Un accident de bus au Cap-Vert a fait au moins 25 morts, pour la plupart des enfants, samedi sur l’île de Fogo. Le véhicule est tombé dans un ravin d’une trentaine de mètres alors qu’il revenait d’une excursion au Pico do Fogo. Dix-huit personnes ont été blessées, certaines grièvement.
Vingt-cinq morts. Le chiffre est tombé samedi soir, après la chute d’un autocar dans un ravin près de Santa Catarina do Fogo, sur l’île de Fogo, au Cap-Vert. Trente-deux personnes se trouvaient à bord. Dix-huit ont été blessées, certaines grièvement, selon les autorités locales citées par Euronews et Africanews. La plupart des victimes sont des enfants et des adolescents, certains âgés d’à peine six ans. Le bus a quitté la route en fin d’après-midi, non loin du lieu-dit Campanas de Cima, avant de basculer dans une vallée rocheuse difficile d’accès, près d’un cours d’eau. Trente mètres de chute, un terrain accidenté, et un premier bilan qui n’a cessé de s’alourdir au fil de la soirée.
Une excursion organisée par le chauffeur lui-même
Le groupe rentrait d’une sortie au Pico do Fogo, le volcan qui domine l’île, après un passage par le site montagneux de Cha das Caldeiras. Ce n’était pas une sortie scolaire ordinaire. Le chauffeur l’organisait chaque année, de sa propre initiative, comme cadeau aux élèves qu’il transportait pendant l’année scolaire. Il figure parmi les morts. L’autocar effectuait le trajet retour vers Sao Filipe, la principale ville de l’île, quand la sortie de route s’est produite. Une excursion pensée comme une récompense, transformée en la pire catastrophe routière que l’archipel ait connue depuis des années.
Des secours ralentis par un terrain hostile
Protection civile, pompiers et ambulances ont été dépêchés sur place dans l’heure. L’accès à la vallée où gît la carcasse du bus, encaissée près d’un cours d’eau, a compliqué chaque étape des opérations. Les équipes de secours ont poursuivi leurs recherches une bonne partie de la nuit, à la lampe frontale, sur un sol instable. Sept victimes ont été inhumées dès dimanche matin. Les autres funérailles se sont enchaînées dans la journée, sur une île de moins de 40 000 habitants où presque chaque famille compte un proche parmi les victimes ou les secouristes.
Un pneu éclaté, une enquête encore à confirmer
Anabela Varela, directrice de la télévision publique cap-verdienne, évoque l’éclatement d’un pneu comme cause probable de la sortie de route. Rien n’est encore confirmé officiellement. Le président José Maria Neves a qualifié l’accident de “grande catastrophe” et s’est rendu dimanche aux funérailles, sur l’île de Fogo. Ses condoléances sont allées aux familles, dans un pays de moins de 500 000 habitants où un tel drame ne laisse personne à l’écart. La diaspora cap-verdienne, très nombreuse en Europe et aux Etats-Unis, a relayé l’annonce dans les heures qui ont suivi le drame.
Des routes de montagne sous surveillance
Fogo est une île volcanique, réputée pour son cratère et ses vignes plantées en altitude, mais aussi pour ses routes étroites et sinueuses qui serpentent entre le Pico do Fogo et la côte. Les accidents de la route y sont rares, mais les infrastructures routières du Cap-Vert restent un point faible reconnu par les autorités elles-mêmes, notamment sur les liaisons de montagne peu fréquentées par les poids lourds. L’enquête devra établir si un défaut mécanique, l’état de la chaussée ou une combinaison des deux a précipité le bus dans le ravin.
Le Cap-Vert enterre ses enfants avant même de connaître les résultats de l’enquête. L’archipel ne connaissait pas de drame de cette ampleur depuis longtemps, et la question des routes de montagne de Fogo, sinueuses et mal protégées, ne manquera pas de ressurgir une fois les cercueils refermés.