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Photo : JLPC / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Affaire Lyhanna : Darmanin et Nuñez défendent leur position devant le Sénat

L’affaire Lyhanna a conduit le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez devant la commission des lois du Sénat, le 9 juin 2026. Les deux ministres ont défendu leur action tout en reconnaissant une defaillance grave dans le traitement des plaintes pour viol visant le suspect. Une inspection conjointe doit rendre ses conclusions sous quinze jours.

Quatre jours après la découverte du corps de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers, le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ont été entendus par la commission des lois du Sénat. Selon Public Sénat, l’audition portait sur une question devenue centrale dans le débat public : comment une plainte pour viol sur mineure, accompagnée d’éléments médicaux jugés accablants, a-t-elle pu rester sans suite pendant plusieurs mois avant le drame.

La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda (Les Républicains, Morbihan), a donné le ton en refusant de commenter l’enquête judiciaire en cours. Pour la sénatrice, l’enjeu dépasse les fautes individuelles et interroge le fonctionnement même des institutions chargées de traiter ces signalements.

Darmanin évoque une defaillance grave dans le traitement des plaintes

Devant les sénateurs, Gérald Darmanin a écarté toute idée de démission, estimant que la défaillance ne tenait pas aux instructions données par son ministère. Il a rappelé avoir pris plusieurs circulaires faisant des violences physiques et sexuelles un sujet de traitement prioritaire. Le garde des Sceaux a néanmoins parlé d’une defaillance grave et pointé, selon Public Sénat, les questions que peut poser le fonctionnement même des parquets.

Le ministre a détaillé le parcours du dossier. Une plainte pour viol sur mineure avait été déposée en août 2025 à Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne. Après plusieurs actes d’enquête, dont des examens médico-légaux corroborant les déclarations de l’enfant, le parquet de Toulouse s’était dessaisi au profit de celui d’Auch. Transmis par voie postale fin 2025, le dossier n’a été adressé à la gendarmerie de Lectoure, dans le Gers, que le 9 janvier 2026. Gérald Darmanin a interrogé les délais accumulés entre l’ouverture du courrier, l’attribution au magistrat et la saisine des enquêteurs.

Nuñez défend l’organisation des services et avance des chiffres

Laurent Nuñez a défendu le dispositif mis en place pour le traitement des plaintes portant sur les violences sexuelles faites aux mineurs. Le ministre de l’Intérieur a souligné que ces atteintes étaient traitées de façon prioritaire et a rappelé l’existence de services spécialisés. Selon ses chiffres, les plaintes pour atteintes sexuelles sur mineurs ont été multipliées par deux fois et demi depuis 2017, et représentaient 58 % de l’ensemble des atteintes sexuelles en 2025.

Le ministre a aussi mis en avant la montée en puissance de près de 400 salles Mélanie, dédiées au recueil de la parole des enfants, et la formation de 20 000 policiers et gendarmes à ce type de procédure. Une revue générale de 70 000 dossiers est par ailleurs en cours pour vérifier que les actes d’enquête indispensables ont bien été engagés.

Des sénateurs alertent sur des causes systémiques

Plusieurs sénateurs ont mis en garde contre la recherche de boucs émissaires, estimant que les raisons du drame sont multiples. La sénatrice Dominique Vérien a pointé la faiblesse des consignes, tandis que Marie-Pierre de la Gontrie a alerté sur la charge de travail des magistrats. Le manque de moyens a également été relevé. De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis d’accélérer l’examen au Parlement d’une proposition de loi sur les violences sexistes et sexuelles, et de réunir plusieurs ministres à Matignon pour arbitrer de nouvelles mesures de protection des enfants.

L’affaire Lyhanna place désormais l’institution judiciaire face à ses propres circuits internes, des courriers postaux aux délais d’attribution des dossiers. L’inspection conjointe de la justice, de la gendarmerie et de l’Education nationale, attendue sous quinze jours, dira si ces défaillances relèvent d’un cas isolé ou d’un problème plus large.


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Source : Le Monde – lemonde.fr. Compléments : Public Sénat.

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