Une nouvelle flambée de violences visant des immigrés secoue l’Afrique du Sud. Le gouvernement du Mozambique a annoncé le 2 juin 2026 la mort de cinq de ses ressortissants dans des attaques xénophobes survenues à Mossel Bay, alors que les tensions contre les migrants s’intensifient à quelques mois des élections locales sud-africaines.
Le gouvernement du Mozambique a indiqué le 2 juin 2026 que cinq Mozambicains ont été tués lors de violences xénophobes en Afrique du Sud au cours du week-end précédent. Selon un communiqué officiel diffusé par Maputo, ces décès sont intervenus dans la ville portuaire de Mossel Bay, située dans la province du Cap-Occidental, à environ 400 kilomètres à l’est du Cap.
Les autorités mozambicaines précisent que sept ressortissants mozambicains sont morts au total. Parmi eux, cinq auraient succombé directement aux agressions xénophobes, tandis que deux autres sont décédés dans un accident de la route alors qu’ils tentaient de rejoindre le Mozambique en voiture pour fuir les violences.
Près de 800 Mozambicains pris pour cible
Selon le même communiqué, environ 800 citoyens mozambicains ont été affectés par les violences qui ont éclaté le 30 mai 2026.
Face à l’escalade des tensions, 300 Mozambicains ont quitté l’Afrique du Sud par leurs propres moyens dès le 31 mai, tandis que plus de 500 autres ont été placés dans des lieux sécurisés dans la province du Cap-Occidental. Les autorités mozambicaines ont confirmé que des opérations de rapatriement avaient déjà commencé.
Des meurtres, des habitations incendiées et des familles déplacées
Le maire de Mossel Bay, Dirk Kotze, a dénoncé publiquement la situation. Selon les déclarations rapportées le 2 juin 2026, il a exprimé sa « vive inquiétude » face à des violences ayant conduit à « des meurtres, des maisons incendiées et des familles déplacées ».
Les autorités locales évoquent plusieurs incidents visant des communautés immigrées dans des quartiers précaires de la ville.
Le 1er juin 2026, la police sud-africaine avait déjà annoncé l’ouverture d’une enquête concernant la mort de deux hommes dans un bidonville de Mossel Bay. À ce stade, les forces de l’ordre n’avaient toutefois pas officiellement établi de lien direct entre ces décès et les violences xénophobes ni confirmé la nationalité des victimes.
Une montée des tensions à l’approche des élections locales
Les violences observées à Mossel Bay s’inscrivent dans une série de manifestations antimigrants apparues ces dernières semaines dans plusieurs régions du pays.
Des rassemblements similaires ont été signalés à Johannesburg, Durban et dans la province du Cap-Oriental, alors que l’Afrique du Sud se prépare aux élections locales prévues en novembre 2026.
Les questions migratoires occupent une place croissante dans le débat politique sud-africain, sur fond de difficultés économiques persistantes et de chômage élevé.
Trois millions d’immigrés vivent légalement en Afrique du Sud
Selon les statistiques officielles citées dans les différents rapports, l’Afrique du Sud accueille environ 3 millions d’immigrés en situation régulière, soit 5,1 % de la population nationale.
Près des deux tiers de ces migrants proviennent de pays d’Afrique australe confrontés à des difficultés économiques ou politiques, notamment le Zimbabwe, le Malawi ou encore la République démocratique du Congo.
La situation a également conduit d’autres pays africains à organiser des opérations de retour. La semaine précédant les événements de Mossel Bay, le Ghana avait ainsi affrété un vol spécial pour rapatrier environ 300 de ses ressortissantsqui souhaitaient quitter l’Afrique du Sud face à la montée des tensions.
Un phénomène récurrent en Afrique du Sud
L’ampleur des tensions commence à avoir des répercussions diplomatiques. Fin mai 2026, le Ghana a affrété un vol spécial afin de rapatrier environ 300 de ses ressortissants présents en Afrique du Sud, après plusieurs signalements d’actes hostiles visant des communautés immigrées. Cette décision témoigne des inquiétudes croissantes de plusieurs pays africains concernant la sécurité de leurs citoyens dans le pays le plus industrialisé du continent.
L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent africain, est depuis plusieurs décennies une destination importante pour les travailleurs migrants. Toutefois, les épisodes de violences xénophobes se répètent régulièrement depuis les années 2000.
Les organisations de défense des droits humains alertent sur le fait que les difficultés économiques, le chômage massif et la précarité sociale alimentent régulièrement des mouvements hostiles aux populations étrangères, souvent accusées par certains groupes de concurrencer les travailleurs locaux.
Sources :
Le Figaro
TV5MONDE
Africanews
France 24
