Agression au Groupama Stadium : un des auteurs présumés contre-attaque

Trois semaines après l’agression présumée d’un couple aux abords du Groupama Stadium, l’un des deux hommes mis en cause livre sa version des faits au Progrès. Il dément toute dimension raciste, évoque une simple bagarre entre fêtards, et son avocat étudie une contre-plainte pour dénonciation d’infraction imaginaire.

Le samedi 29 août, au sortir de la rencontre entre l’Olympique lyonnais et Le Havre, un groupe de jeunes hommes fréquentant les abords du Groupama Stadium, à Décines-Charpieu, dans la métropole de Lyon, se retrouve mêlé à une altercation avec un couple. L’enceinte de 59 000 places, domicile de l’OL depuis 2016, est ce soir-là traversée par les flux de supporters qui gagnent les bars alentour. Meriem Bouchedda, élue d’opposition à Rillieux-la-Pape, et son conjoint affirment avoir été agressés, et l’élue qualifie les faits de racistes. Deux hommes ont depuis été renvoyés devant le tribunal correctionnel, où l’affaire doit être jugée en février 2027. Trois semaines après les faits, l’un des deux mis en cause a choisi de rompre le silence dans les colonnes du Progrès, sous couvert d’anonymat, dans ce que le quotidien présente comme un possible coup de théâtre du dossier.

« Une simple bagarre », selon l’un des mis en cause

Présenté sous le prénom d’emprunt Amir par Le Progrès, l’homme, âgé de 33 ans et d’origine algérienne, raconte avoir rejoint un groupe d’amis au bar Le Fût et à Mesure après la rencontre, sans avoir lui-même assisté au match. Il affirme avoir été décrit dans la presse comme «un hooligan, un nazi», une qualification qu’il conteste fermement, précisant qu’il portait ce soir-là une tenue de soirée, en vue de prolonger la nuit en boîte avec ses amis. Selon son récit, le groupe a quitté l’établissement peu après minuit, dans la bonne humeur, en plaisantant entre proches sur ses propres origines. Amir reconnaît un casier judiciaire, qu’il attribue à des faits de jeunesse sans lien avec la violence. Pour lui, l’épisode relève d’une simple bagarre, non d’une agression préméditée à caractère raciste envers le couple.

Une contre-plainte à l’étude pour dénonciation d’infraction imaginaire

Reçu dans le cabinet de son avocat, Maître Fabien Rajon, le mis en cause conteste point par point le récit porté par la partie civile. Selon son conseil, une contre-plainte est envisagée, notamment pour dénonciation d’infraction imaginaire, une qualification pénale réservée aux signalements jugés mensongers auprès des autorités. Aucune procédure en ce sens n’a toutefois été formellement engagée à ce stade. Cette annonce s’inscrit dans une stratégie de défense qui vise à retourner l’accusation initiale, sans qu’aucun élément indépendant ne vienne, pour l’heure, confirmer l’une ou l’autre version.

Deux récits face à face, une procédure encore ouverte

D’un côté, une élue locale qui dénonce une agression à caractère raciste visant son couple aux abords d’une enceinte sportive de la métropole de Lyon. De l’autre, des mis en cause qui parlent d’un différend mal interprété et envisagent une riposte judiciaire. Selon les déclarations de l’une et l’autre partie, recueillies séparément par Le Progrès, les versions divergent sur presque tous les points, hormis le lieu, la date et l’heure approximative des faits. Le renvoi devant le tribunal correctionnel, fixé à février 2027, devra permettre d’y voir plus clair, dans le respect de la présomption d’innocence qui s’applique aux deux hommes mis en cause tant qu’aucun jugement n’a été rendu.

Entre la version de l’agression dénoncée par Meriem Bouchedda et celle de la manipulation défendue par les mis en cause, le dossier s’annonce disputé bien avant l’audience. La justice, elle, prendra son temps : rendez-vous est déjà pris pour février 2027 devant le tribunal correctionnel de Lyon.


Source : Le Progrès — https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2026/09/18/agression-d-un-couple-au-groupama-stadium-c-est-une-manipulation-denoncent-les-mis-en-cause