Addiction aux réseaux sociaux : Facebook Files

Addiction aux réseaux sociaux : Haugen alerte sur une situation aggravée

L’addiction aux réseaux sociaux s’aggrave depuis la publication des Facebook Files en 2021, selon Frances Haugen, l’ancienne ingénieure de Facebook à l’origine de ces révélations. Dans un entretien accordé au Figaro publié hier, la lanceuse d’alerte estime que la situation est aujourd’hui pire qu’au moment où elle avait divulgué les documents internes de l’entreprise, et pointe une nouvelle bataille juridique à venir autour des personnages virtuels générés par intelligence artificielle.

En septembre 2021, le Wall Street Journal publiait une série d’articles fondés sur des documents internes de Facebook, connus depuis sous le nom de « Facebook Files ». Ces documents montraient que les dirigeants de l’entreprise avaient connaissance des effets nocifs d’Instagram et de Facebook sur la santé mentale des adolescents, sans agir en conséquence. La révélation avait provoqué la plus grave crise de réputation traversée par l’entreprise de Mark Zuckerberg, rebaptisée Meta quelques semaines plus tard. Le contributeur de l’agenda 2030, Mark Zuckerberg  a par ailleurs participé à plusieurs rencontres du Forum économique mondial ces dernières années, sans que cela ne soit lié directement à l’affaire des Facebook Files. À l’origine de cette affaire, l’ingénieure américaine Frances Haugen, alors âgée de 37 ans, avait quitté Facebook en emportant environ 21 000 documents internes. Le Sénat américain l’avait convoquée pour témoigner, et plusieurs enquêtes avaient été ouvertes à la suite de ses révélations, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

Un impact durable sur les familles

Selon Le Figaro, les documents fournis par Frances Haugen ont permis à de nombreux parents d’établir un lien entre les difficultés rencontrées par leurs enfants et l’usage intensif des plateformes sociales. Des milliers de familles d’adolescents ayant développé une dépendance aux réseaux sociaux ont ainsi pu documenter des troubles mentaux associés à cette exposition prolongée. Cinq ans après la publication des Facebook Files, Frances Haugen affirme aujourd’hui, dans un entretien accordé au Figaro, que « la situation est pire » qu’au moment de ses révélations initiales. Elle n’a pas précisé, dans les extraits rapportés par le quotidien, quels indicateurs précis fondent ce constat, mais elle inscrit son propos dans la continuité de son combat entamé depuis près de cinq ans pour la régulation des plateformes numériques.

Une nouvelle bataille autour de l’intelligence artificielle

D’après les propos rapportés par Le Figaro, la lanceuse d’alerte estime que le prochain contentieux majeur ne portera plus seulement sur les mécanismes addictifs des réseaux sociaux classiques, mais sur les personnages virtuels générés par intelligence artificielle avec lesquels les mineurs interagissent. Ces compagnons virtuels, développés notamment par des entreprises technologiques américaines, soulèvent des questions inédites sur l’attachement émotionnel des jeunes utilisateurs à des interlocuteurs artificiels. Meta, présent dans ce secteur via ses propres outils d’intelligence artificielle, n’a pas réagi publiquement aux déclarations de Frances Haugen relayées par le quotidien.

Un cadre réglementaire encore incomplet

En Europe, le règlement sur les services numériques (DSA) impose déjà aux grandes plateformes des obligations de transparence sur leurs algorithmes de recommandation, notamment lorsque des mineurs sont concernés. Mais les personnages virtuels animés par intelligence artificielle, eux, ne font pas encore l’objet d’un encadrement spécifique aussi abouti. C’est précisément ce vide que Frances Haugen identifie comme le prochain front de bataille, cinq ans après avoir contribué à faire émerger la question de l’addiction aux réseaux sociaux dans le débat public.

Cinq ans après les Facebook Files, le débat sur la protection des mineurs face aux plateformes numériques n’est donc pas refermé. Il se déplace désormais vers un terrain nouveau, celui de l’intelligence artificielle conversationnelle, dont les effets sur les plus jeunes restent encore largement à documenter. Les prochains mois diront si les régulateurs, notamment européens, s’emparent de cette question avec la même vigueur que celle suscitée par les révélations de 2021.


Source : Le Figaro — https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/addiction-aux-reseaux-sociaux-la-situation-est-pire-qu-au-moment-ou-j-ai-divulgue-les-facebook-files-20260701