour la seule division AWS.

Amazon, dans le cercle très fermé des géants, et de Davos

Avec ce seuil franchi, Amazon, entreprise membre du Forum économique mondial, rejoint un club restreint : Apple, Microsoft, Alphabet et Nvidia, ce dernier culminant à près de 5 000 milliards de dollars et conservant la première place mondiale, selon Zonebourse. Le directeur général d’Amazon, Andy Jassy, s’était rendu à la réunion du Forum économique mondial de Davos en janvier 2026, où il avait évoqué la stratégie du groupe en matière d’intelligence artificielle et de cloud, selon une retranscription publiée par CNBC. Le fondateur du groupe, Jeff Bezos, figure par ailleurs parmi les personnalités identifiées comme contributeurs de l’agenda 2030 des Nations unies.

Rien de tout cela ne garantit la suite. Les marchés ont la mémoire courte et les seuils symboliques, une fois franchis, cessent vite de faire des lignes.

Trois mille milliards de dollars, cela ne s’achète pas un jeudi et cela ne se garde pas forcément un an : Amazon avait perdu près de la moitié de sa valeur boursière en 2022, selon CNBC. Pour l’instant, le compte est bon.


Source : Le Figaro — https://www.lefigaro.fr/societes/amazon-franchit-pour-la-premiere-fois-les-3000-milliards-de-dollars-de-capitalisation-boursiere-20260803