Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’attend à une « nouvelle ère des relations internationales » après la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat américaines. Il l’a déclaré mercredi 4 novembre, après avoir voté aux élections municipales sud-africaines. La relation entre Pretoria et Washington est au plus bas depuis le retour de Donald Trump, au point que l’Afrique du Sud vient d’être exclue de l’accord commercial AGOA.
C’est à la sortie de son bureau de vote, pour les municipales sud-africaines, que Cyril Ramaphosa a commenté le scrutin américain de la veille. Selon l’AFP, le président estime que le changement de majorité à la Chambre des représentants et au Sénat va faire évoluer les choses. Il dit espérer un rapprochement avec les États-Unis sur les plans géopolitique, commercial et des investissements.
Le calcul est simple. Un Congrès démocrate peut freiner certaines décisions de la Maison Blanche, notamment en matière commerciale et budgétaire. Pour Pretoria, c’est une fenêtre.
L’AGOA, dernière rupture
Le timing donne du poids à la déclaration. Cette semaine, la Maison Blanche a annoncé l’exclusion de l’Afrique du Sud de l’African Growth and Opportunity Act à compter du 1er janvier. Cet accord, qui ouvre le marché américain sans droits de douane à de nombreux produits africains, avait été renouvelé en septembre par le Congrès. L’Afrique du Sud en était le premier bénéficiaire. L’AGOA ne la protégeait pas des nouvelles surtaxes décidées par Donald Trump, mais l’exemptait d’autres droits de douane, rappelle l’AFP.
C’est précisément le Congrès qui avait voté ce renouvellement. Une majorité démocrate pourrait chercher à peser sur son application.
Le « génocide » qui n’en est pas un
Depuis janvier 2025, Pretoria est une cible régulière de l’administration Trump. Washington accuse l’Afrique du Sud d’un prétendu génocide contre les descendants de colons blancs, une accusation sans fondement selon les autorités sud-africaines. Les États-Unis ont créé un programme de relocalisation destiné aux Afrikaners et imposé des restrictions de visas à des responsables sud-africains.
En mars 2025, Washington a expulsé l’ambassadeur sud-africain Ebrahim Rasool. Deux mois plus tard, le 21 mai, Cyril Ramaphosa s’est rendu à la Maison Blanche pour tenter de recoller les morceaux. La rencontre a tourné court : devant les caméras du Bureau ovale, Donald Trump a interrompu l’échange pour diffuser un montage vidéo censé illustrer ses accusations contre le gouvernement sud-africain.
Une marge de manœuvre limitée
L’espoir de Pretoria a ses limites. La politique étrangère reste largement entre les mains du président américain, et Donald Trump a rappelé qu’il pourrait opposer son veto aux textes d’un Congrès démocrate. Mais sur le commerce, les sanctions et le budget, la nouvelle majorité dispose de leviers réels.
Cyril Ramaphosa parie sur le Capitole pour contourner la Maison Blanche. Il lui faudra encore deux ans de patience avant de savoir si la nouvelle ère annoncée dépassera les murs du Congrès.
Source : Noovo Info (AFP)